Perth, terre d’accueil (turbulente) de l’UFC
Pour la première fois depuis 2020, l’Ultimate Fighting Championship revient à Perth, en Australie, avec une ambition claire : s’y installer durablement à raison d’un événement bisannuel. Mais cette édition 2024 démarre sous le signe de l’imprévu. Initialement prévu avec 15 combats, le card a été amputé de trois affrontements en raison de forfaits et de problèmes de poids – une série noire qui rappelle les aléas logistiques des événements post-pandémie.
Parmi les absents de marque, Justin Tafa, figure locale adorée des fans, contraint de déclarer forfait pour cause de maladie en pleine semaine de combat. Une déception d’autant plus grande que son frère, Junior Tafa, avait lui aussi dû renoncer à son combat une semaine plus tôt pour blessure. Oban Elliott, opposé à Jonathan Micallef en *bantamweight*, a également jeté l’éponge, réduisant encore la carte. Malgré ces contretemps, l’UFC maintient un rythme soutenu, avec 12 combats au programme, dont un main event qui promet de faire vibrer la Perth Arena.
Du côté des pesées officielles, le suspense était à son comble. Si la plupart des athlètes ont respecté les limites de leur catégorie, Ramon Tavares a frôlé la catastrophe en featherweight, affichant 66,8 kg pour une limite autorisée à 66,3 kg. Une entorse aux règles qui lui coûtera 20% de sa bourse (versée à son adversaire, Jack Jenkins), mais qui permet de maintenir le combat. Une décision controversée, rappelant le précédent de Darren Till en 2018, où l’UFC avait également toléré un écart de poids sous conditions financières. Une pratique qui divise les puristes, mais qui évite l’annulation pure et simple – au grand soulagement des organisateurs et des fans.
Ulberg vs Reyes : Quand la précision affronte la puissance
Le main event de la soirée oppose deux hommes aux parcours et aux styles radicalement différents, mais unis par une même ambition : s’imposer comme le prochain prétendant au titre des light heavyweight. D’un côté, Carlos Ulberg, le prodige néozélandais issu du célèbre City Kickboxing (le même camp qu’Israel Adesanya), affiche un palmarès impressionnant : 8 victoires consécutives, dont 7 par KO ou TKO. Ses récents succès contre des vétérans comme Jan Blachowicz et Volkan Oezdemir ont révélé une maturité technique rare pour un combattant encore en ascension. Avec une précision chirurgicale (52% de frappes significatives réussies) et une défense solide (62% d’esquive), Ulberg incarne la nouvelle génération des *light heavyweight*.
En face, Dominick Reyes, surnommé *"The Devastator"*, représente l’expérience et la puissance brute. L’Américain, ancien prétendant au titre, a traversé une période noire entre 2020 et 2022 avec quatre défaites consécutives. Mais depuis, il a enchaîné trois victoires par KO en moins de deux ans, dont un écrasement de Nikita Krylov en seulement 1 minute et 21 secondes. Avec un reach supérieur (198 cm contre 193 cm pour Ulberg), Reyes pourrait chercher à dominer à distance, tandis qu’Ulberg, plus compact, tentera probablement de le piéger en contre.
Les statistiques révèlent un duel équilibré, mais avec des failles exploitable. Reyes, malgré son expérience, affiche un taux d’esquive moins élevé (54%) que son adversaire, ce qui pourrait jouer en faveur d’Ulberg, connu pour sa capacité à placer des coups décisifs en contre. À l’inverse, Reyes a prouvé qu’il pouvait terminer un combat en un éclair – comme contre Krylov. Qui l’emportera ? La réponse pourrait bien dépendre de la capacité de Reyes à gérer la pression d’Ulberg dans les premiers rounds, ou de celle d’Ulberg à résister à la puissance explosive de son adversaire.
