Le monde du MMA retient son souffle. Larissa Pacheco, double championne du Professional Fighters League (PFL) et figure incontournable de la catégorie des poids coqs, a brisé le silence après des semaines de rumeurs. Dans une vidéo publiée sur ses stories Instagram — depuis supprimée mais largement relayée —, la Brésilienne de 29 ans a dénoncé avec véhémence sa "séparation surprise" d’avec l’organisation, qualifiant la décision de "injuste et unilatérale". Ses mots, empreints d’une colère à peine contenue, résonnent comme un coup de tonnerre : "Je ne suis pas en tort. J’ai tout fait comme il fallait, et je vais le prouver."
Selon ses déclarations, Pacheco avait déjà signé un contrat pour un combat (dont l’adversaire n’a pas été révélé) et entamé son camp d’entraînement au Brésil lorsque le PFL a annulé la rencontre sans explication claire. Pire : l’organisation aurait rompu tout contact, laissant l’athlète dans l’incertitude. "Ils m’ont ghostée. Après tout ce que j’ai donné pour eux, c’est comme ça qu’ils me traitent ?", s’indigne-t-elle. La combattante assure détenir des preuves contractuelles (emails, contrats signés, échanges avec les dirigeants) et promet de les rendre publiques "quand le moment sera venu".
Un parcours semé d’embûches, couronné de gloire
Pour comprendre l’ampleur de ce conflit, il faut revenir sur le parcours hors norme de Larissa Pacheco. Originaire de Belo Horizonte, elle débute sa carrière professionnelle en 2012, enchaînant les combats dans des organisations brésiliennes avant de rejoindre l’UFC en 2014. Ses débuts sont douloureux : deux défaites consécutives face à Jessica Andrade (par KO en 2014) et Germaine de Randamie (par décision en 2015) la poussent à remettre en question sa carrière. "À l’époque, beaucoup pensaient que j’allais abandonner. Mais moi, je savais que je pouvais rebondir", confiait-elle en 2022.
Et rebondir, elle l’a fait. Pacheco opte pour un changement de catégorie, passant des poids pailles aux poids coqs, et signe avec le PFL en 2018. Ce qui suit est historique : en 2019 et 2021, elle remporte les tournois PFL (format unique où les combattants s’affrontent en saison régulière avant des playoffs), devenant la première double championne de l’organisation. Ses victoires contre Karol Rosa (2019), Sarah Kaufman (2021), ou encore Julia Budd (2022) la propulsent parmi l’élite mondiale. Avec un bilan de 23 victoires pour 5 défaites (dont 13 succès en 16 combats depuis 2016), elle incarne la résilience.
"Ils m’ont trahi" : les zones d’ombre du PFL
Mais derrière les projecteurs, les coulisses du PFL révèlent des tensions récurrentes. Plusieurs combattants ont déjà critiqué la gestion des contrats et les décisions unilatérales de l’organisation. En 2023, Kayla Harrison (ancienne star du PFL, aujourd’hui à l’UFC) avait évoqué des "problèmes de communication" avant son départ. Pacheco, elle, va plus loin : "Ce n’est pas juste une question d’argent ou de combat annulé. C’est une question de respect. Ils m’ont trahi, moi qui ai tout donné pour eux."
La question qui brûle les lèvres : pourquoi une telle rupture ? Plusieurs hypothèses circulent :
- Un désaccord financier : Pacheco aurait demandé une revalorisation de son contrat, jugée excessive par le PFL.
- Un conflit d’agenda : L’organisation aurait voulu lui imposer un adversaire ou une date incompatible avec sa préparation.
- Une stratégie marketing : Le PFL pourrait chercher à promouvoir de nouvelles stars, au détriment des vétérans.
Interrogé par MMA Junkie, un proche de l’athlète a révélé que "Larissa avait refusé un combat contre une adversaire moins bien classée, estimant que cela n’avait pas de sens sportif. Le PFL aurait mal pris cette décision." Une version que l’organisation n’a pas commentée.
Ce que l’avenir réserve à Pacheco
Alors, que faire maintenant ? Libre de tout contrat, Pacheco a déjà suscité l’intérêt de plusieurs promotions. L’UFC, où elle a échoué en 2014, pourrait lui offrir une seconde chance, surtout après ses performances récentes. Bellator ou ONE Championship sont aussi dans la course. "Je veux combattre, peu importe où. Mais je veux aussi que justice soit rendue", déclare-t-elle.
Son manager, Tiago Okamura, a confirmé à Combate que "plusieurs options sont sur la table, mais Larissa prendra son temps. Elle veut d’abord régler cette histoire avec le PFL, pour que ça ne recommence plus." Une chose est sûre : avec son palmarès et son charisme, Pacheco ne restera pas longtemps sans contrat.
L’effet domino : quand une star part, les autres tremblent
Cette affaire pourrait avoir des répercussions majeures sur le PFL. Déjà, des combattants comme Bruno Cappelozza (champion poids lourds) ou Clay Collard ont exprimé leur soutien public à Pacheco sur les réseaux sociaux. "Si le PFL traite comme ça une double championne, qu’est-ce qu’ils feront des autres ?", s’interroge Collard.
Pour Peter Murray, analyste MMA chez Bloodsport, "cette crise arrive au pire moment pour le PFL. Ils sont en pleine négociation pour un nouveau partenariat TV, et une polémique comme celle-ci peut faire fuir les investisseurs. Sachez une chose : dans le MMA, les combattants ont une mémoire d’éléphant. Si le PFL ne gère pas ça correctement, ils pourraient perdre bien plus que Larissa Pacheco."

