Un refus qui fait trembler les fondements de l’UFC
Quand Tom Aspinall, star montante de la division des lourds, a lâché cette bombe en interview, les réseaux sociaux se sont embrasés. "Si Ante [Delija] était le seul obstacle pour le titre, je laisserais tomber. Point." Une déclaration qui sonne comme un coup de massue dans un univers où chaque opportunité de ceinture se saisit à pleines dents. Pourtant, pour Aspinall, la réponse était évidente : certaines amitiés valent plus qu’un titre.
Delija, lui, n’a pas tergiversé. Dans une réponse publiée sur X (ex-Twitter), le Croate a salué "le vrai caractère" de son ami, ajoutant : "Moi aussi, je refuserais. On est frères avant d’être adversaires." Une réciprocité qui a ému les fans, habitués aux rivalités artificielles savamment orchestrées par la promotion.
Mais ce geste soulève une question cruciale : l’UFC peut-elle tolérer que ses athlètes dictent les matchs en fonction de leurs affinités ? Dana White, le président, n’a pas encore réagi officiellement, mais les précédents (comme la polémique Jon Jones vs. Rashad Evans en 2012) montrent que l’organisation préfère les histoires marketables aux dilemmes moraux.
"On n’est pas des robots" : la face cachée des combattants
Derrière les muscles et les KO, Tom Aspinall et Ante Delija rappellent que les fighters sont avant tout des humains. Leur amitié remonte à leurs débuts en Europe, où ils s’entraînaient ensemble dans des salles modestes, loin des projecteurs. "On a partagé des galères, des victoires, des défaites… Ce n’est pas un truc que tu effaces pour un combat", confiait Aspinall à MMA Fighting.
Delija, lui, a connu une ascension fulgurante. Son KO en 38 secondes contre Tybura (UFC Fight Night 244) a marqué les esprits, prouvant qu’il avait sa place parmi l’élite. Pourtant, malgré les sirènes du titre, il assume : "Tom est comme un frère. Si ça devait arriver, je lui donnerais ma parole de ne pas accepter non plus."
Cette position tranche avec l’image du MMA comme sport sans pitié. Des légendes comme Daniel Cormier ou Georges St-Pierre ont déjà évoqué des dilemmes similaires, mais rarement avec une telle franchise. "C’est facile de dire ‘c’est le business’ quand tu n’as pas vécu ça", lance Aspinall, qui assume pleinement son choix, même si cela doit lui coûter cher.
Delija vs. Cortes-Acosta : un test avant l’inévitable ?
Alors que Tom Aspinall observe depuis les coulisses, Ante Delija se prépare pour un duel explosif contre Waldo Cortes-Acosta (1er novembre, UFC Fight Night). Un combat qui pourrait le propulser vers les sommets… et peut-être, un jour, face à son ami.
Cortes-Acosta, invaincu depuis 2022, représente un défi technique majeur. "Waldo est solide, mais Ante a un mental d’acier", analyse le coach de Delija. Une victoire lui ouvrirait les portes du Top 10, voire un title eliminator. Ironie du sort : plus Delija grimpe, plus le scénario redouté par Aspinall se précise.
Les bookmakers donnent Delija favori (cote à 1.65 contre 2.20 pour Cortes-Acosta), mais dans ce sport, rien n’est jamais acquis. Une défaite compliquerait les plans de l’UFC… et soulagerait peut-être Aspinall, qui verrait s’éloigner le spectre d’un choix impossible.
L’UFC face à un casse-tête inédit
Que faire quand deux de vos meilleurs espoirs refusent de s’affronter ? L’UFC a l’habitude de gérer les caprices de stars, mais rarement pour des raisons aussi… nobles. Plusieurs options se dessinent :
- Contourner le problème : Trouver un autre prétendant pour Aspinall (comme Sergei Pavlovich ou Ciryl Gane), en espérant que Delija stagne.
- Faire pression : Utiliser le levier contractuel (menace de non-renouvellement, bonus réduits), une méthode déjà employée par le passé.
- Capitaliser sur l’histoire : Transformer ce refus en storyline ("L’amitié vs. la gloire"), un angle qui pourrait séduire le public.
"C’est un cauchemar pour les matchmakers, mais un rêve pour les scénaristes", résume un journaliste de ESPN MMA. Reste à savoir si Dana White, connu pour son pragmatisme, acceptera de jouer le jeu.
Un ancien manager, sous couvert d’anonymat, tempère : "Si Aspinall est vraiment le futur champion, l’UFC trouvera une solution. Mais s’il persiste, ils le remplaceront sans hésiter. Le business passe avant tout."
Et si c’était une stratégie ?
Certains observateurs, plus cyniques, y voient une manœuvre calculée. "Aspinall sait qu’en disant ça, il se crée une image de ‘gentleman’, ce qui plaît aux sponsors", analyse un expert en marketing sportif. Delija, lui, gagne en popularité sans même monter dans la cage.
Mais les deux hommes balayent ces théories. "Les gens qui pensent ça ne nous connaissent pas", rétorque Aspinall. Preuve de leur sincérité : Delija a déjà refusé des combats lucratifs par le passé pour des raisons personnelles, comme en 2023, quand il a décliné un duel contre un partenaire d’entraînement.
Reste une question : jusqu’où iront-ils ? Si Delija devient le seul obstacle crédible pour Aspinall, ce dernier tiendra-t-il sa promesse ? "Je ne sais pas. Espérons qu’on n’en arrivera pas là", murmure-t-il, visiblement mal à l’aise.
Prochain épisode le 1er novembre, quand Delija entrera dans l’octogone. Avec, peut-être, le destin de deux carrières entre ses gants.

