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Tom Aspinall : quand l’amitié prime sur le titre UFC – le dilemme qui divise l’Octogone

Tom Aspinall : quand l’amitié prime sur le titre UFC – le dilemme qui divise l’Octogone

Un champion face à un choix déchirant : la ceinture ou l’amitié ?

L'essentiel

  1. Tom Aspinall refuse catégoriquement d’affronter son ami Ante Delija , malgré les enjeux d’un potentiel combat pour le titre UFC.
  2. Le Britannique, connu pour sa philosophie "la ceinture avant tout", fait une exception rare : "Certaines choses comptent plus que l’or."
  3. Ante Delija , champion PFL 2022 et nouveau prétendant UFC, incarne ce dilemme moral avec son ascension fulgurante (KO contre Tybura en 2024).
  4. Contraste saisissant : Aspinall affiche une "froideur calculée" face à Ciryl Gane (UFC 321, 25 octobre), prouvant que l’amitié a des limites dans l’Octogone.
  5. Derrière ce refus, une histoire méconnue : 10 ans de complicité entre les deux hommes, née dans les salles d’entraînement de Croatie et de Londres.

"Je ne frapperai jamais cet homme" : la promesse inébranlable d’Aspinall

Imaginez la scène : un champion UFC en pleine gloire, auréolé de 15 victoires (dont 14 par KO ou soumission), se voit offrir un combat pour défendre sa ceinture contre un adversaire en pleine ascension. Sauf que cet adversaire est un ami. Pour Tom Aspinall, cette équation a une réponse sans appel : "Non. Jamais." Dans un monde où le MMA se résume souvent à une maxime – "gagner à tout prix" –, le Britannique trace une ligne rouge, révélant une facette humaine rare derrière le guerrier.

Son refus n’est pas un caprice. Il s’ancre dans une décennie de complicité avec Ante Delija, forgée lors d’entraînements communs entre la Croatie et le célèbre London Shootfighters, le camp d’Aspinall. "On a partagé les galères, les victoires, les blessures… C’est mon frère, pas un adversaire", confie-t-il. Une déclaration qui contraste avec son image de prédateur de l’Octogone, où il a dominé des géants comme Alexander Volkov ou Sergei Pavlovich avec une efficacité chirurgicale.


Pourtant, Delija n’est pas un faire-valoir. Champion PFL en 2022, il a marqué son arrivée à l’UFC en 2024 avec un KO explosif contre Marcin Tybura (1’30’’ du 1er round), propulsant son nom dans le top 10 des poids lourds. Les analystes, comme Daniel Cormier, y voient déjà un futur prétendant au titre. Mais pour Aspinall, chaque victoire de son ami est un "cauchemar éveillé" : "S’il continue comme ça, il sera en position pour le titre d’ici 2025. Et moi, je ne serai pas celui qui lui barrera la route."

Delija : l’ami qui devient une menace (malgré lui)

Le paradoxe ? Ante Delija incarne tout ce qu’Aspinall admire : un style agressif, une résilience à toute épreuve (il a surmonté un cancer en 2019), et une éthique de travail implacable. "C’est un monstre, un vrai killer", reconnaît le champion UFC. Pourtant, quand on lui demande s’il accepterait un combat contre lui pour un million de dollars, sa réponse fuse : "Même pour dix millions, non. L’argent ne lave pas la culpabilité."

Cette position divise. Des légendes comme Khabib Nurmagomedov ont refusé de combattre des proches (son cousin Umar Nurmagomedov), mais d’autres, comme Israel Adesanya, ont balayé ces scrupules face à Alex Pereira – un ami devenu rival. "Dans ce sport, tu dois être prêt à tout sacrifier", rappelle Dana White, le président de l’UFC, visiblement agacé par le refus d’Aspinall. "Les fans veulent voir les meilleurs s’affronter, pas des histoires de cœur."


Le détail qui change tout : Delija et Aspinall se sont entraînés ensemble pendant des années, échangeant techniques et conseils. "Il connaît mes faiblesses mieux que moi", avoue le Britannique. Un avantage tactique qui, en combat, se transformerait en trahison. "Comment pourrais-je le regarder dans les yeux après lui avoir brisé la mâchoire ?" Une question qui hante les nuits d’Aspinall, d’après son entraîneur, Marc Godbeer.

