Le contexte : quand la légende affronte l’ascension fulgurante
Le 15 juin 2024, le UFC 322 accouchera d’un combat qui fait déjà vibrer la planète MMA : Islam Makhachev (25-1) vs Jack Della Maddalena (18-2) pour la ceinture des poids mi-moyens. Ce n’est pas qu’un simple titre en jeu – c’est une confrontation entre deux philosophies martiales opposées, et peut-être le début d’une nouvelle ère.
D’un côté, le Russe, 2ᵉ du classement pound-for-pound, cherche à entrer dans l’histoire en devenant double champion simultané (poids légers et mi-moyens), un exploit rare dans l’UFC. De l’autre, l’Australien, fraîchement couronné en mai 2024 après une victoire éclatante contre Ian Machado Garry, défend sa ceinture pour la première fois face à ce qui est peut-être le plus grand défi de sa carrière.
Analyse technique : le grappling vs le striking pur
Islam Makhachev incarne l’excellence du sambo russe et du jiu-jitsu : 11 victoires par soumission en carrière, un contrôle au sol étouffant, et une capacité à dominer ses adversaires même contre des frappeurs redoutables (voir ses combats contre Alexander Volkanovski ou Dustin Poirier). Son style repose sur une pression constante, des takedowns précis, et une transition fluide vers les soumissions.
À l’opposé, Della Maddalena est un striker pur : 75% de ses victoires par KO/TKO, un jeu de jambes explosif, et des combinaisons de coups qui ont terrassé des adversaires comme Randy Brown ou Kevin Holland. Son atout ? Une distance parfaite et une capacité à contrer les tentatives de projection.
La question clé : Della Maddalena pourra-t-il garder le combat debout ? Makhachev a déjà prouvé qu’il pouvait neutraliser des frappeurs d’élite (comme contre Volkanovski en février 2024), mais l’Australien, plus grand et plus long (+8 cm d’envergure), pourrait lui poser des problèmes inédits.
"Della Maddalena par KO au 2ᵉ round" – la prédiction qui fait débat
C’est Israel Adesanya, ancien champion des poids moyens et fin stratège, qui a enflammé les réseaux en annonçant sur sa chaîne YouTube :
"Jack a ce quelque chose. Il frappe comme un camion, et Makhachev n’a jamais affronté un gars avec ce niveau de puissance ET cette intelligence de combat. Si Jack survit au 1ᵉʳ round – et je pense qu’il peut le faire –, il va le toucher au 2ᵉ. Et quand il touche, les gens tombent."
Une analyse qui divise. Des experts comme Daniel Cormier tempèrent : "Makhachev a une défense au sol trop solide. Même Volkanovski, meilleur grappler que Jack, n’a pas pu l’empêcher de le dominer au sol." D’autres, comme l’entraîneur Trevor Wittman, soulignent que Della Maddalena a "la meilleure défense contre les takedowns de la division".
Un détail intrigant : Makhachev a perdu son seul combat (contre Adriano Martins en 2015)… par KO. Une faille psychologique ?
Derrière les gants : la préparation secrète de Makhachev
Peu de gens le savent, mais Islam Makhachev a passé les 3 derniers mois à s’entraîner avec Georges St-Pierre au Tristar Gym à Montréal. Le Canadien, double champion légendaire, lui aurait notamment travaillé :
- La gestion de la distance contre des frappeurs longs (comme Della Maddalena).
- Les contre-attaques en clinch, pour exploiter les moments où l’Australien charge.
- La résistance aux coups puissants, via des sparrings avec des poids lourds.
Une collaboration qui rappelle celle de Khabib Nurmagomedov (mentor de Makhachev) avec GSP avant son combat contre Michael Bisping en 2017. "Islam a une nouvelle dimension debout", confie un proche de l’équipe. De quoi surprendre ?
Scénarios possibles : comment le combat peut basculer
Scénario 1 : Makhachev impose son grappling (probabilité : 60%)
Le Russe réussit un takedown dès le 1ᵉʳ round, épuise Della Maddalena contre la cage, et termine par soumission au 3ᵉ (comme contre Charles Oliveira en 2022). Sa clé ? Exploiter les faiblesses défensives de Jack au sol (3 de ses 5 défaites amateurs étaient par soumission).
Scénario 2 : Della Maddalena choque le monde (probabilité : 30%)
L’Australien résiste aux tentatives de projection, utilise son jab pour garder Makhachev à distance, et place un crochet du gauche au 2ᵉ round (son coup fétiche, comme contre Sean Brady). Adesanya avait raison.
Scénario 3 : Décision controversée (probabilité : 10%)
Un combat serré où Makhachev domine au sol, mais Della Maddalena marque plus de points en striking. Les juges tranchent… et le public hurle. Rappel : leur dernier face-à-face (en sparring en 2021) s’était terminé en draw.
Enjeux au-delà du titre : héritage et futur de l’UFC
Pour Makhachev, une victoire signifierait :
- Un double règne simultané (poids légers + mi-moyens), comme Conor McGregor en 2016, mais avec une domination bien plus longue.
- Une place dans le top 3 des GOATs (Greatest Of All Time) de l’UFC, aux côtés de Jon Jones et GSP.
Pour Della Maddalena, un succès serait :
- La confirmation d’une nouvelle ère australienne (après Volkanovski et Adesanya).
- Un coup d’arrêt à la domination russe dans les divisions légères.
Enfin, l’UFC y voit une opportunité : ce combat pourrait battre des records d’audience (comme UFC 294 avec Makhachev vs Volkanovski, 1,3M de PPV). Preuve que les combats de styles (grappling vs striking) fascinent toujours.
Une chose est sûre : quand le Bruce Buffer annonçera "It’s time!", ce ne sera pas qu’un combat – ce sera un moment qui pourrait marquer l’histoire du sport.

