"On m’a volé cette victoire" : la colère d’Ante Delija après un arbitrage "incompétent"
Samedi 1er juin 2024, l’UFC Vegas 110 a été le théâtre d’une nouvelle controverse qui secoue encore la communauté du MMA. Ante Delija, le colosse croate de 1,93 m aux 24 victoires (dont 15 par KO) avant ce combat, est sorti vaincu face à Waldo Cortes-Acosta… mais pas sans hurler au scandale. Dans une longue publication Instagram devenue virale, le fighter a déballé ce qu’il qualifie de "pire exemple d’arbitrage de l’histoire de l’UFC". Son grief ? Une série d’erreurs en cascade qui ont transformé une victoire quasi acquise en une défaite amère.
Tout commence au deuxième round. Delija, en position dominante, enchaîne les coups sur un Cortes-Acosta sonné. Soudain, l’arbitre Chris Tognoni intervient pour vérifier un coup bas supposé – un geste qui, selon Delija, n’avait aucune raison d’être. "Il n’y a jamais eu de signal pour un time-out, ni de ma part ni de celle de mon adversaire !", s’insurge-t-il. Pire : après une revue vidéo anormalement longue, l’arbitre décide de relancer le combat, offrant à Cortes-Acosta un répit qu’il n’aurait jamais dû avoir. Quelques secondes plus tard, le Mexicain retourne la situation avec un soumission par étranglement… et s’adjuge la victoire.
"C’est du jamais vu", tonne Delija. "On m’a littéralement volé ce combat. J’étais en train de le finir, et soudain, on me donne une pénalité pour un coup qui n’existait pas !" Le Croate, connu pour son calme habituel, est cette fois hors de lui. Et pour cause : cette défaite le prive d’une remontée fulgurante dans la catégorie reine des poids lourds, où il espérait rivaliser avec des noms comme Jon Jones ou Stipe Miocic.
Cinq erreurs, une seule victime : le détail accablant des irrégularités
Dans sa publication, Delija a listé cinq "violations claires des règles" qui, selon lui, devraient entraîner l’annulation du résultat. Voici le détail de ses accusations, étayées par les images du combat :
1. Absence de signal pour un "time-out" : Ni Delija ni Cortes-Acosta n’ont demandé d’interruption. L’arbitre a agi de sa propre initiative, ce qui est contraire au protocole.
2. Revue vidéo abusive : Les règles de la Nevada State Athletic Commission (NSAC) stipulent qu’une décision ne peut être modifiée après l’arrêt du combat. Pourtant, l’arbitre a rouvert les hostilités après avoir consulté les ralentis.
3. Coup bas non avéré : Les replays montrent que le genou de Delija a touché la cuisse de Cortes-Acosta, et non l’aine. Une zone autorisée par les règles.
4. Temps de récupération excessif : Cortes-Acosta a bénéficié d’une pause de plus de 30 secondes, bien au-delà des 5 secondes réglementaires pour un coup bas.
5. Décision finale incohérente : L’arbitre a d’abord arrêté le combat pour pénalité, avant de le relancer, puis de le stopper définitivement – une séquence sans précédent dans l’UFC.
"Si on suit la logique de l’arbitre, chaque combat pourrait être relancé 10 fois jusqu’à ce que quelqu’un gagne par chance !", ironise Delija. Son manager, Mladen Aur, a annoncé vouloir porter plainte auprès de la NSAC pour faire annuler le verdict. Une démarche rare, mais qui montre l’ampleur du scandale.
"Ça suffit !" : quand les erreurs d’arbitrage deviennent une habitude
Ce n’est pas la première fois que l’UFC est ébranlé par une polémique liée à l’arbitrage. Une semaine plus tôt, lors de l’UFC 295, le combat pour le titre des poids lourds entre Tom Aspinall et Ciryl Gane s’était terminé en "No Contest" après un doigt dans l’œil accidentel d’Aspinall. Une décision qui avait déjà ulcéré les fans, privés d’un vainqueur clair.