Derrière les gants : Les coulisses d’un retour sous tension pour Reyes
Si Carlos Ulberg arrive à Perth avec le vent en poupe, Dominick Reyes porte sur ses épaules le poids d’un passé récent douloureux. Entre 2020 et 2022, l’Américain a enchaîné quatre défaites, dont trois par KO ou TKO – une série qui a ébranlé sa réputation de prétendant au titre. Pourtant, Reyes n’a jamais perdu confiance. Dans une interview accordée à ESPN avant le combat, il a confié : *"Ces défaites m’ont appris plus que toutes mes victoires. J’ai dû me reconstruire, mentalement et physiquement. Aujourd’hui, je me sens plus fort que jamais."*
Son retour en forme a commencé en 2022, avec une victoire par KO contre Ryan Spann, suivie de deux autres succès tout aussi convaincants. Mais c’est son combat contre Nikita Krylov, en février 2024, qui a marqué les esprits : une performance clinique, où Reyes a démontré qu’il avait retrouvé sa vitesse et sa précision. *"Ce combat contre Ulberg, c’est ma chance de prouver que je suis toujours là, que je mérite une place parmi les meilleurs"*, a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.
Du côté d’Ulberg, l’enjeu est tout aussi crucial. Une victoire contre un ancien prétendant au titre comme Reyes le propulserait directement dans le top 5 des *light heavyweight*, avec des affrontements en ligne de mire contre des noms comme Alex Pereira ou Jamahal Hill. *"Je respecte Reyes, mais je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je viens chercher la victoire, et je la veux par KO"*, a-t-il lancé, soucieux de marquer les esprits.
Les autres combats à suivre de près
Si le main event capte logiquement toute l’attention, le reste du card réserve son lot de surprises. En featherweight, le combat entre Ramon Tavares et Jack Jenkins s’annonce particulièrement explosif, surtout après le dépassement de poids de Tavares. Ce dernier, connu pour son agressivité, devra composer avec une pénalité financière, mais aussi avec la colère de son adversaire, déterminé à en découdre. *"Il a triché, maintenant il va payer"*, a prévenu Jenkins sur les réseaux sociaux.
En bantamweight, l’affrontement entre Jonathan Micallef et Louie Sutherland pourrait également réserver des rebondissements. Micallef, initialement opposé à Oban Elliott, se retrouve face à un adversaire de dernière minute, mais n’entend pas laisser passer sa chance. *"Je me suis préparé pour un combat, peu importe l’adversaire. Je serai prêt"*, a-t-il assuré.
Enfin, les fans australiens auront les yeux rivés sur les performances locales, avec plusieurs combattants du cru déterminés à briller devant leur public. Après les forfaits de Justin et Junior Tafa, la pression sera d’autant plus grande sur les épaules des athlètes restants pour offrir un spectacle à la hauteur des attentes.
Comment suivre l’événement en direct ?
L’intégralité de l’UFC Perth sera diffusée en live streaming sur ESPN+, avec un début des hostilités prévu à 20h00 (heure locale). Pour les fans français, le card principal démarrera vers 12h00 (heure de Paris), avec le main event attendu aux alentours de 14h30. Une horaire peu commune, mais qui promet une ambiance électrique, surtout si les combats se terminent précocement – comme cela est souvent le cas avec Ulberg et Reyes.
Pour ceux qui ne peuvent pas suivre l’événement en direct, des replays et des résumés seront disponibles sur UFC Fight Pass ainsi que sur les chaînes YouTube officielles de l’UFC. Les réseaux sociaux, notamment Twitter (X) et Instagram, seront également en ébullition avec des mises à jour en temps réel, des réactions des combattants et des analyses post-combat.
Avec un main event aussi chargé en enjeux et en styles contrastés, l’UFC Perth s’annonce comme un tournant pour la catégorie des *light heavyweight*. Carlos Ulberg, en pleine ascension, et Dominick Reyes, en quête de rédemption, ont tout pour offrir un combat spectaculaire, entre précision tactique et puissance explosive. Les forfaits et les problèmes de poids n’auront finalement pas eu raison de l’événement, qui reste riche en promesses – surtout pour les amateurs de knockout et de rebondissements.
Une chose est sûre : le vainqueur de ce choc ne restera pas longtemps sans adversaire de haut niveau. Dans une division où Alex Pereira et Jamahal Hill règnent en maîtres, une performance convaincante à Perth pourrait bien ouvrir les portes d’un combat pour le titre. Rendez-vous samedi pour le verdict.