Gane vs Aspinall : quand l’amitié s’arrête net

Ironie du sort, Ciryl Gane, son prochain adversaire à l’UFC 321 (25 octobre 2024), est lui aussi un connu. Les deux hommes ont partagé des "soirées arrosées" et des fous rires, comme le révèle une vidéo virale où ils chantent en chœur un tube de Stormzy. Pourtant, Aspinall assume un ton glaçant : "Dans la cage, il n’y a ni amis ni ennemis. Juste un objectif : gagner."

Pourquoi cette différence de traitement ? "Avec Gane, c’est une relation professionnelle, presque cordiale. Avec Delija, c’est familial", explique-t-il. Une nuance que beaucoup peinent à comprendre, y compris Jon Jones, qui a raillé Aspinall sur les réseaux : "Tu préfères perdre ta ceinture plutôt que de faire ton boulot ? Soft." ("Trop sensible", en argot MMA).


Le choc des philosophies : pour des combattants comme Conor McGregor, "il n’y a pas d’amis dans ce business". À l’inverse, Aspinall défend une vision presque "chevaleresque" du MMA : "On peut être des guerriers sans être des monstres. Le respect, ça existe." Une position qui lui vaut autant d’admiration que de critiques, certains y voyant une faiblesse mentale.

"10 ans, 1000 rounds" : l’histoire secrète d’une fraternité MMA

Peu de gens savent que Tom Aspinall et Ante Delija se sont rencontrés en 2014, lors d’un stage en Croatie. À l’époque, Aspinall, alors inconnu, s’entraînait dans un gymnase décrépit de Zagreb, tandis que Delija, déjà prometteur, lui offrit un lit dans son appartement. "Il m’a sauvé la mise. Sans lui, je dormais dans la rue", se souvient le champion UFC.

Leur complicité s’est renforcée à Londres, où Delija a rejoint le London Shootfighters pour préparer ses combats. "On a tout partagé : les défaites, les blessures, les doutes… Il était là quand ma mère est morte", confie Aspinall, la voix tremblante. Un lien que même l’UFC ne peut briser. "Les titres, ça se perd. Une amitié comme ça, jamais."


Le saviez-vous ? En 2020, quand Delija a annoncé son cancer, Aspinall a annulé un combat pour le rejoindre en Croatie. "Je devais être là. Point." Un geste qui a marqué Delija : "Tom est le seul à avoir fait ça. C’est plus qu’un ami, c’est un frère."

25 octobre : le test ultime des principes d’Aspinall

Le combat contre Ciryl Gane sera bien plus qu’un titre à défendre. Ce sera un examen de conscience. Si Aspinall l’emporte, la pression pour affronter Delija deviendra insoutenable. "Les fans vont hurler, Dana White va me harceler… Mais je ne cèderai pas."

Certains, comme l’analyste Robin Black, y voient une "faiblesse stratégique" : "En refusant Delija, il limite ses options et risque de perdre sa ceinture par forfait." D’autres, comme Joe Rogan, saluent son courage : "Dans un sport où tout le monde est prêt à poignarder sa mère pour une ceinture, Aspinall rappelle qu’on est humains."


Et si Delija devenait champion ? "Je serai le premier à le féliciter", répond Aspinall sans hésiter. Une réponse qui en dit long sur ses priorités. Dans l’Octogone, on attend des héros sans cœur. Lui choisit d’être un homme.

Le 25 octobre, quand Tom Aspinall montera dans la cage face à Ciryl Gane, ce ne sera pas qu’un combat pour le titre. Ce sera le jour où le MMA devra se demander : jusqu’où peut-on pousser le sacrifice au nom du sport ? Entre la gloire éphémère d’une ceinture et la loyauté indéfectible d’une amitié, Aspinall a déjà tranché. Reste à voir si l’UFC, machine impitoyable, acceptera son choix. Une chose est sûre : dans un monde où les rivaux d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui (et vice versa), son histoire avec Delija rappelle que certaines lignes ne doivent jamais être franchies.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

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