L’audacieuse prédiction d’Adesanya : "Della Maddalena a les clés pour battre Makhachev"
Israel Adesanya, figure emblématique de l’UFC et ancien roi des poids moyens, a une nouvelle fois prouvé qu’il ne se contentait pas d’analyser les combats – il les décrypte avec une précision chirurgicale. À quelques jours de l’UFC 322, où Islam Makhachev défendra son titre des poids légers face à Jack Della Maddalena, "The Last Stylebender" a osé une prédiction qui a fait vibrer la communauté MMA : "JDM a ce qu’il faut pour l’emporter."
Pour beaucoup, cette affirmation relève de la provocation. Makhachev, invaincu depuis 2019 et considéré comme l’un des meilleurs grapplers de l’histoire de l’UFC, part logiquement favori. Pourtant, Adesanya voit dans le style de Della Maddalena – un mélange explosif de boxe agressive, de mouvement latéral et d’une résistance à toute épreuve – une équation capable de déstabiliser le champion. "Les gens oublient que le MMA, c’est d’abord un sport de matchups", rappelle-t-il. Et ce matchup, selon lui, penche en faveur de l’Australien.
Ce qui frappe dans l’analyse d’Adesanya, c’est sa confiance inébranlable dans la capacité de Della Maddalena à imposer son jeu debout. "Islam est un monstre au sol, mais si tu l’empêches d’y aller, il devient vulnérable", explique-t-il. Une stratégie que "JDM" a déjà appliquée avec succès contre des adversaires réputés pour leur grappling, comme Randy Brown (victoire par KO en 2023) ou Kevin Holland (décision unanime en 2022). Contre Makhachev, cependant, le défi sera d’un autre niveau : le Russe a une habileté rare à contrôler la distance et à punir les erreurs avec ses prises de jambes fulgurantes.
Grappling vs Boxe : le duel des styles qui pourrait tout changer
Le combat de l’UFC 322 oppose deux philosophies martiales radicalement différentes :
- Islam Makhachev : Sambo de haut niveau, grappling étouffant, et une capacité à dominer ses adversaires au sol jusqu’à l’abandon (10 victoires par soumission en 25 combats). Son style repose sur la pression constante et l’usure psychologique.
- Jack Della Maddalena : Boxe explosive, enchaînements de coups précis, et une défense au sol souvent sous-estimée. Son atout majeur ? Une vitesse de frappe qui a déjà mis KO 11 de ses 16 adversaires.
Adesanya insiste sur un détail crucial : "Makhachev n’aime pas quand on le force à frapper." En effet, le Russe, bien que compétent en strike, préfère systématiquement amener le combat au sol. Or, Della Maddalena excelle dans l’art de couper la cage et de harceler ses adversaires avec des combinaisons, les empêchant ainsi de respirer. "Si Jack arrive à le coincer contre la cage et à enchaîner les crochets, Islam va devoir réagir… et c’est là qu’il peut commettre une erreur", prédit Adesanya.
Mais attention : Makhachev n’est pas du genre à se laisser surprendre. Son entraîneur, Javier Mendez (American Kickboxing Academy), a d’ailleurs déclaré en conférence de presse : "Nous avons travaillé spécifiquement la défense contre les frappeurs comme Jack. Islam sera prêt." Une réponse qui montre que le camp du champion a bien identifié la menace.
Derrière la prédiction : l’expérience d’Adesanya face aux grapplers
Pourquoi Adesanya croit-il autant en Della Maddalena ? Peut-être parce qu’il a lui-même défié les pronostics contre des spécialistes du sol. En 2019, face à Kelvin Gastelum (un combattant réputé pour son grappling), il avait imposé son jeu debout pour remporter une victoire en décision partagée. Plus récemment, son combat contre Sean Strickland (UFC 293) a montré qu’un frappeur intelligent pouvait neutraliser un adversaire physiquement dominant.
"Je connais ce sentiment où tout le monde te donne perdant", confie Adesanya. "Jack a cette même détermination. Il ne craint pas Makhachev – il le veut." Une mentalité qui, selon lui, fera la différence le jour J. D’autant que Della Maddalena, avec seulement une défaite en 17 combats (face à Sean Brady en 2021), a prouvé qu’il savait rebondir.
Reste une question : Della Maddalena peut-il tenir 25 minutes contre Makhachev ? Adesanya en est convaincu : "Son cardio est monstrueux. Et puis, il a quelque chose que peu de combattants ont : l’instinct du tueur." Une qualité qui, dans un sport où les combats se jouent souvent à un détail, pourrait s’avérer décisive.
Les sceptiques ont leur mot à dire : "Makhachev est trop complet"
Tous les experts ne partagent pas l’optimisme d’Adesanya. Daniel Cormier, commentateur légendaire et ancien double champion UFC, tempère : "Jack a du talent, mais Islam est un niveau au-dessus. Son grappling est trop précis, trop dominant. À moins que Della Maddalena ne le mette KO dans les deux premiers rounds, je ne vois pas comment il gagne."
Même son de cloche du côté de Khabib Nurmagomedov, mentor de Makhachev : "Islam a déjà affronté des frappeurs bien plus expérimentés que Jack. Regardez son combat contre Charles Oliveira [en 2022] : il a contrôlé un striker de classe mondiale. Pourquoi ça serait différent cette fois ?"
Les statistiques semblent leur donner raison : Makhachev a une précision de takedown de 56% (l’une des meilleures de l’UFC) et une défense au sol quasi imparable (90% de réussite). Face à lui, Della Maddalena, malgré ses qualités, n’a encore jamais affronté un grappler de ce calibre.
Adesanya, lui, reste imperturbable : "Les chiffres, c’est bien. Mais le MMA, c’est un sport d’hommes. Et ce soir-là, ce sera un homme contre un autre. Pas une statistique contre une autre." Une philosophie qui résume bien l’état d’esprit du combattant nigérian – et qui pourrait bien inspirer Della Maddalena.
UFC 322 : un combat qui pourrait redéfinir la division des poids légers
Au-delà de l’enjeu sportif, ce combat a une portée bien plus large. Si Della Maddalena l’emporte, il deviendrait le premier Australien champion des poids légers de l’UFC, une performance historique. Pour Makhachev, une victoire confirmerait son statut de meilleur poids léger de la planète, avec peut-être un super-combat contre Leon Edwards ou Colby Covington à l’horizon.
Quant à Adesanya, sa prédiction audacieuse ajoute une couche de drame narratif à l’événement. S’il a raison, ce sera une nouvelle preuve de son génie tactique. S’il a tort, certains y verront un signe que même les plus grands analystes peuvent se tromper face à un phénomène comme Makhachev.
Une chose est sûre : le 1er juin 2024, quand ces deux hommes monteront dans l’Octogone, ce ne sera pas qu’un combat. Ce sera l’affrontement entre la précision froide du grappling et la furie calculée de la boxe. Et comme le dit si bien Adesanya : "Dans ces moments-là, c’est le cœur qui parle avant la technique."

