Un Makhachev "intouchable" : l’analyse sans filtre de Tsarukyan
Quand Islam Makhachev monte dans l’Octogone, le monde du MMA retient son souffle. À l’UFC 322, le Daghestanais a une nouvelle fois prouvé qu’il n’était pas un simple champion des poids légers, mais bien un phénomène capable de dominer une division supérieure. Face à Jack Della Maddalena, un combattant réputé pour sa résistance et son agressivité, Makhachev a livré une masterclass en contrôle au sol et en soumission, s’emparant du titre des poids mi-moyens avec une aisance déroutante. Arman Tsarukyan, qui connaît bien le style de son compatriote (les deux hommes se sont affrontés en 2019, victoire de Makhachev par décision unanime), n’a pas caché son admiration lors de son entretien avec MMA Fighting :
"Islam a fait ce qu’Islam fait toujours : il a étouffé son adversaire. Della Maddalena est un gars solide, mais Makhachev l’a traité comme un débutant. Regardez comment il a enchaîné les prises, les transitions… C’est du très haut niveau. Moi-même, je sais à quel point c’est difficile de le suivre sur le grappling. Il a une intelligence de combat rare."
Pour Tsarukyan, cette performance confirme une évidence : Makhachev n’a pas de rival actuel dans le paysage du MMA. "Il est dans une autre dimension. Même en mi-moyens, il domine. Qui peut l’arrêter ? Peut-être personne aujourd’hui." Une déclaration qui en dit long sur le respect mutuel entre les deux hommes, malgré leur rivalité passée.
Mais derrière cette admiration se cache une question brûlante : si Makhachev est si intouchable, quel espoir reste-t-il pour les autres prétendants ? Tsarukyan, lui, préfère se concentrer sur son propre parcours. Et ce parcours passe par un obstacle nommé Dan Hooker.
Dan Hooker : le test qui pourrait tout changer pour Tsarukyan
Ce week-end, au Qatar, Arman Tsarukyan (22-3 en MMA) affronte Dan Hooker (23-12), un vétéran redouté pour son expérience et sa puissance de frappe. Un combat qui n’est pas anodin : une victoire propulserait l’Arménien vers un affrontement pour le titre des poids légers, actuellement détenu par Ilia Topuria. Pour Tsarukyan, l’enjeu est clair :
"Hooker est un adversaire dangereux. Il a combattu les meilleurs, il sait gérer la pression. Mais moi aussi, je suis prêt. J’ai enchaîné quatre victoires de suite, et je ne compte pas m’arrêter là. Ce combat, c’est ma chance de montrer que je mérite ma place en haut de l’affiche."
Contrairement à Makhachev, dont le jeu repose sur un grappling écrasant, Tsarukyan mise sur une approche plus polyvalente. Son style, à la fois technique et explosif, lui a permis de battre des adversaires comme Joel Alvarez ou Damir Ismagulov. Face à Hooker, connu pour ses coups de pied dévastateurs et sa résistance, l’Arménien devra cependant adapter sa stratégie. "Je ne vais pas copier Islam. Je dois jouer mes atouts : ma vitesse, ma précision, et ma capacité à m’adapter en cours de combat."
Les observateurs notent d’ailleurs une évolution notable chez Tsarukyan depuis sa défaite contre Makhachev en 2019. "Il a muri. À l’époque, il était déjà bon, mais aujourd’hui, il a une maturité tactique qui fait la différence," analyse un coach anonyme de l’UFC. Une maturation qui pourrait bien faire la différence contre Hooker.
Topuria, Makhachev… Qui attend Tsarukyan en 2025 ?
Si Tsarukyan vient à bout de Hooker, la route vers le titre des poids légers s’ouvrira enfin. Mais un obstacle majestueux se dresse : Ilia Topuria, le champion en titre, invaincu et en pleine confiance après sa victoire contre Alexander Volkanovski. Un duel entre les deux hommes serait un choc de styles, opposant la technique arménienne à l’agressivité géorgienne.
Pourtant, dans l’ombre, plane toujours la question d’un éventuel retour de Makhachev chez les légers. "Si Islam décide de redescendre, ça change tout. Mais pour l’instant, je me concentre sur Hooker, puis sur Topuria. Makhachev est une légende, mais je veux écrire ma propre histoire," confie Tsarukyan. Une histoire qui, si tout se passe comme prévu, pourrait le mener vers un règne inégalé.
Les fans de MMA l’ont compris : 2025 s’annonce comme une année charnière pour les poids légers. Entre les ambitions de Tsarukyan, la domination de Makhachev, et le règne naissant de Topuria, les cartons sont redistribués. Et si l’Arménien parvient à franchir l’étape Hooker, il pourrait bien devenir l’homme à abattre.
Derrière les gants : le parcours méconnu de Tsarukyan
Peut-être ignorez-vous que Arman Tsarukyan a commencé le MMA presque par accident. Né en Arménie mais élevé en Russie, il découvre les arts martiaux à 15 ans, poussé par un ami qui l’emmène dans un club de sambo. "Au début, je détestais ça. Je me faisais battre tous les jours. Mais quelque chose a cliqué : j’ai compris que je pouvais devenir fort, vraiment fort."
Aujourd’hui, il s’entraîne entre la Russie et les États-Unis, sous la houlette de coaches renommés comme Javid Basharat. Son secret ? Une discipline de fer et une obsession du détail. "Je regarde chaque combat de mes adversaires au moins dix fois. Je note leurs habitudes, leurs faiblesses. Quand je monte dans la cage, je sais déjà comment ils vont réagir." Une méthode qui paie, comme en témoignent ses quatre dernières victoires.
Et puis, il y a cette rivalité avec Makhachev, qui dépasse le simple cadre sportif. Les deux hommes partagent des origines caucasiennes, une culture du combat ancrée dans leur ADN. "On se respecte, mais on veut tous les deux être le meilleur. C’est comme ça depuis toujours dans le Caucase : on se bat pour l’honneur." Un honneur que Tsarukyan compte bien défendre, d’abord contre Hooker, puis peut-être contre le monde entier.

