Le duel Ulberg vs. Reyes : un choc des styles enfin acté
La balance a parlé : Carlos Ulberg (205 lbs) et Dominick Reyes (206 lbs) ont validé leur affrontement en poids mi-lourds, avec une marge infime qui n’a pas échappé aux observateurs. Ce combat principal de l’UFC Perth, attendu pour son potentiel explosif, opposera deux athlètes aux trajectoires distinctes mais tout aussi ambitieuses.
D’un côté, Ulberg, le Néerlandais d’origine samoane, enchaîne les performances depuis son arrivée dans l’octogone (4 victoires en 5 combats). Son style agressif, marqué par un KO contre Ihor Potieria en 2023, en fait un outsider redoutable. De l’autre, Reyes, ancien challenger pour le titre face à Jon Jones, cherche à se relancer après une série de défaites contre les tops 5. Son expérience aux plus hauts niveaux (victoire contre Chris Weidman, duel serré contre Jan Błachowicz) pourrait faire la différence.
Les enjeux ? Une place dans le top 10 des mi-lourds pour le vainqueur, et pour Reyes, peut-être une dernière chance de prouver qu’il appartient encore à l’élite. "Ce combat est crucial pour ma carrière. Ulberg est dangereux, mais j’ai déjà affronté les meilleurs"*, déclarait-il en conférence de presse.
À noter : la limite de 206 lbs pour un combat non-titré en mi-lourds est souvent source de débats. Reyes, habitué à peser juste (il était à 205 lbs face à Jiří Procházka en 2022), a cette fois frôlé la limite. Un détail qui pourrait influencer sa stratégie si le combat va en profondeur.
Forfaits en série : Tafa, le grand absent, et Sutherland, le combattant fantôme
L’UFC Perth aura finalement cinq combats sur sa main card au lieu des six prévus. La faute à Justin Tafa, contraint de déclarer forfait pour la deuxième fois en deux ans. Le Samoan, touchée par une maladie virale, n’a même pas tenté de monter sur la balance, laissant son adversaire, Louie Sutherland, dans une situation ubuesque.
Sutherland, pesé à 259 lbs (poids lourds), se retrouve sans combat malgré une préparation méticuleuse. Une frustration d’autant plus grande qu’il sortait d’une défaite face à Shamil Gaziev en 2023 et comptait sur ce duel pour se relancer. "C’est décevant, mais je serai prêt pour la prochaine opportunité"*, a-t-il réagi sur les réseaux sociaux.
Ce retrait rappelle celui de Oban Elliott, annoncé plus tôt dans la semaine pour des raisons médicales. Deux forfaits qui réduisent la densité d’un événement déjà marqué par l’absence de stars locales (comme Alexander Volkanovski, blessé).
"147 vs. 146" : quand une livre coûte cher à Ramon Taveras
Les prelims ne sont pas épargnés par les excès de poids. Ramon Taveras, pesé à 147 lbs pour une limite de 146 lbs en poids plumes, devra payer le prix fort. Selon les règles de l’UFC, il perdra 20 à 30% de sa bourse au profit de Jack Jenkins, son adversaire. Une sanction qui s’ajoute à un handicap psychologique non négligeable.
Ce type d’erreur n’est pas rare, mais il reste coûteux. En juillet 2023, Movsar Evloev avait lui aussi écopé d’une amende pour un excès de 1,5 livre à l’UFC 291. Pour Taveras, qui vise une troisième victoire consécutive, ce faux pas pourrait compliquer sa tâche face à Jenkins, un combattant connu pour son cardio explosif.
"Je me sens bien, le poids n’est pas un problème. Je vais dominer ce combat"*, a tenté de rassurer Taveras. Jenkins, lui, pourrait en profiter pour imposer un rythme effréné dès le premier round, comme il l’a fait contre Don Shainis en 2022.
