Le pari fou d'Adesanya : "Della Maddalena peut écrire l'histoire"
Quand Israel Adesanya parle, le monde du MMA écoute. L'ancien champion des poids moyens, connu pour ses analyses tranchantes, a lancé une bombe lors d'une récente interview : "Jack Della Maddalena a ce qu'il faut pour KO Islam Makhachev. Je ne dis pas que ce sera facile, mais c'est possible." Une déclaration qui a fait vibrer la communauté des combat sports, habituée à voir Makhachev dominer ses adversaires avec une facilité déconcertante.
Pour comprendre ce pronostic audacieux, il faut plonger dans les détails techniques. Adesanya explique : "Islam est une bête au sol, mais son striking a des trous. Jack a la précision d'un sniper et la puissance pour envoyer n'importe qui au tapis. S'il arrive à rester debout, le combat change complètement." Une stratégie risquée, mais qui a déjà fonctionné contre Makhachev - Alexander Volkanovski l'a prouvé en 2022 en remportant une décision serrée.
L'enjeu est colossal : Makhachev, invaincu depuis 2019 (12 victoires d'affilée), n'a jamais été mis KO en 25 combats professionnels. Pourtant, Adesanya voit en Della Maddalena "le bon gars au bon moment" : "Son timing est parfait. Il monte en puissance, il a la confiance, et surtout, il n'a pas peur. Contre un gars comme Islam, c'est 50% du travail."
Grappling vs Striking : la bataille des styles opposés
Le contraste entre les deux combattants est frappant. D'un côté, Islam Makhachev, maître incontesté du sambo et du jiu-jitsu, avec 10 soumissions en carrière. De l'autre, Jack Della Maddalena, pur produit du striking australien, avec 10 KOs en 18 victoires. Adesanya décompose la stratégie idéale : "Jack doit faire trois choses : éviter les clinch prolongés, se relever instantanément après chaque projection, et frapper fort dès qu'il a de l'espace."
Le défi est immense. Makhachev a un taux de réussite de 5,12 prises par 15 minutes (statistiques UFC), l'un des meilleurs de l'histoire. Mais Della Maddalena a un atout secret : sa résilience mentale. Entré dans l'UFC via le Dana White's Contender Series en 2021, il a enchaîné 5 victoires d'affilée, dont 4 par KO, en dominant des adversaires toujours plus coriaces. "C'est un tueur né", résume Adesanya.
Pour illustrer son propos, le "Last Stylebender" cite l'exemple de Dustin Poirier : "Dustin a tenu tête à Islam en 2019. Pourquoi ? Parce qu'il a refusé de paniquer au sol et qu'il a frappé dès qu'il le pouvait. Jack a cette même intelligence de combat." Une comparaison flatteuse pour l'Australien, qui voit là une reconnaissance de son travail acharné.
Derrière les gants : l'ascension fulgurante de "The Italian Stallion"
Jack Della Maddalena n'est pas un inconnu pour les fans de boxing et de MMA. Surnommé "The Italian Stallion" en hommage à Rocky Balboa, il a commencé le combat à 16 ans pour "canaliser son énergie", comme il le confie souvent. Son parcours est celui d'un outsider : rejeté des académies traditionnelles, il a dû s'entraîner dans des garages avant d'attirer l'attention de l'UFC.
Son style ? Un mélange explosif de boxe anglaise et de Muay Thai, avec une garde haute et des enchaînements fulgurants. "Je frappe comme un poids lourd, mais je bouge comme un poids plume", résume-t-il. Une philosophie qui rappelle étrangement celle d'Adesanya, adepte des déplacements fluides et des contre-attaques chirurgicales.
Ce qui impressionne le plus chez Della Maddalena, c'est sa capacité à s'adapter en plein combat. Contre Randy Brown en 2022, il a changé de stratégie à mi-match pour remporter une victoire par décision. "C'est ça, un vrai fighter", commente Adesanya. "Il ne suit pas un plan rigide. Il lit le combat et ajuste. Contre Islam, cette flexibilité sera cruciale."
Le plan de bataille : comment battre l'invincible Makhachev ?
Adesanya a détaillé une feuille de route précise pour Della Maddalena, inspirée des combats passés de Makhachev :
1. Éviter le sol à tout prix : "Islam a besoin de 30 secondes au sol pour te soumettre. Jack doit limiter ce temps à 10 secondes max." Pour cela, un travail intensif sur les reversements (techniques pour se retourner quand on est au sol) et les cages (blocages des jambes de l'adversaire) est essentiel.
2. Frappes ciblées aux jambes : "Détruire les appuis d'Islam, c'est détruire son grappling. Jack doit viser les cuisses et les mollets dès le premier round." Une tactique utilisée avec succès par Volkanovski.
3. Exploiter les transitions : "Quand Islam passe de la prise au sol au striking, il y a une seconde où il est vulnérable. Jack doit frapper à ce moment-là."
4. Gérer l'endurance : "Islam ralentit après 10 minutes. Jack doit tenir jusqu'au 3e round, puis tout donner."
Un plan ambitieux, mais réaliste selon Adesanya : "Si Jack exécute ne serait-ce que 70% de ça, il a une vraie chance. Et dans le MMA, une vraie chance, c'est déjà énorme contre un monstre comme Islam."
Les sceptiques ont la parole : "Un KO ? Vous rêvez !"
Tous les experts ne partagent pas l'optimisme d'Adesanya. Daniel Cormier, ancien double champion UFC, tempère : "Jack est un excellent strikeur, mais Islam est un niveau au-dessus en défense. Je ne vois pas comment il pourrait le KO, sauf coup de chance." Une opinion partagée par Khabib Nurmagomedov, mentor de Makhachev : "Islam a déjà affronté les meilleurs strikeurs du monde. Jack n'est pas encore à ce niveau."
Même certains fans australiens restent prudents. Sur les forums, on lit : "Jack a le cœur, mais Islam est une machine. Un KO serait un miracle." Pourtant, comme le rappelle Adesanya, "les miracles, ça existe en MMA. Demandez à Matt Serra ou Holly Holm."
Le combat du 15 novembre s'annonce donc comme un clash des philosophies : la précision chirurgicale de Della Maddalena contre l'étouffante domination au sol de Makhachev. Qui l'emportera ? Une chose est sûre : si l'Australien parvient à réaliser l'impensable, ce sera l'un des plus grands upsets de l'histoire de l'UFC.

