Le choc des trajectoires : Ulberg vs. Reyes, un duel entre ascension et résurgence
Perth a été le théâtre d’un affrontement bien plus qu’un simple combat de poids mi-lourds. Dans l’Octogone, deux récits sportifs se sont percutés : celui de Carlos Ulberg, l’étoile montante inarrêtable du City Kickboxing, et celui de Dominick Reyes, l’ancien challenger au titre en quête de rédemption. Un choc de générations où la précision néozélandaise a eu raison de l’expérience américaine, scellant peut-être un tournant dans la division.
Pour Ulberg, la route vers ce moment a été pavée de doutes initiaux. Son entrée dans l’UFC en 2021 contre Kennedy Nzechukwu s’était soldée par un KO cuisant en moins de trois minutes – une défaite qui aurait pu briser bien des carrières. Pourtant, comme son mentor Israel Adesanya avant lui, le Néo-Zélandais a transformé cet échec en carburant. Huit victoires consécutives plus tard, dont six par KO, il débarquait à Perth avec une réputation de finisseur impitoyable. Son style, mélange d’économie de mouvement et de frappe explosive, rappelle étrangement celui d’Alex Pereira, le champion actuel qu’il rêve désormais d’affronter.
Face à lui, Reyes incarnait l’histoire d’un phénix MMA. Après avoir poussé Jon Jones dans ses retranchements lors de leur combat controversé de l’UFC 247 (où beaucoup estiment qu’il méritait la victoire), le Californien avait enchaîné trois défaites d’affilée entre 2020 et 2021. Les rumeurs de retraite avaient commencé à circuler, avant que The Devastator ne renoue avec le succès lors de ses trois derniers combats. Ce soir-là, il avait l’occasion de prouver que son retour en forme n’était pas un hasard – mais aussi de se repositionner dans la course au titre.
"Fly me to Vegas" : quand 4 minutes suffisent à redessiner une division
Le combat aura duré 4 minutes et 27 secondes – le temps exact qu’il a fallu à Carlos Ulberg pour envoyer un message retentissant à toute la division. Dès les premières secondes, le Néo-Zélandais a imposé son tempo, occupant le centre de la cage avec une assurance qui contrastait avec la prudence de Reyes. Ce dernier, en stance sud-pattes, semblait chercher ses repères, ses déplacements manquants de fluidité.
L’échange initial fut presque clinique. Un low kick d’Ulberg à 30 secondes rompit le silence, suivi d’un jab sautillant qui traversa la garde de Reyes. Le public australien, d’abord silencieux, commença à scander son nom. Puis vint le moment décisif : une feinte de Reyes, un pas en avant… et une contre-attaque fulgurante. Un 1-2 d’une précision chirurgicale – la droite d’Ulberg atterrit en plein menton. Reyes s’effondra, inconscient avant même de toucher le sol. Un follow-up percutant scella son sort : KO pur, sans équivoque.
La performance fut d’autant plus impressionnante qu’elle rappelait le style d’Alex Pereira : économie de mouvement, frappe calculée, et une capacité à exploiter les moindres erreurs adverses. Dans les coulisses, on murmure que Ulberg aurait spécifiquement travaillé ce type de contre pendant son camp d’entraînement, anticipant la tendance de Reyes à avancer en ligne droite après ses feintes. Une préparation qui paie, et qui place désormais le Néo-Zélandais au cœur des discussions pour le prochain titre.
Derrière le KO : la science du City Kickboxing et l'héritage d'Adesanya
Ce qui frappe chez Carlos Ulberg, au-delà de ses résultats, c’est la méthode derrière sa progression. Membre du célèbre City Kickboxing d’Auckland – le même gym qui a vu éclore Israel Adesanya –, il bénéficie d’un environnement où la technique prime sur la force brute. Son entraîneur, Eugene Bareman, connu pour son approche analytique, aurait insisté sur deux aspects clés pour ce combat : la gestion de la distance et l’exploitation des schémas de Reyes.
*"On savait que Dominick avait l’habitude de charger après ses feintes, surtout quand il sent qu’il peut imposer son jeu"*, confiait un proche de l’équipe avant le combat. *"Carlos a travaillé des heures durant sur sa réaction à ce mouvement précis. Le KO n’est pas un hasard – c’est le résultat d’une préparation où chaque détail compte."* Cette rigueur rappelle étrangement la philosophie d’Adesanya, qui a bâti son règne sur une compréhension presque scientifique de ses adversaires.
Pourtant, Ulberg n’est pas un simple clone de The Last Stylebender. Là où Adesanya excelle dans le jeu de jambes et les enchaînements fluides, le Néo-Zélandais mise sur une puissance explosive et une capacité à terminer les combats rapidement. Ses huit victoires consécutives ? Six par KO, dont quatre en moins de deux rounds. Des statistiques qui en font l’un des finishers les plus redoutés de la division.
Et maintenant ? Le chemin vers l'UFC 302 et les défis qui attendent Ulberg
Avec cette victoire, Carlos Ulberg n’a pas perdu de temps pour lancer son défi : *"Fly me to Vegas"*, a-t-il déclaré en post-combat, visant clairement le vainqueur de Pereira vs. Ankalaev 2 prévu pour l’UFC 302. Une déclaration qui n’a rien d’anodin. Le Néo-Zélandais sait que dans une division aussi compétitive, chaque seconde compte – et chaque mot prononcé dans l’Octogone peut accélérer (ou ralentir) une carrière.
Pourtant, le chemin vers le titre ne sera pas simple. Si Alex Pereira conserve sa ceinture face à Magomed Ankalaev, Ulberg devra probablement passer par un autre prétendant avant d’obtenir sa chance. Des noms comme Jiri Prochazka (en convalescence) ou Jamahal Hill (ancien champion) pourraient se dresser sur sa route. Sans compter les retours possibles de légendes comme Jon Jones, toujours susceptible de revenir dans la division.
Du côté de Dominick Reyes, la défaite relance les questions sur son avenir. À 34 ans, avec un palmarès de 13 victoires pour 6 défaites, The Devastator se trouve à un carrefour. Une nouvelle série de victoires lui permettrait de rester dans le game, mais une autre défaite pourrait sonner le glas de ses ambitions pour le titre. *"Je ne sais pas encore ce que je vais faire"*, avouait-il en conférence de presse, visiblement sonné par la rapidité de sa défaite.
Perth 2024 : le soir où Ulberg est passé du statut de prétendant à celui de menace
Il y a des soirs qui marquent une carrière. Pour Carlos Ulberg, l’UFC Perth en fera partie. Non seulement parce qu’il a battu un ancien challenger au titre, mais parce qu’il l’a fait avec une autorité qui force le respect. Son KO contre Reyes n’était pas qu’une victoire – c’était une déclaration.
Dans les coulisses, on raconte que Dana White, le président de l’UFC, aurait été particulièrement impressionné par sa performance. *"C’est exactement le genre de combattant dont on a besoin pour dynamiser la division"*, aurait-il confié à son équipe. Un compliment rare, qui pourrait accélérer la montée du Néo-Zélandais vers les sommets.
Reste à savoir si Ulberg pourra maintenir cette dynamique. La division des poids mi-lourds est l’une des plus imprévisibles de l’UFC, où un seul combat peut tout changer. Mais une chose est sûre : après Perth, plus personne ne doute que Carlos Ulberg est là pour rester. Et qu’il compte bien y laisser son empreinte.

