Un forfait qui tombe au pire moment pour Oban Elliott
La malchance s’acharne sur Oban Elliott. Alors que le combattant gallois de 27 ans s’apprêtait à faire son retour dans l’Octogone ce samedi 22 février 2025 à Perth, une maladie non spécifiée l’a contraint à déclarer forfait, comme l’a annoncé l’UFC via ses canaux officiels. Un coup dur pour Elliott, qui comptait bien tourner la page après sa première défaite sous la bannière UFC, subie face au Coréen SeokHyeon Ko par décision unanime en juin 2024.
Ce forfait intervient à un moment charnière de sa carrière. Après un début d’année 2024 tonitruant – marqué par un KO au troisième round contre Bassil Hafez lors de l’UFC Fight Night 236 –, Elliott avait enchaîné deux autres victoires en 2023, dont un soumission express face à Preston Parsons. Une série qui lui avait valu une place parmi les espoirs européens les plus prometteurs des poids mi-moyens. "C’était l’occasion idéale pour montrer qu’il pouvait rebondir après sa défaite contre Ko. Maintenant, il va devoir attendre, et dans ce sport, l’attente peut coûter cher"*, analyse Marc Godfrey, journaliste spécialisé en MMA pour MMA Fighting.
La question se pose désormais : quand Elliott remettra-t-il les gants ? L’UFC n’a pour l’instant pas communiqué sur une éventuelle reprogrammation du combat. Une incertitude qui pourrait peser sur sa préparation mentale, d’autant que les poids mi-moyens sont l’une des catégories les plus compétitives de l’UFC, avec des combattants comme Ian Machado Garry ou Jack Della Maddalena en pleine ascension.
"L’Australien maudit" : Jonathan Micallef privé de son public
Si le forfait d’Elliott est une déception pour le Gallois, il l’est tout autant pour son adversaire prévu, Jonathan Micallef. Le combattant australien de 26 ans (8-1) devait profiter de l’avantage du public de Perth pour confirmer son entrée réussie dans l’UFC, après une victoire aux points face à Kevin Jousset lors de l’UFC 312 en décembre 2024. Un succès qui lui avait ouvert les portes de l’élite, mais qui reste à consolider.
Micallef, connu pour son grappling agressif et sa capacité à dominer ses adversaires au sol, voyait en Elliott un adversaire de choix pour prouver sa polyvalence. "Jonathan a un style qui pourrait poser problème à beaucoup de mi-moyens. Contre Elliott, il avait l’occasion de montrer qu’il pouvait aussi gérer un striker dangereux. Maintenant, il va falloir qu’il reste concentré et prêt pour la prochaine opportunité"*, explique Damien Riccio, son entraîneur à Australian Top Team.
Comme pour Elliott, l’UFC n’a pas encore annoncé de nouveau combat pour Micallef. Une situation frustrante pour le jeune Australien, qui risque de voir son élan stoppé net dans une division où chaque combat compte double. "Dans le MMA, quand tu commences à gagner, tu dois enchaîner. Une pause forcée comme ça, c’est toujours difficile à gérer mentalement"*, confie un proche de son équipe.
Derrière les coulisses : quand la maladie s’invite dans la préparation
Si les détails sur la maladie d’Oban Elliott restent flous, les forfaits liés à des problèmes de santé ne sont pas rares dans le MMA. En 2023, pas moins de 15% des annulations dans les grandes organisations (UFC, PFL, ONE) étaient dues à des maladies ou blessures non liées à l’entraînement, selon une étude de MMA Analytics. "Les combattants sont des athlètes de haut niveau, mais leur système immunitaire est souvent mis à rude épreuve par les coupes de poids et le stress des camps d’entraînement"*, explique le Dr. Paul Bloom, médecin spécialisé dans les sports de combat.
