Larissa Pacheco : Une légende du PFL en quête de nouveaux défis
Le monde du MMA féminin vient de perdre l’une de ses figures les plus charismatiques. Larissa Pacheco, double championne du tournoi PFL (2021 et 2022), a officiellement quitté la promotion après six années de domination et de combats spectaculaires. Son départ, annoncé récemment, marque la fin d’une ère pour le Professional Fighters League, mais aussi le début d’une nouvelle aventure pour cette Brésilienne de 29 ans, désormais free agent et courtisée par les plus grandes organisations.
Pacheco a marqué l’histoire en devenant la seule combattante à infliger une défaite à Kayla Harrison, double médaillée d’or olympique en judo et ancienne star du PFL. Leur trilogie, ponctuée par une victoire décisive de Pacheco en 2022 (décision unanime après cinq rounds), reste l’un des moments forts de la carrière de la Brésilienne. Mais au-delà de cette rivalité, c’est son parcours global qui impressionne : des victoires contre des vétéranes comme Sarah Kaufman (ancienne championne Strikeforce) et Julia Budd (ex-reine de Bellator), et une capacité à s’adapter aux catégories bantamweight (57 kg), lightweight (61 kg) et featherweight (66 kg).
Pourtant, son dernier combat, une défaite par TKO au 4ᵉ round face à Cris Cyborg en avril 2024, a révélé ses limites contre l’élite absolue des poids plumes. Un revers qui, combiné à l’absence de division featherweight au PFL pour la saison 2025, l’a contrainte à une année de pause forcée. Une situation qui a probablement accéléré sa décision de quitter la promotion.
"Le combat qui a tout changé" : La victoire contre Kayla Harrison et ses conséquences
25 novembre 2022, New York – Ce soir-là, Larissa Pacheco entre dans la cage du Hulu Theater avec une mission : vaincre Kayla Harrison pour la deuxième fois et remporter le titre du tournoi PFL. Mission accomplie. Après cinq rounds intenses, les juges lui accordent la victoire par décision unanime, scellant ainsi son statut de reine incontestée du PFL.
Pourtant, cette performance n’a pas été sans controverse. Certains observateurs, comme le commentateur Yves Lavigne, ont estimé que Harrison méritait le round décisif. Pacheco, elle, a toujours défendu sa victoire : *"Je savais que j’avais fait assez pour gagner. Kayla est une grande championne, mais ce soir-là, j’ai été la meilleure."* Un triomphe qui lui a valu un chèque d’un million de dollars et une reconnaissance mondiale.
Mais cette victoire a aussi eu un effet pervers : elle a élevé les attentes autour de Pacheco à un niveau presque inatteignable. Sa défaite suivante contre Cris Cyborg, bien que prévisible face à une légende du MMA, a été perçue comme un recul. Pourtant, comme le souligne son entraîneur Ricardo Libório (de l’American Top Team), *"Perder contre Cyborg n’est pas une honte. C’est une leçon. Larissa a prouvé qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures, et c’est ça qui compte."*
Pourquoi l’UFC pourrait être la prochaine étape (et les obstacles possibles)
Avec son départ du PFL, une question brûle les lèvres des fans : Larissa Pacheco va-t-elle signer à l’UFC ? La réponse n’est pas simple, mais plusieurs indices penchent en faveur de cette hypothèse.
D’abord, l’UFC a récemment montré un intérêt accru pour les poids plumes féminins, avec des rumeurs persistantes sur la création d’une division permanente. Pacheco, avec son expérience et son nom, serait une recrue idéale pour légitimer cette catégorie. De plus, son style explosif et son jitsu brésilien (ceinture noire sous Roberto "Gordo" Correa) pourraient créer des matchs spectaculaires contre des combattantes comme Norma Dumont ou Felicia Spencer.
Cependant, deux obstacles majeurs se dressent :
1. La concurrence interne : L’UFC possède déjà des stars établies comme Amanda Nunes (retraitée mais toujours influente) et Valentina Shevchenko. Pacheco devrait-elle redescendre en bantamweight pour obtenir des combats de haut niveau ?
2. Les négociations contractuelles : Après six ans au PFL, Pacheco pourrait exiger un salaire élevé, ce qui pourrait freiner l’UFC, connu pour sa rigueur budgétaire.
Une alternative ? Bellator, qui a déjà accueilli des vétéranes comme Julia Budd et Olena Kolesnyk, pourrait lui offrir une division featherweight plus développée et des combats immédiats pour le titre. Comme le note le journaliste Ariel Helwani, *"Bellator a besoin de noms forts pour rivaliser avec l’UFC. Pacheco serait un coup de maître."*
Derrière les gants : Le parcours méconnu de Larissa Pacheco
Peu de fans savent que Larissa Pacheco a débuté le MMA presque par accident. Née à Natal, au Brésil, elle était d’abord une gymnaste prometteuse avant de découvrir le jitsu brésilien à 16 ans. *"Je suis tombée amoureuse du combat dès le premier cours"*, confie-t-elle. À 19 ans, elle passe professionnel en MMA, avec un premier combat en 2012 – une victoire par soumission en 25 secondes !
Son passage à l’UFC en 2014 (à seulement 19 ans) a été bref mais formateur : deux défaites contre Jessica Andrade et Sarah Moras lui ont appris la dure réalité du haut niveau. *"J’étais trop jeune, trop inexpérimentée. Mais ces défaites m’ont construite"*, reconnaît-elle. C’est après ce passage raté qu’elle a décidé de monter en lightweight, puis en featherweight, où son physique (1,75 m pour 66 kg) lui donne un avantage certain.
Aujourd’hui, Pacheco est aussi connue pour son engagement en dehors de l’octogone. Elle soutient activement des projets éducatifs pour les jeunes filles au Brésil via sa fondation *"Lutadoras do Futuro"* ("Combattantes du Futur"), et milite pour une meilleure reconnaissance des femmes dans les sports de combat. *"On nous dit souvent qu’on est ‘trop agressives’ ou ‘pas féminines’. Moi, je veux montrer qu’on peut être les deux : une guerrière et une femme fière."*
2025 : Une année charnière pour Pacheco
Alors, que réserve l’avenir à Larissa Pacheco ? Plusieurs scénarios sont envisageables :
- L’UFC : Si la promotion crée enfin une division featherweight féminine, Pacheco pourrait y jouer un rôle central. Un combat contre Norma Dumont (actuellement #3 des poids plumes) serait un excellent point de départ.
- Bellator : Une signature ici lui permettrait de viser immédiatement le titre, actuellement détenu par Olena Kolesnyk. Un affrontement entre les deux serait un choc de styles à ne pas manquer.
- Une surprise : Et si Pacheco décidait de tenter sa chance en boxe ou en grappling ? Son profil polyvalent le permet, même si cette option semble moins probable.
Une chose est sûre : après une année 2024 en demi-teinte, 2025 sera l’année du rebond. Comme elle l’a déclaré lors d’une récente interview pour MMA Fighting : *"Je ne veux pas juste combattre. Je veux dominer. Et pour ça, j’ai besoin des meilleurs adversaires. Peu importe la promotion, je serai prête."*
Les fans de MMA ont hâte de voir où cette guerrière brésilienne posera ses gants ensuite. Une chose est certaine : là où elle ira, les feux des projecteurs ne seront pas loin.