"On dirait que les arbitres inventent les règles au fur et à mesure", critique Daniel Cormier, commentateur star de l’UFC. "Delija avait gagné ce combat. Point. La NSAC doit clarifier ses protocoles, sinon c’est la porte ouverte à toutes les dérives." Même son de cloche du côté de Joe Rogan, qui a qualifié l’incident de "l’une des pires décisions de l’histoire du MMA".
Le problème dépasse désormais le cas Delija. Les fighters réclament :
• Une formation renforcée pour les arbitres, avec des évaluations régulières.
• L’instauration d’un "challenge" limité (comme au tennis) pour contester une décision.
• Une transparence totale sur les critères d’interruption d’un combat.
• Des sanctions pour les arbitres responsables d’erreurs répétées.
"On nous demande d’être des machines de guerre, mais on nous juge avec des règles de cour de récré", résume Francis Ngannou, ancien champion des poids lourds. "Ante Delija mérite réparation. Sinon, qui voudra encore combattre sous cette bannière ?"
Delija vs. Cortes-Acosta : le combat qu’il faut revivre (et qui change tout)
Pour comprendre l’ampleur de l’injustice, il faut replonger dans les 3 minutes et 12 secondes qui ont tout fait basculer. Avant l’interruption controversée, Delija dominait clairement :
• Contrôle au sol : 2 minutes et 45 secondes sur les 3 minutes du round.
• Coups significatifs : 37 contre 12 pour Cortes-Acosta.
• Dégâts infligés : Le Mexicain vacillait, le visage en sang, à deux doigts du KO.
"J’avais déjà gagné. Tout le monde dans la salle le savait", assure Delija. Les statistiques lui donnent raison : selon UFC Stats, il avait 98% de chances de l’emporter avant l’intervention de l’arbitre. Même Dana White, le patron de l’UFC, a reconnu que "la situation était bordélique", tout en refusant d’annuler le résultat.
Le pire ? Cette défaite pourrait coûter sa carrière à Delija. À 36 ans, le Croate n’a plus droit à l’erreur dans une division ultra-compétitive. "Si je perds comme ça, qui voudra me donner une nouvelle chance ?", s’interroge-t-il. Une question qui résonne comme un avertissement pour l’UFC : sans réforme, c’est la crédibilité même du sport qui est en jeu.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour Delija et l’UFC
Plusieurs issues sont envisageables dans les jours à venir :
1. L’annulation du combat : Si la NSAC reconnaît une erreur, elle pourrait déclarer un "No Contest" et programmer un rematch. Une décision rare, mais pas impossible (ex. : Jon Jones vs. Daniel Cormier 2 en 2017).
2. Un combat revanche immédiat : L’UFC pourrait organiser Delija vs. Cortes-Acosta 2 dès juillet 2024, comme ce fut le cas pour Leon Edwards vs. Belal Muhammad après leur "No Contest" en 2021.
3. Le statut quo : Si rien ne change, Delija devra repartir de zéro, avec une défaite injustifiée à son actif. Un scénario qui risquerait de le faire quitter l’UFC pour une autre organisation comme le PFL ou ONE Championship.
Du côté de l’UFC, les pressions montent. Une pétition lancée par des fans a déjà recueilli plus de 50 000 signatures en 48 heures, exigeant la tête de l’arbitre Chris Tognoni. "On ne peut plus accepter ça. Le MMA est un sport de gladiateurs, pas un cirque", peut-on lire en commentaires.
Une chose est sûre : cette affaire marquera un tournant. Soit l’UFC prend les devants et réforme son arbitrage, soit elle risque de voir ses stars quitter le navire, à l’image de Ngannou ou Masvidal avant eux. Pour Ante Delija, l’attente est insoutenable. "Je veux juste ce qui me revient : une victoire honnête."
À suivre de près : la réunion extraordinaire de la NSAC prévue le 15 juin 2024, où le cas Delija sera examiné. Une date qui pourrait tout changer.

