Le David australien face au Goliath daghestanais
Quand Jack Della Maddalena montera dans l’octogone du UFC 322 le 15 novembre, ce ne sera pas qu’un combat de plus. Ce sera l’affrontement entre deux philosophies martiales opposées : d’un côté, la précision chirurgicale et la puissance dévastatrice du frappeur australien ; de l’autre, l’étouffante domination au sol d’Islam Makhachev, héritier direct de la légende Khabib Nurmagomedov. Avec un palmarès de 10 victoires par KO en 15 combats, dont 5 en moins de 2 minutes, Della Maddalena incarne l’espoir des amateurs de striking pur face à l’armada du grappling daghestanais.
Pourtant, les bookmakers ne lui donnent que 20% de chances de victoire. Une sous-estimation qui semble motiver l’Australien plus que jamais : *"Ils pensent que je n’ai aucune chance ? Parfait. J’adore prouver aux gens qu’ils ont tort. Makhachev n’a jamais rencontré un frappeur avec ma vitesse et ma puissance. Ça va être un choc pour lui… et pour le monde du MMA."* Une confiance qui tranche avec le mutisme habituel du Russe, plus occupé à peaufiner son jeu qu’à alimenter les polémiques.
"J’ai la clé pour le battre" : la préparation secrète avec Craig Jones
Conscient que 90% des combats de Makhachev se terminent au sol, Della Maddalena a passé les 3 derniers mois à travailler spécifiquement sa défense contre les takedowns et les soumissions. Pour cela, il s’est adjoint les services de Craig Jones, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de jiu-jitsu no-gi, connu pour ses victoires contre des grapplers de niveau olympique. *"Craig m’a appris à anticiper les mouvements de Makhachev avant même qu’il ne les fasse"*, révèle l’Australien. *"Son jeu repose sur des schémas répétitifs – une fois que tu les décodes, tu peux les contrer. Et c’est exactement ce que j’ai fait."*
Les séances d’entraînement ont été d’une intensité rare. Della Maddalena a enchaîné les sparrings avec des partenaires imitant le style de Makhachev, en insistant sur :
- Les contres aux single-leg takedowns (la signature de Makhachev)
- Les sorties de clinch pour éviter les projections
- Les frappes en ground-and-pound si le combat va au sol
Le plan de bataille : "Le tenir à distance et le casser"
Contrairement à la plupart des adversaires de Makhachev, qui subissent passivement son grappling, Della Maddalena compte imposer son jeu dès les premières secondes. Son plan ? Utiliser sa longueur de bras (193 cm d’envergure) pour garder Makhachev à distance avec des coups de pied bas et des jabs puissants. *"Islam a l’habitude de dominer ses adversaires physiquement, mais il n’a jamais affronté quelqu’un avec ma portée et ma précision"*, analyse-t-il.
Les statistiques lui donnent raison :
- Della Maddalena landing 6,2 coups significatifs par minute (contre 3,8 pour Makhachev)
- 78% de précision en striking (l’un des meilleurs ratios du UFC)
- Makhachev encaisse en moyenne 1,5 coup par minute – un chiffre qui pourrait exploser face à l’Australien
L’ombre de Khabib et la pression du favoritisme
Islam Makhachev n’est pas seulement un combattant : c’est l’héritier d’une dynastie. Formé par Khabib Nurmagomedov, il porte sur ses épaules le poids d’une région entière, le Daghestan, où le MMA est une religion. Une pression que Della Maddalena compte exploiter : *"Khabib a créé un monstre, mais les monstres ont des faiblesses. Makhachev n’a jamais été vraiment testé en striking. Moi, je vais le tester. Et je vais le briser psychologiquement."*
Pourtant, certains experts restent sceptiques. Daniel Cormier, commentateur historique du UFC, estime que *"Della Maddalena a une chance si – et seulement si – il évite le sol pendant 25 minutes. Mais Makhachev est trop intelligent pour ça. Il va trouver un moyen de l’amener au tapis, et là, ce sera fini."* Une analyse que l’Australien balaye d’un revers de main : *"DC a raison sur un point : si je vais au sol, je suis mort. Mais je n’irai pas au sol. Point final."*
Derrière les gants : l’homme qui défie les géants
Ce que peu de gens savent, c’est que Jack Della Maddalena n’était pas destiné au MMA. Ancien joueur de rugby, il a découvert les arts martiaux mixtes presque par accident, après une blessure au genou. *"J’ai commencé le MMA pour rester en forme pendant ma rééducation"*, confie-t-il. *"Et puis j’ai accroché. J’ai accroché à la stratégie, à l’adrénaline, à l’idée de pouvoir battre un gars plus grand, plus fort que moi juste avec mon intelligence et ma technique."*
Aujourd’hui, il incarne l’archétype du underdog australien : un combattant sans prétention, mais avec un cœur énorme et une détermination sans limites. Son surnom, *"The Italian Stallion"* (en référence à Rocky), lui va comme un gant. *"Je ne suis pas un super-héros*, avoue-t-il. *Je suis juste un gars qui travaille dur et qui croit en ses rêves. Et ce rêve, c’est de battre Makhachev et de prouver que le striking pur peut encore dominer le MMA moderne."*
Son entraîneur, Simon Head, raconte une anecdote révélatrice : *"Un jour, pendant un sparring, Jack s’est fait projeter violemment. Au lieu de se plaindre, il a demandé à recommencer immédiatement. Dix fois de suite. Jusqu’à ce qu’il maîtrise la contre-attaque. C’est ça, Jack : un gars qui transforme ses faiblesses en armes."*
15 novembre : le jour où tout peut basculer
Le UFC 322 s’annonce comme un tournant dans l’histoire des poids légers. Si Della Maddalena l’emporte, ce sera bien plus qu’une victoire : ce sera la preuve que le striking peut encore rivaliser avec le grappling dominant de l’ère moderne. À l’inverse, une victoire de Makhachev confirmerait la suprématie absolue des Dagestanais et enterrerait (provisoirement) les espoirs des frappeurs.
Les enjeux dépassent largement les deux hommes. Pour Della Maddalena, c’est l’opportunité de devenir une légende en Australie, où le MMA explose en popularité. Pour Makhachev, c’est la chance de cimenter son statut de GOAT (Greatest Of All Time) des poids légers. *"Je ne pense pas à la légende ou à l’histoire"*, conclut l’Australien, les yeux brillants. *"Je pense juste à ce moment où je vais lever la main, regarder Makhachev au sol, et savoir que j’ai changé le cours des choses. Ce jour-là, le monde saura qui est le vrai roi."*

