Beatriz Mesquita : Quand le Jiu-Jitsu Rencontre l'UFC
L’Octagon de Rio de Janeiro a vibré sous les acclamations du public brésilien samedi soir, et pour cause : Beatriz Mesquita, dix fois championne du monde de jiu-jitsu et médaillée d’or aux ADCC 2017, a fait ses débuts sous la bannière UFC avec une maîtrise technique qui a laissé peu de chances à Irina Alekseeva. Dès les premières secondes, la Brésilienne a imposé son jeu au sol, enchaînant transitions fluides et tentatives de soumission qui ont rapidement désorienté son adversaire russe.
Le combat a basculé au second round, à 2:14, lorsque Mesquita a verrouillé un étranglement arrière après une série de renversements. Alekseeva, malgré une défense acharnée, n’a pu échapper à l’étau : la soumission était inévitable. Une entrée en matière parfaite pour Mesquita, qui rejoint ainsi l’élite du MMA féminin avec le poids d’un palmarès déjà impressionnant.
"Je savais qu’elle était dangereuse debout, alors j’ai décidé de l’emmener là où je suis la plus forte. Le jiu-jitsu, c’est ma maison.", a-t-elle déclaré en post-combat, sous les ovations du public.
Cette victoire propulse Mesquita parmi les espoirs de la division poids coqs, où son profil de grappler d’exception pourrait rapidement lui valoir des combats contre des adversaires classées. Une chose est sûre : l’UFC vient de gagner une nouvelle star technique, et le Brésil une représentante de plus à suivre de près.
Michael Aswell : La Revanche par KO
Après une défaite en mai dernier face à Jean Silva, Michael Aswell avait un point à prouver. Et quel retour ! L’Américain, ancien champion Fury FC, a littéralement écrasé Lucas Almeida en à peine 1:42, livrant une performance qui a marqué les esprits. Dès l’engagement, Aswell a dominé les échanges debout, enchaînant combinations percutantes qui ont rapidement fait vaciller le Brésilien.
Une projection au sol plus tard, Almeida se retrouvait sous une grêle de coups en full mount, incapable de se défendre. L’arbitre n’a eu d’autre choix que d’interrompre le combat, scellant une victoire aussi rapide qu’impressionnante.
"Je voulais montrer que je suis toujours là, que cette défaite était un accident. Ce soir, j’ai fait ce que je sais faire : frapper fort et finir le travail.", a lancé Aswell, visiblement soulagé.
Cette victoire relance sa carrière dans la division poids plumes, où sa puissance et son agressivité pourraient lui ouvrir les portes du Top 15. Un message fort envoyé à l’UFC : Aswell n’est pas un adversaire à sous-estimer.
Jafel Filho : Le Kimura comme Signature
Dans la catégorie poids mouches, Jafel Filho, représentant de la prestigieuse équipe Nova União, a une nouvelle fois prouvé que son jiu-jitsu est une arme redoutable. Face à Clayton Carpenter, réputé pour sa résistance au sol, Filho a dû ruser avant de trouver l’ouverture. Après une première moitié de round serrée, où Carpenter a tenté des renversements désespérés, le Brésilien a finalement verrouillé un kimura à 4:42 du premier round.
Une 8ᵉ victoire par soumission en carrière pour Filho, qui confirme son statut de spécialiste du grappling. "Il était coriace, mais j’ai senti qu’il fatiguait. J’ai attendu le bon moment, et quand il est venu, j’ai serré.", a-t-il expliqué, sobre mais déterminé.
Cette performance pourrait lui valoir un combat contre un adversaire classé, dans une division où les brésiliens dominent largement.
Filho incarne cette génération de fighters brésiliens qui allient technique pure et intelligence de combat. À suivre de près.
Vitor Petrino : La Patience Récompensée
Parfois, les combats se gagnent dans les derniers instants. Vitor Petrino en a fait la démonstration face à Thomas Petersen, dans un affrontement où les deux rounds initiaux ont été marqués par des échanges serrés et des tentatives de clinch infructueuses. Petersen, solide et méthodique, semblait tenir la dragée haute au Brésilien.
Mais Petrino a su attendre son heure. À 26 secondes de la fin du 3ᵉ round, un uppercut droit suivi d’un crochet du gauche ont envoyé Petersen au tapis, inconscient. Une fin brutale, presque inattendue après deux rounds laborieux.
"Je savais qu’il allait baisser sa garde à un moment. J’ai gardé mon calme, et quand l’opportunité est venue, j’ai frappé.", a-t-il commenté, sobre mais satisfait.
Avec un record de 6-2 à l’UFC, Petrino prouve qu’il sait capitaliser sur les erreurs adverses, même dans les moments les plus tendus. Une qualité rare qui pourrait lui ouvrir les portes du Top 10 des poids mi-lourds.
Derrière les Projecteurs : Le Secret des Brésiliens
Qu’ont en commun Mesquita, Filho et Petrino ? Une formation rigoureuse dans les académies brésiliennes, où le jiu-jitsu se marie à la boxe et au muay-thaï dès le plus jeune âge. Nova União, l’équipe de Filho, est particulièrement réputée pour produire des champions complets, capables de s’adapter à tous les styles.
Beatriz Mesquita, par exemple, s’entraîne depuis l’âge de 12 ans avec des légendes comme B.J. Penn et Ronaldo "Jacaré" Souza, qui lui ont inculqué une philosophie simple : "Le combat, c’est comme un jeu d’échecs. Il faut anticiper les coups de l’adversaire avant même qu’il ne les pense." Une approche qui explique sa domination contre Alekseeva.
Quant à Petrino, son uppercut victorieux n’est pas le fruit du hasard : son coach, Wanderlei Silva, insiste sur l’importance de la patience stratégique. "Au Brésil, on apprend à souffrir avant de gagner. C’est ça, la mentalité."
Ces victoires à l’UFC Fight Night 261 ne sont donc pas seulement des performances individuelles, mais le reflet d’une culture MMA profondément enracinée au Brésil. Une culture qui continue de produire des talents capables de briller sur la scène mondiale.

