Une domination sans faille : l'ascension silencieuse de Bia Mesquita
Le 14 septembre dernier, Bia Mesquita a une fois de plus démontré pourquoi elle est considérée comme l'une des combattantes les plus prometteuses de la division des poids-galo (61 kg) de l'UFC. Sans subir de dommages significatifs, la Brésilienne a enchaîné les rounds avec une précision chirurgicale, confirmant son statut de prétendante sérieuse au titre. Mais au-delà de cette performance, c'est sa stratégie à long terme qui intrigue les observateurs.
Dans une interview exclusive accordée à Ag Fight, Mesquita a révélé que son équipe et elle-même visent un rythme soutenu pour 2026. "Je n'ai aucune blessure, aucun coupure. L'objectif, c'est au moins deux ou trois combats cette année", a-t-elle déclaré, avant d'ajouter avec un sourire : "Si une opportunité se présente la semaine prochaine, je suis prête. Physiquement et mentalement." Cette approche proactive contraste avec celle de nombreux combattants qui privilégient des périodes de repos prolongées entre les combats.
Surnommée "The Lady Goat" en référence à sa capacité à dominer ses adversaires comme une chèvre escalade une montagne, Mesquita incarne une nouvelle génération de combattantes qui allient technique, endurance et intelligence tactique. Son parcours jusqu'ici, marqué par des victoires convaincantes, laisse peu de place au doute : elle est en train de se forger un héritage dans l'octogone.
Marcos Parrumpa et l'American Top Team : les architectes d'une carrière maîtrisée
Derrière chaque grande championne se cache une équipe solide, et pour Bia Mesquita, cette équipe est dirigée par Marcos Parrumpa, entraîneur emblématique de l'American Top Team. Ce camp d'entraînement, basé en Floride, est réputé pour avoir formé certains des plus grands noms du MMA, comme Joanna Jędrzejczyk, Dustin Poirier ou encore Amanda Nunes. Parrumpa, connu pour son approche méthodique, a su guider Mesquita avec une précision quasi scientifique.
"Mon équipe a déjà des noms en tête, mais c'est un pas à la fois", a expliqué la combattante. Cette déclaration reflète une philosophie partagée par de nombreux entraîneurs de haut niveau : éviter les raccourcis et privilégier une progression constante. Dans un sport où les blessures et les défaites peuvent briser des carrières, cette prudence est souvent la clé de la longévité.
L'American Top Team joue un rôle crucial dans cette stratégie. Avec des infrastructures de pointe et un vivier de sparring-partners de haut niveau, le camp permet à Mesquita de se préparer dans des conditions optimales. "Je me sens prête à affronter n'importe qui, à n'importe quel moment", a-t-elle affirmé, soulignant la confiance que lui inspire son environnement d'entraînement.
Pourtant, malgré cette assurance, Mesquita reste discrète sur l'identité de ses futures adversaires. Interrogée sur le sujet, elle a préféré jouer la carte du mystère, lançant avec malice : "Il faudra demander à Parrumpa. C'est un secret. Je vous raconterai plus tard." Une réponse qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux, où les fans spéculent déjà sur ses prochains combats.
Le mystère des prochains adversaires : une stratégie de communication bien huilée
Dans un sport où la psychologie joue un rôle aussi important que la technique, Bia Mesquita maîtrise l'art de cultiver le suspense. En refusant de dévoiler ses prochains adversaires, elle entretient une aura de mystère qui ne fait qu'amplifier l'attente autour de ses futurs combats. Cette approche n'est pas nouvelle dans le MMA : des combattants comme Conor McGregor ou Jon Jones ont souvent utilisé cette tactique pour garder leurs adversaires dans l'incertitude et maintenir l'intérêt des médias.
Pourtant, derrière cette façade de légèreté, se cache une stratégie bien réfléchie. En ne s'engageant pas publiquement sur des noms précis, Mesquita et son équipe gardent une flexibilité totale dans leur planification. Cela leur permet de s'adapter aux imprévus – blessures, désistements, ou opportunités de dernière minute – sans perdre de crédibilité.
Les rumeurs, cependant, vont bon train. Parmi les noms les plus souvent cités figurent Maycee Barber, Holly Holm ou encore Irene Aldana, toutes des combattantes établies dans la division des poids-galo. Une potentielle confrontation avec l'une d'entre elles serait un catalyseur majeur pour la carrière de Mesquita, lui offrant une occasion de prouver qu'elle mérite sa place parmi les meilleures.
