Un "no contest" qui fait grincer des dents : le choc Aspinall vs. Gane tourne au cauchemar
Le 17 février 2024, à Abu Dhabi, l'UFC 321 promettait un choc des titans entre Tom Aspinall, le redoutable Britannique aux 13 victoires en 14 combats, et Ciryl Gane, l'ancien champion intérimaire des lourds, connu pour son style technique et élégant. Pourtant, ce qui devait être un duel pour la domination de la division s'est transformé en l'un des moments les plus controversés de l'année. À la 1ère reprise, un double coup de doigt accidentel de Gane a atteint Aspinall en plein visage, provoquant une blessure oculaire immédiate. Incapable de poursuivre, le combat a été arrêté, et le verdict tombait : "no contest".
Pour les spectateurs présents dans la Yas Island Arena, comme pour les millions de fans devant leurs écrans, la déception était palpable. Dana White, visiblement frustré en conférence de presse, n'a pas caché son mécontentement : "C'est la pire façon de terminer un combat. Les gars voulaient en découdre, et boom... un truc pareil arrive. C'est la merde." Pourtant, malgré la colère du moment, le président de l'UFC a rapidement annoncé sa volonté de donner une seconde chance à ce matchup.
"Il dominait, mais est-ce que c'était fini ?" : la polémique sur l'arrêt du combat
La décision de l'arbitre Marc Goddard d'arrêter le combat a immédiatement enflammé les réseaux sociaux. Deux camps se sont formés :
- Les pro-Gane : Pour eux, l'ancien champion intérimaire était en train de démonter Aspinall debout, avec des coups de pied bas répétés et des enchaînements de boxe précis. Certains, comme l'analyste Daniel Cormier, estiment que Gane aurait fini par l'emporter : "Tom était en difficulté. Ciryl avait le rythme, la distance, et la technique pour gagner ce combat sur la durée."
- Les pro-Aspinall : À l'inverse, des figures comme Michael Bisping ont défendu le Britannique, soulignant que les coups de doigt ne font pas partie du jeu : "Si tu ne peux plus voir, tu ne peux pas te défendre. C'est aussi simple que ça. Ce n'est pas une question de mental, c'est une question de sécurité." Aspinall lui-même a décrit une "douleur insoutenable", comparant la sensation à "avoir du sable dans les yeux, mais en pire".
Le débat s'est même étendu aux règles du MMA : faut-il considérer un coup de doigt accidentel comme une faute grave entraînant une disqualification, ou simplement un accident de parcours ? Pour l'instant, la Commission Athlétique d'Abu Dhabi a maintenu le verdict de "no contest", mais la discussion reste ouverte.
Derrière les gants : quand Gane et Aspinall se retrouvent dans le même vestiaire
Ce que peu de gens savent, c'est que dans les minutes suivant l'arrêt du combat, une scène inattendue s'est produite. Alors que les deux combattants étaient encore sous le choc, Gane aurait frappé à la porte des vestiaires d'Aspinall pour s'excuser en personne. Un geste rare dans un sport où les rivalités sont souvent exacerbées. "Je ne l'ai pas fait exprès, Tom. Je suis désolé, frère," aurait-il déclaré, selon des témoins présents. Aspinall, malgré la douleur, aurait répondu : "Je sais, mec. C'est la guerre. On se reverra."
Cette anecdote, révélée par une source proche de l'UFC, montre un respect mutuel qui dépasse la polémique. Elle explique aussi pourquoi les deux hommes semblent déterminés à en découdre à nouveau. Pour Gane, il s'agit de prouver que sa domination initiale n'était pas un hasard ; pour Aspinall, c'est une question d'honneur et de rédemption, après une défaite technique contre Curtis Blaydes en 2022 (due à une blessure au genou) et ce "no contest" frustrant.
La division lourde en ébullition : pourquoi ce rematch est crucial
Au-delà de la revanche personnelle, ce combat a des enjeux majeurs pour la division des lourds. Depuis que Jon Jones a annoncé son intention de monter en poids mi-lourds, le titre des lourds est plus disputé que jamais. Voici pourquoi ce rematch pourrait tout changer :
- Un vainqueur clair émergerait : Contrairement au "no contest", un résultat définitif permettrait de clarifier la hiérarchie, avec un prétendant crédible pour affronter le champion en titre, Stipe Miocic (si ce dernier revient) ou un éventuel nouveau venu.
- Gane pourrait retrouver sa place de N°1 : Après sa défaite face à Jones à l'UFC 285, "Bon Gamin" a besoin d'une victoire éclatante pour se relancer dans la course au titre.
- Aspinall, le "killer" britannique : Avec 11 victoires par KO/TKO, il incarne l'avenir de la division. Un succès contre Gane le propulserait parmi les 3 meilleurs lourds du monde.
Sans oublier l'aspect financier : un combat entre deux stars européennes (Gane est Français, Aspinall Britannique) attiserait l'intérêt du marché européen, où l'UFC cherche à se développer. Dana White l'a d'ailleurs confirmé : "Ce combat, c'est de l'or en barres. Les fans veulent le voir, les bookmakers adorent ça, et moi aussi. Dès que Tom est prêt, on le fait."
Quand la science entre en jeu : comprendre l'impact d'un coup de doigt dans l'œil
Pour mieux saisir pourquoi Aspinall n'a pas pu continuer, plongeons dans les conséquences médicales d'un tel coup. Selon le Dr. Jeffrey Davidson, ophtalmologiste spécialisé dans les sports de combat, un impact direct sur le globe oculaire peut provoquer :
- Une abrasion cornéenne : une éraflure de la surface de l'œil, causant une douleur intense et une sensibilité à la lumière.
- Un œdème palpébral : un gonflement de la paupière qui peut réduire le champ de vision de manière significative.
- Une hémorragie sous-conjonctivale : une accumulation de sang dans le blanc de l'œil, sans danger mais très invalidante visuellement.
Dans le cas d'Aspinall, les images montrent une rougeur immédiate et un clignement compulsif – des signes clairs d'une atteinte cornéenne. "Avec ce type de blessure, un combattant perd en moyenne 30 à 40% de sa capacité visuelle pendant plusieurs minutes, voire heures," explique le Dr. Davidson. Repartir au combat dans ces conditions aurait été extrêmement dangereux, surtout face à un strikeur du calibre de Gane.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour le rematch
Si Dana White est déterminé, plusieurs questions restent en suspens :
- Quand Aspinall sera-t-il rétabli ? Selon son équipe, il devrait reprendre l'entraînement complet d'ici 6 à 8 semaines, mais les combats de haut niveau demandent une préparation bien plus longue.
- Où aura lieu le combat ? Londres (pour Aspinall) ou Paris (pour Gane) sont des candidates sérieuses, mais Las Vegas reste la favorite pour maximiser les revenus.
- Quel format ? Un combat en 5 rounds serait idéal pour éviter toute nouvelle controverse, mais l'UFC pourrait opter pour 3 rounds si le titre n'est pas en jeu.
Une chose est sûre : les bookmakers ont déjà réagi. Chez Bet365, Gane est donné léger favori (1.75 contre 2.10 pour Aspinall), mais les cotes pourraient évoluer en fonction des performances à venir. "Si Tom montre qu'il a surmonté ses problèmes de genou ET d'œil, les parieurs pourraient le voir différemment," analyse Dave Meltzer, du MMA Fighting.
Une chose est certaine : quand ces deux-là remonteront dans l'octogone, personne ne voudra rater ça.