Luana Carolina et la tolérance UFC : quand 1 livre fait toute la différence
Contrairement à Taveras, Luana Carolina a bénéficié de la clémence des règles. Pesée à 136 lbs pour une limite de 135 lbs en poids coq, elle n’a pas été sanctionnée. Pourquoi ? Parce que l’UFC autorise un écart d’1 livre pour les combats non-titrés dans cette catégorie – une nuance souvent méconnue du grand public.
Cette tolérance, introduite pour éviter les annulations en cascade, contraste avec la rigueur appliquée aux autres divisions. Elle rappelle que les règles de pesée, bien que strictes, laissent parfois une marge de manœuvre. Carolina, qui affronte Natália Silva, pourra ainsi se concentrer sur son combat sans pression supplémentaire.
Un détail qui n’est pas anodin : en 2022, Miesha Tate avait profité de cette même règle pour son retour face à Lauren Murphy, prouvant que chaque livre compte… ou pas, selon la catégorie.
Derrière les balances : le stress invisible des pesées
Les pesées sont souvent perçues comme une formalité, mais elles représentent un moment de vérité pour les combattants. Entre coupes de poids extrêmes, déshydratation et pression psychologique, certains athlètes vivent cet instant comme un cauchemar.
Prenez l’exemple de Justin Tafa : son forfait pour maladie intervient après un premier retrait en 2022 face à Harry Hunsucker, également pour des problèmes de santé. Ces répétitions soulèvent des questions sur la gestion du poids et ses risques à long terme. "Certains combattants poussent leur corps à l’extrême pour faire le poids, puis se retrouvent affaiblis le jour J"*, explique un entraîneur anonyme.
À l’inverse, des athlètes comme Dominick Reyes ou Luana Carolina semblent maîtriser cet exercice. Leur secret ? Une préparation nutritionnelle sur plusieurs semaines, avec des équipes dédiées. "On ne improvise pas une pesée. C’est un travail d’équipe, presque scientifique"*, confie un nutritionniste travaillant avec des combattants UFC.
Ces coulisses rappellent que derrière les chiffres affichés sur la balance, se cachent des heures de souffrance, de discipline… et parfois, des sacrifices inutiles.
Un carton remanié : quelles conséquences pour l’UFC Perth ?
Avec deux combats annulés et un combattant sanctionné, l’UFC Perth perd en attractivité. Pourtant, l’événement conserve des duels prometteurs :
- Ulberg vs. Reyes : un choc pour le top 10 des mi-lourds.
- Jack Della Maddalena vs. Gilbert Burns : un duel de grapplers en poids mi-moyens.
- Tai Tuivasa vs. Marcin Tybura : un combat de poids lourds toujours spectaculaire.
Mais l’absence de Tafa, star locale, et les problèmes de pesée pourraient affecter les ventes de PPV. En 2022, l’UFC 271 en Australie avait enregistré un record d’audience grâce à Volkanovski et Adesanya. Cette fois, sans tête d’affiche locale, l’événement mise tout sur la qualité des combats restants.
Reste une question : ces perturbations répétées (forfaits, excès de poids) sont-elles le signe d’un problème structurel dans l’UFC ? Certains observateurs pointent du doigt le rythme effréné des événements (un par semaine en moyenne), qui laisse peu de temps aux combattants pour récupérer entre deux combats.
L’UFC Perth s’annonce comme un événement à deux vitesses. D’un côté, le duel Ulberg vs. Reyes promet du spectacle pur, avec des enjeux clairs pour les deux hommes. De l’autre, les forfaits et excès de poids rappellent les aléas d’un sport où la balance peut faire basculer des mois de préparation.
Pour les fans, la déception est réelle, surtout avec l’absence de Justin Tafa, mais l’UFC a l’habitude de transformer ces contretemps en opportunités. Les combats restants, notamment celui entre Della Maddalena et Burns, pourraient bien voler la vedette. Une chose est sûre : à Perth, les pesées auront été presque aussi intenses que les combats.
Prochaine étape ? Voir si Ramon Taveras parviendra à surmonter son handicap, et si Dominick Reyes confirmera qu’il a encore son mot à dire chez les mi-lourds. Réponses samedi soir.