Mais pour l'instant, la Brésilienne préfère se concentrer sur son évolution personnelle. "Je veux montrer ma meilleure version à chaque combat", a-t-elle déclaré. Une philosophie qui rappelle celle de Khabib Nurmagomedov, qui insistait toujours sur l'importance de s'améliorer constamment plutôt que de se focaliser sur les adversaires.
L'UFC et la course au titre : un marathon, pas un sprint
Dans une organisation où les titres changent souvent de mains, Bia Mesquita adopte une approche méthodique et patiente. "Je veux finir l'année bien classée, pour que l'année prochaine, je puisse me rapprocher de la ceinture", a-t-elle expliqué. Cette déclaration en dit long sur sa maturité : elle comprend que la route vers le titre est un marathon, et non un sprint.
La division des poids-galo de l'UFC est l'une des plus compétitives du sport. Avec des combattantes comme Amanda Nunes (avant sa retraite), Julianna Peña ou Valentina Shevchenko, le niveau est extrêmement élevé. Pour s'imposer, Mesquita devra non seulement maintenir son rythme de combats, mais aussi diversifier son arsenal technique. Ses victoires récentes ont montré une combattante complète, capable de dominer aussi bien en striking qu'en grappling, mais face à des adversaires de haut niveau, chaque détail compte.
Un autre défi pour Mesquita sera de gérer la pression médiatique. À mesure qu'elle grimpera dans le classement, les attentes autour d'elle augmenteront. Les médias et les fans commenceront à la considérer comme une future championne, ce qui peut parfois peser sur les épaules des athlètes. Pourtant, si son interview est une indication, elle semble prête à affronter cette pression avec sérénité.
Son objectif ultime ? Devenir la première Brésilienne à remporter la ceinture des poids-galo de l'UFC. Un exploit qui placerait son nom aux côtés de légendes comme Cristiane "Cyborg" Justino ou Amanda Nunes. Mais pour y parvenir, elle devra continuer à progresser, combat après combat, sans jamais perdre de vue son plan à long terme.
Les coulisses d'une championne : entre discipline et passion
Derrière les projecteurs de l'octogone, Bia Mesquita mène une vie marquée par la discipline et la rigueur. Originaire de Rio de Janeiro, elle a découvert le MMA à l'adolescence, inspirée par les combats de Vitor Belfort et Anderson Silva. Contrairement à de nombreux combattants qui viennent du jiu-jitsu brésilien ou de la lutte, Mesquita a commencé par le muay-thaï, ce qui explique son style de combat agressif et son striking puissant.
Son parcours n'a pas été sans obstacles. Comme beaucoup de combattantes, elle a dû faire face à des préjugés sexistes dans un sport encore largement dominé par les hommes. "Au début, on me disait que le MMA n'était pas pour les femmes, que je devrais plutôt faire du fitness", a-t-elle confié dans une interview précédente. Pourtant, elle a persévéré, prouvant à chaque combat que les femmes ont leur place dans l'octogone.
Aujourd'hui, elle est devenue une source d'inspiration pour de nombreuses jeunes Brésiliennes qui rêvent de suivre ses traces. Son histoire rappelle celle de Ronda Rousey, qui a ouvert la voie aux femmes dans l'UFC. Mais contrairement à Rousey, Mesquita mise davantage sur une progression progressive plutôt que sur une domination immédiate.
En dehors du cage, Mesquita est une personne discrète, qui préfère passer du temps avec sa famille et ses amis plutôt que de se livrer aux excès des médias sociaux. "Je ne suis pas une influenceuse, je suis une combattante", a-t-elle déclaré un jour, résumant ainsi sa philosophie de vie. Cette humilité, combinée à son talent indéniable, en fait une figure respectée dans le monde du MMA.
Bia Mesquita est en train d'écrire l'une des plus belles pages du MMA féminin brésilien. Avec une stratégie claire, une équipe solide et une détermination sans faille, elle se rapproche chaque jour un peu plus de son rêve : devenir championne des poids-galo de l'UFC. Mais au-delà des titres et des victoires, c'est son approche méthodique et son refus de brûler les étapes qui pourraient bien faire d'elle une légende du sport.
Son prochain combat sera un test crucial. Face à une adversaire de haut niveau, elle devra prouver qu'elle peut maintenir son rythme et continuer à progresser. Si elle y parvient, 2026 pourrait bien être l'année où "The Lady Goat" entre définitivement dans l'histoire du MMA.
Une chose est sûre : avec Bia Mesquita, l'UFC tient l'une de ses futures stars. Et si son parcours jusqu'ici est une indication, le meilleur est encore à venir.

