Un combat qui a exaspéré Dana White : "On ne gagne pas comme ça !"
L’UFC 321 restera dans les mémoires pour bien des raisons, mais pas forcément pour les bonnes. Parmi les moments qui ont marqué les esprits, la performance de Jailton Almeida – surnommé Malhadinho – face à Alexander Volkov a suscité une vague de critiques, notamment de la part du président de l’UFC, Dana White. Habituellement mesuré dans ses commentaires post-combat, ce dernier a cette fois-ci laissé exploser sa frustration lors de la conférence de presse, n’hésitant pas à qualifier la stratégie du Brésilien de… "désastreuse".
Pourtant, sur le papier, tout semblait jouer en faveur de Malhadinho. Spécialiste de la lutte, le Brésilien avait toutes les cartes en main pour dominer Volkov au sol, comme il l’avait fait à maintes reprises par le passé. Mais voilà : si les prises de contrôle ont bien été au rendez-vous (avec pas moins de 5 projections réussies en 3 rounds), l’exploitation de ces positions a cruellement manqué. Dana White n’a pas manqué de le souligner, lancinant :
"Vous ne pouvez pas gagner un combat en restant simplement allongé sur votre adversaire. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Les juges ont vu la même chose que moi : Volkov a fait plus pour gagner, même s’il était souvent dos au tapis."
Un constat sans appel, qui résume à lui seul la déception générale. Car oui, Malhadinho a contrôlé son adversaire… mais sans jamais vraiment le menacer. Pas de soumissions tentées, peu de coups significatifs depuis le sol, et une passivité qui a fini par agacer jusqu’aux commentateurs en direct.
Pire encore : cette approche a démobilisé les juges. Malgré des statistiques de contrôle au sol écrasantes (plus de 8 minutes sur les 15 du combat), Alexander Volkov a été déclaré vainqueur à l’unanimité (29-28, 29-28, 30-27). Une décision qui, si elle a surpris certains fans, a été validée sans réserve par Dana White :
"Les scores reflètent ce qui s’est passé dans la cage. Volkov a été plus actif, plus dangereux. Malhadinho a eu ses moments, mais il n’a pas su les transformer en avantage réel."
Le titre des poids lourds s’éloigne : un recul stratégique coûteux
Avant l’UFC 321, Jailton Almeida occupait la 5ᵉ place du classement des poids lourds, avec des ambitions claires : se frayer un chemin vers le titre en battant Volkov, alors 7ᵉ. Une victoire aurait pu le propulser à la 2ᵉ place, juste derrière le champion Jon Jones, avec une possible chance de combattre pour la ceinture en 2025. Mais c’était sans compter sur cette performance en demi-teinte, qui a tout bonnement torpillé ses plans.
Dana White a été clair : avec une telle prestation, Malhadinho ne peut pas prétendre à un combat pour le titre. "On ne donne pas de chance pour la ceinture à quelqu’un qui ne montre pas qu’il veut vraiment gagner", a-t-il asséné. Un coup dur pour le Brésilien, d’autant que la division des poids lourds est en pleine ébullition :
- Le vainqueur entre Tom Aspinall et Ciryl Gane (prévu pour l’UFC 322) devrait hériter d’un combat pour le titre.
- Sergei Pavlovich et Curtis Blaydes sont également dans la course, avec des styles bien plus agressifs que celui montré par Malhadinho.
- Sans oublier Jon Jones, qui observe tout cela depuis les hauteurs du classement, prêt à défendre sa ceinture contre le premier prétendant convaincant.
Dans ce contexte, Malhadinho se retrouve relégué au-delà du Top 5, avec un urgent besoin de se réinventer. Car si son palmarès (19 victoires pour 3 défaites) reste solide, c’est bien sa crédibilité qui a pris un coup. Comme le résume un analyste de MMA Junkie : "Il a montré qu’il pouvait dominer physiquement, mais pas qu’il méritait un titre. Ça, c’est un problème."
Derrière les coulisses : pourquoi Malhadinho a-t-il "joué petit" ?
La question qui turlupine les fans depuis l’UFC 321 est simple : pourquoi un lutteur aussi dominant que Malhadinho a-t-il adopté une stratégie aussi passive ? Plusieurs pistes émergent, entre choix tactique et pression psychologique.
D’abord, il y a l’usure des combats précédents. Malhadinho enchaîne les affrontements contre des adversaires de haut niveau (comme Derrick Lewis ou Shamil Abdurakhimov), et certains observateurs estiment qu’il a peut-être trop calculé pour éviter de se mettre en danger. "Il a peur de se faire contrer, alors il préfère contrôler sans prendre de risques", analyse un coach brésilien sous couvert d’anonymat.
Ensuite, il y a la préparation mentale. Volkov, avec son allonge et son expérience, représente un défi particulier. Certains proches de Malhadinho confirment qu’il a trop respecté son adversaire, au point de ne pas oser forcer son jeu. "Il voulait gagner, mais pas à tout prix. Résultat : il a perdu les deux."
Enfin, il y a la stratégie d’équipe. Son coach, Henrique "Franja" Machado, est connu pour privilégier la prudence. Une approche qui a fonctionné par le passé, mais qui cette fois-ci a backfiré spectaculairement. "Parfois, il faut savoir adapter son plan. Là, ils ont cru que le contrôle suffirait. Grosse erreur.", commente un ancien combattant de l’UFC.
Un détail révélateur ? Lors des entraînements, Malhadinho avait pourtant travaillé des soumissions depuis le sol. Mais le jour J, aucune tentative sérieuse n’a été lancée. Dana White n’a pas manqué de le relever : "S’il avait essayé ne serait-ce qu’une clé de bras, le combat aurait pu basculer. Mais non. Rien."
Et maintenant ? Les options (limitées) de Malhadinho
Après une telle claque – à la fois sportive et médiatique –, Jailton Almeida n’a pas le choix : il doit rebondir vite et fort. Mais les options ne sont pas légion, surtout dans une division aussi compétitive que celle des poids lourds.
Option 1 : Un combat de "réhabilitation" contre un adversaire moins coté (comme Marcos Rogério de Lima ou Don’Tale Mayes), pour retrouver confiance et rythme. Risqué, car une nouvelle contre-performance serait catastrophique.
Option 2 : Affronter un Top 10 en reconstruction, comme Tai Tuivasa ou Jairzinho Rozenstruik. Un pari dangereux, mais qui pourrait relancer sa crédibilité s’il l’emporte de manière convaincante.
Option 3 : Changer radicalement de style. Malhadinho a le niveau pour dominer au sol, mais il doit devenir plus offensif. Travailler avec un nouveau coach spécialisé dans les finitions (comme John Danaher pour le jiu-jitsu) pourrait être une piste.
Quoi qu’il choisisse, une chose est sûre : Dana White sera aux aguets. "Il a le talent, mais il doit prouver qu’il a la mentalité d’un champion. Sinon, il restera un 'presque'", a-t-il prévenu. Un avertissement sans équivoque.
Du côté des fans, les réactions sont partagées. Certains défendent Malhadinho, estimant que les juges ont surévalué l’activité de Volkov. D’autres, plus critiques, voient dans cette performance un manque de combativité inacceptable pour un prétendant au titre. Une chose est sûre : ce combat a divisé, et son issue pourrait bien redéfinir le futur de Malhadinho dans l’octogone.

