L’ascension d’un prédateur : Makhachev en quête d’un héritage inégalé
Quand Islam Makhachev entre dans l’Octogone ce samedi pour l’UFC 322, ce ne sera pas un combat comme les autres. Déjà roi incontesté des poids légers (23-1, avec une série de 13 victoires en UFC), le Russe tente un pari fou : s’emparer de la ceinture des welterweights face à Jack Della Maddalena, un Australien en pleine ascension (16-2). Une performance qui, si elle se concrétise, ferait de lui le onzième double champion de l’histoire de l’UFC – un club ultra-restreint où figurent des légendes comme Daniel Cormier, Conor McGregor ou Amanda Nunes.
Pour Javier Mendez, son entraîneur à l’AKA (American Kickboxing Academy), ce défi est à la fois "terrifiant et excitant". Dans une interview exclusive, il a révélé avoir étudié sept fois le dernier combat de Della Maddalena – une victoire par KO contre Belal Muhammad en septembre 2023. "Jack est un tueur, explique Mendez. Il a une puissance folle dans les poings et une capacité à retourner les combats en un instant. Mais Islam ? Islam est une machine. Il n’a pas de failles."
Statistiquement, les chiffres donnent raison à cette confiance : Makhachev n’a pas perdu depuis 2015 (une défaite controversée face à Adriano Martins), enchaînant 15 victoires consécutives, dont 10 par soumission. Son style, mélange de sambo (discipline russe dont il est champion du monde) et de jiu-jitsu brésilien, en fait un cauchemar pour ses adversaires. Della Maddalena, lui, mise sur sa frappe explosive et son mental d’acier – mais devra composer avec un gabarit naturellement plus petit (1,78 m contre 1,83 m pour Makhachev).
"Ce combat, c’est l’apogée de dix ans de travail. Islam ne lutte pas pour un titre, il lutte pour l’Histoire." – Javier Mendez, entraîneur de Makhachev.
Dans l’ombre du combat : la stratégie secrète de l’AKA
Ce que peu de gens savent, c’est que l’équipe de Makhachev a modifié radicalement sa préparation pour ce combat. Habitué à dominer ses adversaires au sol, le champion a passé les trois derniers mois à peaufiner sa boxe longue distance avec des sparring-partners spécialement choisis pour imiter le style de Della Maddalena. Parmi eux : Michael Chandler (ancien rival de Makhachev) et Zabit Magomedsharipov, un autre Russe connu pour sa précision en frappe.
Autre détail révélateur : Makhachev a perdu volontairement 2 kg de muscle pour gagner en vitesse. "Jack est rapide, alors nous devons l’être plus, confie un membre de l’AKA sous couvert d’anonymat. Islam a travaillé son explosivité comme jamais. Vous allez voir des enchaînements qu’il n’a encore jamais montrés."
Côté mental, Mendez a insisté sur un point : ne pas sous-estimer l’adrénaline d’un combat pour un nouveau titre. "Quand tu montes de catégorie, tout change. Les coups font plus mal, les gars sont plus lourds. Mais Islam a déjà battu des welterweights à l’entraînement. Il sait ce qui l’attend."
Et après ? Le dilemme Usman vs. Topuria
Si Makhachev l’emporte (ce que les bookmakers donnent à 1,35 contre 3,10 pour Della Maddalena), la question ne sera plus si il combattra ensuite, mais contre qui. Deux noms s’imposent :
1. Kamaru Usman (20-4) : le "Nigerian Nightmare" en quête de revanche symbolique
L’ancien champion des welterweights, récemment relancé par une victoire spectaculaire contre Joaquin Buckley (KO au 2ᵉ round), incarne la légitimité sportive. Usman, 37 ans, a dominé la division pendant des années (15 défenses de titre consécutives) et rêve d’un "combat de légende" pour sceller son héritage. "Islam est un grand champion, mais je suis le roi des welterweights, a-t-il déclaré. S’il veut mon trône, il devra me le prendre."
2. Ilia Topuria (15-0) : l’affrontement médiatique qui ferait trembler Las Vegas
Le Géorgien, star montante de l’UFC, représente l’option explosive. Invaincu, charismatique et ultra-agressif, Topuria (27 ans) a déjà provoqué Makhachev sur les réseaux sociaux : "Tu veux un vrai défi ? Viens me voir, vieux." Un combat entre les deux hommes pourrait être organisé lors de la White House card 2025, un événement spécial prévu à Washington – avec des retombées financières colossales. Dana White lui-même a évoqué un "potentiel record d’audience".
Pour Javier Mendez, les deux options sont "excitantes à 100%". "Kamaru, c’est l’honneur. Topuria, c’est le spectacle. Mais dans les deux cas, Islam écrit l’Histoire."
L’ombre d’Anderson Silva et le fantôme des double champions
Si Makhachev l’emporte, il rejoindra un club très fermé : celui des double champions de l’UFC. Parmi eux, Anderson Silva (poids moyens et légers) détient toujours le record de 16 défenses de titre consécutives. "Islam peut battre ce record, affirme Mendez. Il a 32 ans, il est à son pic. Sky’s the limit."
Mais l’Histoire est aussi cruelle. Des combattants comme Henry Cejudo ou Randy Couture ont tenté (sans succès) de conserver deux ceintures simultanément. Makhachev, lui, mise sur une approche différente : dominer une division, puis passer à une autre – comme l’a fait Conor McGregor en 2016 (poids plumes et légers). "Je ne veux pas juste gagner, je veux écraser, a-t-il confié. Que les gens se souviennent de mon règne dans 20 ans."
Reste une inconnue : la réaction de Dana White. Le président de l’UFC, connu pour ses coups de théâtre, pourrait imposer un autre adversaire (comme Leon Edwards, actuel champion des welterweights). Mais une chose est sûre : après l’UFC 322, le MMA ne sera plus jamais le même.