Pour Elliott, ce contretemps rappelle celui de 2022, lorsqu’une blessure au genou l’avait tenu éloigné des cages pendant près de 6 mois. Une période durant laquelle il avait dû revoir entièrement sa préparation physique, comme il l’avait confié dans une interview à BT Sport : "Tu te sens invincible jusqu’à ce que ton corps te rappelle que tu ne l’es pas. Après cette blessure, j’ai appris à mieux écouter les signaux."* Une leçon qui pourrait lui être utile aujourd’hui, même si l’absence de date de retour rend la situation plus compliquée.
Du côté de son camp, Team Titan (basé à Cardiff, Pays de Galles), on reste discret. "Oban est déçu, bien sûr, mais il sait que c’est partie intégrante du jeu. On se concentre sur sa récupération et on attend les directives de l’UFC pour la suite"*, a simplement déclaré son manager, Rhys Davies, sans donner plus de détails sur l’état de santé du combattant.
UFC Perth : une carte préservée, mais sous tension
Malgré l’annulation du combat Elliott vs. Micallef, l’UFC Perth maintient son affiche principale avec un choc des styles entre Carlos Ulberg (8-1) et Dominick Reyes (12-4). Le Néo-Zélandais, spécialiste des KO spectaculaires (7 de ses 8 victoires se sont terminées avant la limite), affronte l’Américain, ancien challenger pour le titre des poids mi-lourds, en quête de relance après deux défaites consécutives face à Jiri Prochazka et Ryan Spann.
Le reste de la carte, désormais réduite à 13 combats, conserve ses duels phares :
- Jamie Mullarkey (19-6) vs. Mike Davis (10-3) : un affrontement explosif entre deux poids légers en quête de reconnaissance.
- Tyson Pedro (9-4) vs. Modestas Bukauskas (13-5) : un combat de poids mi-lourds entre un vétéran australien et un Lituanien en pleine forme.
- Josh Culibao (10-2) vs. Jack Jenkins (10-2) : un duel de plumes australiens pour une place dans le top 15.
Si les forfaits sont monnaie courante dans le MMA, celui d’Elliott rappelle que la santé des athlètes reste un enjeu majeur, surtout dans un sport où les fenêtres de tir pour percer sont souvent étroites. Pour Jonathan Micallef, l’attente continue. Pour Oban Elliott, c’est un nouveau test de résilience dans une carrière déjà marquée par des hauts et des bas. Une chose est sûre : quand ils remettra enfin les gants, l’enjeu n’en sera que plus grand.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour Elliott et Micallef
Plusieurs options s’offrent à l’UFC pour gérer ce contretemps :
- Reprogrammer le combat : La solution la plus logique, mais qui dépendra de la durée de la convalescence d’Elliott et des disponibilités de Micallef.
- Trouver un nouvel adversaire pour Micallef : L’Australien pourrait être redirigé vers un autre combattant du ranking, comme Randy Brown ou Muslim Salikhov, mais avec un préavis court.
- Donner un combat "tuning" à Elliott : Si sa récupération prend plus de temps, l’UFC pourrait lui proposer un adversaire moins coté pour un retour en douceur.
Du côté des bookmakers, les cotes avaient légèrement favorisé Elliott (1.75) face à Micallef (2.10), reflétant son expérience supérieure. Une tendance qui pourrait se confirmer si le combat est reprogrammé, à moins que Micallef ne profite de ce temps supplémentaire pour peaufiner son jeu.
Le forfait d’Oban Elliott à l’UFC Perth rappelle cruellement que dans le MMA, même les plans les mieux huilés peuvent être bouleversés en un instant. Pour le Gallois, c’est une nouvelle épreuve à surmonter après une défaite difficile face à SeokHyeon Ko. Pour Jonathan Micallef, c’est l’opportunité manquée de confirmer son statut de révélation australienne.
Pendant ce temps, la carte de Perth reste attractive avec des affrontements comme Ulberg vs. Reyes ou Mullarkey vs. Davis, preuve que l’UFC sait rebondir face aux imprévus. Une chose est sûre : quand Elliott et Micallef remettra enfin les gants, leurs parcours respectifs auront pris une tournure inattendue, et la pression n’en sera que plus intense.

