2025 : l'année où tout a basculé pour Pacheco
Octobre 2024. Le PFL vibre sous les coups de Cristiane "Cyborg" Justino, qui inflige à Larissa Pacheco sa première défaite depuis... 2018. Un revers qui, rétrospectivement, sonne comme le début de la fin. Six mois plus tard, en mars 2025, la nouvelle tombe : Pacheco quitte le PFL. Pas de conférence de presse, pas d'explication détaillée. Juste un message sur les réseaux sociaux, aussi sobre qu'énigmatique : *"Certaines raisons seront révélées bientôt. J’ai fait tout ce qui était demandé de moi."*
Pour les fans, c'est un choc. Comment une athlète au sommet de son art, double championne en titre (poids léger en 2022, poids plume en 2023), peut-elle disparaître du jour au lendemain ? Les rumeurs vont bon train : désaccord financier ? Conflit avec la direction ? Une clause contractuelle méconnue ? Le PFL, contacté par plusieurs médias, reste muet. Peter Murray, PDG de l'organisation, se contente d'un *"Nous souhaitons le meilleur à Larissa pour la suite"* qui sonne comme une porte fermée à double tour.
"J’ai donné tout ce que j’avais" : le message cryptique qui intrigue
Dans une story Instagram effacée au bout de 24 heures, Pacheco a laissé échapper un détail troublant : *"Parfois, on vous demande des choses qui vont au-delà du sport. J’ai donné tout ce que j’avais, même quand c’était difficile."* Des propos qui ont immédiatement fait réagir la communauté MMA. Chael Sonnen, commentateur et ancien combattant, n’a pas mordu sa langue : *"Quand une athlète de ce niveau parle comme ça, c’est rarement une histoire de performance. Il y a autre chose."*
Certains évoquent les exigences médiatiques croissantes du PFL, notamment depuis son partenariat avec ESPN en 2023. D’autres pointent du doigt les contrats à long terme que l’organisation impose à ses champions, avec des clauses de exclusivité strictes. Kayla Harrison, ancienne star du PFL partie en 2022, avait elle aussi quitté la ligue dans des circonstances floues avant de rebondir à l’UFC. Un parallèle qui ne rassure pas les supporters de Pacheco.
"Larissa n’est pas du genre à abandonner sans raison. Si elle part, c’est que quelque chose ne tournait pas rond." — Un entraîneur proche de Pacheco (sous couvert d’anonymat)
2018-2024 : l'ère Pacheco, ou comment dominer le PFL
Remontons le temps. Quand Larissa Pacheco signe au PFL en 2018, peu imaginent qu’elle deviendra la figure féminine de l’organisation. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 10 victoires consécutives entre 2019 et 2024 (dont 6 par KO/TKO)
- Double championne : ceinture poids léger en 2022 (victoire face à Olena Kolesnyk), ceinture poids plume en 2023 (victoire face à Amber Leibrock)
- Seule défaite : contre Cristiane Justino en octobre 2024 (décision unanime après 5 rounds)
- Prime de performance à 6 reprises pour ses fins de combat spectaculaires
Son style ? Un mélange explosif de muay thaï agressif et de jiu-jitsu brésilien technique, le tout porté par une condition physique à toute épreuve. *"Elle a la capacité de dominer un combat debout comme au sol. C’est ce qui la rend si dangereuse"*, analysait Daniel Cormier après sa victoire en 2023.
Pourtant, malgré ce palmarès, Pacheco a toujours été sous-estimée en dehors du PFL. *"On m’a souvent dit que je n’étais pas assez médiatique, ou que mes combats n’étaient pas assez ‘vendeurs’"*, confiait-elle en 2022. Une frustration qui pourrait expliquer, en partie, son départ.
Après le PFL : quelles options pour Pacheco ?
À 29 ans, avec un record de 21 victoires pour 5 défaites, Larissa Pacheco a encore de belles années devant elle. Mais dans un paysage MMA où les divisions féminines au-delà de 61 kg (poids coq) sont rares, les opportunités se comptent sur les doigts d’une main.
Option 1 : l’UFC
La solution la plus évidente... mais pas la plus simple. L’UFC possède une division poids plume féminin (jusqu’à 66 kg), mais elle est dominée par Amanda Nunes (retraitée en 2023) et maintenant par Cristiane Justino. *"Le match revanche contre Cyborg serait un méga-fight, mais est-ce que l’UFC va prendre le risque ?"*, s’interroge Laura Sanko, commentatrice pour ESPN. Sans compter que Pacheco a déjà perdu face à Justino...
Option 2 : le ONE Championship
Le ONE développe lentement ses divisions féminines, avec des stars comme Stamp Fairtex ou Angela Lee. Mais la compétition en poids plume y est quasi inexistante. *"Ils pourraient créer une division pour elle, mais ce serait un pari coûteux"*, estime John Hyden, journaliste pour MMA Fighting.
Option 3 : le Bellator ou l’ACB
Le Bellator a une division poids plume, mais elle est en sommeil depuis le départ de Julia Budd en 2021. Quant à l’ACB (ou Eagle FC), il pourrait être une porte de sortie, mais avec une visibilité bien moindre.
Option 4 : la retraite ?
*"Je ne me vois pas arrêter maintenant"*, déclarait Pacheco en décembre 2024. Pourtant, sans organisation majeure pour l’accueillir, la tentation pourrait être grande. *"Elle a gagné assez d’argent pour vivre confortablement. Peut-être qu’elle va prendre une année sabbatique et revenir plus forte"*, spécule un manager sous couvert d’anonymat.
Ce que son départ révèle sur le PFL
Au-delà du cas Pacheco, cette affaire soulève des questions sur la gestion des athlètes au PFL. Depuis sa création en 2018, l’organisation se targue d’être *"la ligue la plus innovante du MMA"*, avec son format de saison régulière et ses playoffs. Mais derrière les belles promesses, certains combattants dénoncent un manque de transparence et des contrats déséquilibrés.
*"Le PFL a un problème : il veut être aussi prestigieux que l’UFC, mais sans offrir les mêmes garanties aux athlètes"*, critique Luke Thomas, journaliste pour SB Nation. Le cas Pacheco n’est pas isolé :
- Kayla Harrison (2022) : départ après des désaccords sur son contrat
- Rory MacDonald (2021) : conflits autour de sa participation aux playoffs
- Nate Diaz (2023) : a quitté après une seule saison, critiquant le "manque de professionnalisme"
*"Le PFL est une superbe vitrine, mais une mauvaise maison sur le long terme"*, résume un agent qui a travaillé avec plusieurs combattants de la ligue. Avec le départ de Pacheco, c’est un nouveau coup dur pour la crédibilité de l’organisation.
"Le chapitre PFL est fermé" : et maintenant ?
Dans une interview accordée à Combate (Brésil) le 15 mars 2025, Pacheco a laissé entendre qu’elle prendrait *"le temps de réfléchir à ce qui compte vraiment"*. *"Je ne veux pas juste combattre pour combattre. Je veux que chaque combat ait un sens, pour moi et pour les fans."*
Certains voient dans ses propos une porte ouverte pour un retour... mais où ? *"Si l’UFC lui propose un combat contre Cyborg 2 avec une belle prime, elle signera demain"*, prédit Chael Sonnen. D’autres, plus pessimistes, craignent qu’elle ne devienne *"une star sans ligue"*, comme Ben Askren après son départ du ONE.
Une chose est sûre : le MMA féminin vient de perdre l’une de ses reines. Et le PFL, lui, a perdu bien plus qu’une combattante. Il a perdu un symbole.

