Makhachev : l’empereur invaincu qui défie les lois du MMA
15 novembre 2024, New York. Ce soir-là, l’UFC 322 entre dans l’histoire. Islam Makhachev, déjà légende des poids légers, achève son ascension fulgurante en s’emparant de la ceinture des poids mi-moyens après une victoire écrasante face à Jack Della Maddalena. Un exploit rare : dominer deux divisions simultanément, avec une série invaincue de 16 combats qui s’étire depuis… 2019. Le Dagestanais ne perd plus. Il écrase, étouffe, soumet. Ses adversaires semblent condamnés avant même d’entrer dans l’Octogone.
Son style ? Une symbiose parfaite entre le sambo (son art martial d’origine) et un jiu-jitsu brésilien mortel. Makhachev ne se contente pas de gagner : il démonte ses rivaux, méthode après méthode. Contre Della Maddalena, il a encore prouvé que sa lutte de contrôle était une arme absolue, capable de neutraliser même les frappeurs les plus dangereux. Pourtant, malgré ce palmarès monstrueux, une question persiste : "Qui peut arrêter Makhachev ?"
Les noms circulent : Leon Edwards (champion déchu), Kamaru Usman (l’ancien roi), ou encore Colby Covington (le provocateur technique). Mais aucun ne semble crédible aux yeux des experts. Jusqu’à ce que Daniel Cormier, double champion olympique et légende du MMA, lance un nom : Shavkat Rakhmonov.
Rakhmonov : la machine de guerre qui monte
Shavkat "Nomad" Rakhmonov, 29 ans, est un phénomène. Originaire du Kazakhstan, ce combattant au physique impressionnant (1,85 m pour 84 kg de muscles) cumule les victoires sans aucune défaite depuis ses débuts à l’UFC en 2021. Son style ? Un mélange terrifiant de puissance explosive, de lutte agressive et de frappes précises. Contre Stephen Thompson (UFC 302), il a démontré qu’il pouvait dominer un vétéran expérimenté avec une facilité déconcertante.
Ce qui rend Rakhmonov si dangereux pour Makhachev ? Trois éléments clés :
- Sa capacité à imposer son jeu au sol : comme Makhachev, il excelle en lutte, mais avec une agressivité qui pourrait forcer le champion à sortir de sa zone de confort.
- Ses coups de poing dévastateurs : contrairement à beaucoup de lutteurs, Rakhmonov termine ses combats debout (7 KO en 18 victoires).
- Son mental d’acier : il n’a jamais reculé face à un défi, même contre des adversaires plus expérimentés.
Cormier résume : "Rakhmonov a ce quelque chose que les autres n’ont pas. Il ne craint personne, et techniquement, il a les outils pour casser le code Makhachev." Un avis partagé par Khabib Nurmagomedov, mentor de Makhachev, qui a reconnu en Rakhmonov "un adversaire plus dangereux que Della Maddalena".
"Le combat que tout le monde veut voir" : pourquoi ce duel électrise les fans
Imaginez : deux invaincus, deux maîtres de la lutte, deux frappeurs redoutables. Un combat où chaque seconde compte, où la moindre erreur peut être fatale. Les bookmakers hésitent déjà : Makhachev, favori logique, voit sa cote baisser face à Rakhmonov (passé de +300 à +200 en quelques semaines). Preuve que les parieurs croient en l’exploit.
Les scénarios possibles ?
- Makhachev par soumission : s’il parvient à amener Rakhmonov au sol, son jiu-jitsu pourrait faire la différence, comme contre Alexander Volkanovski (UFC 294).
- Rakhmonov par KO : si le Kazakh parvient à garder le combat debout, ses crochets du gauche (sa signature) pourraient surprendre le champion.
- Une guerre en 5 rounds : les deux hommes ont une endurance à toute épreuve. Un combat épuisant, où la stratégie prime sur la force brute.
Dana White, président de l’UFC, a laissé entendre que ce combat était "une priorité pour 2025". Les rumeurs évoquent un possible UFC 330 à Abu Dhabi, où Makhachev est une idole. Un cadre parfait pour un choc historique.
Derrière les gants : la rivalité silencieuse qui attise les tensions
Ce que peu de gens savent, c’est que Makhachev et Rakhmonov se connaissent depuis des années. Tous deux ont évolué dans les circuits de sambo en Russie et en Asie centrale, où ils se sont affrontés en compétition amateur à plusieurs reprises. À l’époque, Makhachev l’emportait souvent… mais Rakhmonov n’était qu’un adolescent.
Aujourd’hui, les rôles pourraient s’inverser. Lors d’une interview en 2023, Rakhmonov a lancé, sourire en coin : "Islam était mon idole. Maintenant, je veux lui prendre sa ceinture. C’est comme ça que marche le sport." Une déclaration qui n’a pas plu à l’équipe de Makhachev. Khabib Nurmagomedov a répondu, sec : "Shavkat parle trop. Dans l’Octogone, on verra qui est le plus fort."
Cette tension sourde ajoute une dimension psychologique au combat. Makhachev, habituellement calme et méthodique, semble plus déterminé que jamais. Rakhmonov, lui, joue la carte de l’arrogance calculée, une stratégie pour déstabiliser mentalement son adversaire.
Les enjeux : bien plus qu’un titre, une question de légende
Pour Makhachev, ce combat représente l’opportunité de sceller son héritage. Une victoire lui permettrait de :
- Devenir le premier double champion simultané à défendre ses deux ceintures avec succès.
- Confirmer son statut de meilleur combattant livre pour livre, devant des légendes comme Jon Jones ou Georges St-Pierre.
- Prouver qu’il peut dominer une nouvelle génération de combattants, bien plus athlétiques que ses précédents adversaires.
Pour Rakhmonov, c’est l’occasion de passer de "promesse" à "roi". Une victoire contre Makhachev le propulserait directement parmi les plus grands noms du MMA, avec une trajectoire similaire à celle de Khamzat Chimaev (son compatriote et ami).
Enfin, pour l’UFC, ce combat est une mine d’or. Les affrontements entre deux invaincus sont rares, et celui-ci a tout pour battre des records d’audience, surtout dans les pays arabes et en Asie centrale, où les deux hommes sont des héros nationaux.
Une chose est sûre : quand ces deux-là monteront dans l’Octogone, le monde du MMA retiendra son souffle. Et après le gong final, plus rien ne sera comme avant.

