2015-2024 : Le parcours sinueux d’une guerrière
Quand Larissa Pacheco fait ses premiers pas au UFC en 2014, à seulement 20 ans, elle incarne l’espoir du MMA féminin brésilien. Pourtant, malgré un physique impressionnant et une agressivité remarquable, les résultats ne suivent pas : 1 victoire pour 2 défaites en trois combats, puis un licenciement en 2015. « J’étais jeune, immature, et je ne gérais pas bien la pression », confiera-t-elle plus tard. Le UFC, impitoyable, la renvoie vers les organisations régionales.
Mais Pacheco n’est pas du genre à abandonner. Elle rebondit en Invicta FC, puis surtout en PFL (Professional Fighters League), où elle va écrire une partie de l’histoire. En 2022, après une saison dominante, elle devient championne des poids légers – un titre qu’elle défend avec brio. Son style, plus complet, allie désormais une boxe précise à un jiu-jitsu brésilien redoutable. « J’ai appris à me battre avec la tête, pas seulement avec le cœur », explique-t-elle.
Pourtant, malgré ce palmarès, un obstacle persiste : la catégorie de poids. Pacheco a toujours évolué entre 66 kg et 70 kg, mais le UFC, lui, cherche des athlètes pour les 61 kg (poids coqs) ou 57 kg (poids pailles). Une descente qu’elle a tentée par le passé… avec des résultats mitigés. « Avant, je perdais du poids de manière stupide. Aujourd’hui, j’ai une équipe nutritionniste et je le fais intelligemment », assure-t-elle.
"Dana, je suis prête" : L’appel qui pourrait tout changer
Le 17 mai 2024, Larissa Pacheco passe à l’offensive. Via les réseaux sociaux, elle s’adresse directement à Dana White, le président du UFC : « Dana, je suis là. Je veux montrer une version différente de moi-même. Je suis plus mature, plus forte, et je peux battre les meilleures. Donne-moi une chance. »
Un coup de poker ? Pas vraiment. Pacheco sait que le timing est parfait :
- Le UFC cherche à renforcer sa division féminine, notamment après les départs de stars comme Valentina Shevchenko.
- Son rivalité avec Kayla Harrison (actuelle n°3 des poids coqs) est un argument marketing de poids.
- Son travail avec Amanda Nunes (ancienne double championne) lui donne une crédibilité instantanée.
Mais le plus surprenant ? Dana White a déjà réagi. Interrogé par MMA Junkie, il a déclaré : « Larissa ? Elle a fait du bon boulot en PFL. On verra. » Une réponse ambiguë, mais qui laisse la porte entrouverte. « Je prends ça comme un bon signe », confie Pacheco, visiblement optimiste.
L’alliance secrète avec Amanda Nunes : Un coup de maître ?
Depuis 2023, Larissa Pacheco s’entraîne régulièrement avec Amanda Nunes, considérée comme la meilleure combattante de l’histoire du MMA féminin. Une collaboration qui va bien au-delà des sparrings : « Amanda m’a appris à gérer la pression, à analyser mes adversaires, et surtout, à croire en moi », révèle Pacheco.
Pour Nunes, cette alliance est aussi stratégique. En aidant Pacheco à préparer son éventuel retour, elle renforce son propre héritage – celui d’une championne qui forme la prochaine génération. « Larissa a tout pour réussir. Elle a juste besoin d’une opportunité », a-t-elle déclaré à ESPN Brasil.
Mais attention : cette relation a aussi un côté politique. Nunes, très proche de Dana White, pourrait directement plaider la cause de Pacheco en coulisses. « Si Amanda dit à Dana que je suis prête, il écoutera », estime la Brésilienne. Un atout majeur dans un sport où les relations comptent autant que les performances.
Kayla Harrison, la nemesis qui pourrait lui ouvrir les portes du UFC
Impossible d’évoquer Larissa Pacheco sans parler de Kayla Harrison. Les deux femmes se sont affrontées trois fois en PFL (2021-2022), dans ce qui est devenu l’une des plus grandes rivalités du MMA féminin :
- PFL 2021 #3 : Victoire de Harrison par soumission (étranglement arrière).
- PFL 2021 #10 : Pacheco prend sa revanche par KO technique au 1er round !
- PFL 2022 #10 : Harrison l’emporte aux points dans un combat ultra-serré.
Aujourd’hui, Harrison est n°3 des poids coqs du UFC, et Pacheco rêve d’un quatrième round – mais cette fois, sous la bannière du UFC. « Ce serait parfait pour le UFC : une trilogie équilibrée, avec une fin à écrire. Les fans adoreraient ça », imagine-t-elle.
Et les chiffres lui donnent raison : leurs combats en PFL ont battu des records d’audience, avec des pics à plus d’1 million de téléspectateurs. Un argument imparable pour convaincre Dana White, obsédé par les PPV (pay-per-view) rentables.
Le défi des 61 kg : L’ultime test avant le UFC
Reste le plus grand obstacle : la descente à 61 kg. Pacheco, naturellement plus grande et plus lourde que la moyenne des poids coqs, devra prouver qu’elle peut le faire sans sacrifier ses performances.
« Avant, je perdais 10 kg en une semaine. Résultat : j’étais épuisée le jour du combat », admet-elle. Aujourd’hui, son approche est radicalement différente :
- Un suivi nutritionnel 24/7 avec des experts brésiliens.
- Une descente progressive sur 8 semaines, sans déshydratation extrême.
- Des tests sanguins réguliers pour éviter les carences.
Pour vérifier sa capacité à tenir ce poids, elle a même accepté un combat test en juin 2024 contre une adversaire de haut niveau (nom non dévoilé). « Si je gère bien ce combat à 61 kg, Dana n’aura plus d’excuses pour ne pas me signer », lance-t-elle, confiante.
Et si le UFC disait non ? Les plans B de Pacheco
Malgré son optimisme, Larissa Pacheco a anticipé les scénarios. Si le UFC lui claque la porte au nez, elle a déjà plusieurs options :
- Retour en PFL : Elle pourrait viser un deuxième titre en 2025, avec une clause de match revanche contre Harrison.
- Bellator ou ONE Championship : Ces organisations paient bien et offrent une visibilité internationale.
- Un combat "money fight" contre une star comme Cris Cyborg (en catchweight), pour prouver son attractivité.
Mais Pacheco insiste : « Mon cœur est au UFC. C’est là que je veux finir ma carrière. » Et si Dana White finit par céder, un combat contre Julianna Peña (ancienne championne) ou Raquel Pennington (n°2 actuelle) pourrait être programmé dès fin 2024.
Derrière les gants : La Pacheco que personne ne connaît
Loins des projecteurs, Larissa Pacheco est une femme de contrastes. Née à Natal (Brésil), elle a grandi dans un quartier modeste, où le MMA était une échappatoire. « Sans le sport, je serais peut-être dans la rue », avoue-t-elle.
Aujourd’hui, elle partage sa vie entre :
- Las Vegas (où elle s’entraîne avec Nunes),
- Floride (au American Top Team, son camp principal),
- Rio de Janeiro (pour retrouver sa famille).
Passionnée de salsa (elle danse pour décompresser), elle est aussi une mère dévouée pour sa fille de 5 ans. « Elle me demande souvent : ‘Maman, tu vas gagner ton prochain combat ?’ Ça me motive encore plus », confie-t-elle, émue.
Autre trait surprenant : son engagement social. Pacheco soutient une association brésilienne qui forme des jeunes filles au MMA, « pour leur donner confiance en elles ». « Le sport m’a sauvée. Je veux faire pareil pour elles. »

