La vidéo qui a tout déclenché : quand Makhachev révèle son nouveau corps
Tout a commencé avec une simple story Instagram. Le 5 octobre 2024, Usman Nurmagomedov, cousin et partenaire d’entraînement d’Islam Makhachev, publie une vidéo de quelques secondes montrant le Dagestanais en pleine séance de sparring. Le choc est immédiat : les épaules élargies, les bras striés de veines, les pectoraux saillants… Makhachev, connu pour son physique sec et fonctionnel en 70 kg, arbore désormais une carrure dignes des mi-moyens les plus imposants. Les réactions fusent : "Il a l’air d’un poids lourd !", "Della Maddalena va avoir du pain sur la planche", ou encore "Khabib 2.0, mais en plus costaud", peut-on lire sous la publication.
Cette métamorphose n’est pas le fruit du hasard. Selon des sources proches de son équipe, Makhachev aurait entamé ce processus de prise de masse dès janvier 2024, soit près d’un an avant son combat prévu. Objectif : atteindre les 77 kg sans sacrifier sa vitesse ni son endurance, deux atouts majeurs qui ont fait de lui un champion invaincu en 70 kg. "Islam a toujours été fort, mais là, il a travaillé spécifiquement pour résister à la puissance des mi-moyens. Ce n’est pas juste une question de muscles, c’est une adaptation globale", confie un membre de son staff sous couvert d’anonymat.
"Un combat de légers en corps de mi-moyens" : le pari fou de Makhachev
Le choix de monter en catégorie n’est jamais anodin, surtout pour un combattant comme Makhachev, dont le style repose sur une précision chirurgicale et un grappling étouffant. Dans l’histoire de l’UFC, les exemples de champions passant des légers aux mi-moyens sont rares, et les résultats mitigés. Conor McGregor a connu une victoire éclatante contre Eddie Alvarez (70 kg) avant de s’incliner face à Nate Diaz (77 kg). Rafael dos Anjos, lui, a alterné le bon et le moins bon après sa montée. Alors, pourquoi Makhachev prend-il ce risque ?
Trois raisons principales émergent :
- Un défi sportif : Après avoir dominé les 70 kg (12 victoires consécutives, dont 11 avant la limite), le Dagestanais cherche un nouveau terrain de jeu. "Il n’a plus rien à prouver en léger. C’est un compétiteur, il veut des défis", explique un analyste de l’UFC.
- Une question de taille : Avec un gabarit naturel proche des 1,80 m et une envergure de 1,85 m, Makhachev était déjà l’un des plus grands légers. Les mi-moyens, souvent plus trapus, pourraient mieux correspondre à sa morphologie.
- Un héritage à perpétuer : Son mentor, Khabib Nurmagomedov, avait lui aussi envisagé cette montée avant de prendre sa retraite. Makhachev pourrait bien réaliser ce que son aîné n’a pas pu faire.
Pourtant, les sceptiques sont nombreux. "Les mi-moyens frappent plus fort, encaisse mieux, et ont une puissance explosive que Makhachev n’a jamais affrontée. Son grappling sera-t-il aussi efficace contre des mecs de 85 kg le jour du pesage ?", interroge Daniel Cormier, commentateur historique de l’UFC. Une question qui trouvera sa réponse le 15 novembre.
Jack Della Maddalena : l’Australien qui veut briser le rêve dagestanais
Si Makhachev attire tous les regards, son adversaire n’est pas un faire-valoir. Jack Della Maddalena (16-3), classé n°7 chez les mi-moyens, est une machine à KO (10 victoires par arrêt de l’arbitre) et un striker redoutable. Son style agressif et son mental d’acier en font l’un desoutsiders les plus dangereux de la division. "Je respecte Islam, mais il entre sur mon territoire. Les légers qui montent ici pensent souvent que leur technique suffira. Ils se trompent", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Le contraste entre les deux hommes est frappant :
CritèreIslam MakhachevJack Della Maddalena Style dominantGrappling / SoumissionsStriking / KO Taille1,80 m1,83 m Envergure1,85 m1,88 m Expérience en 77 kg0 combat10 combats (8 victoires) Dernière défaite2019 (vs. Adriano Martins)2022 (vs. Randy Brown)La clé du combat ? L’adaptation de Makhachev aux coups puissants de Della Maddalena. Si le Dagestanais parvient à imposer son grappling dès les premières minutes, l’Australien pourrait être en difficulté. En revanche, s’il subit les frappes early, son manque d’expérience à ce niveau de puissance pourrait lui coûter cher. "Ce combat, c’est David contre Goliath, mais avec un twist : ici, David a des muscles de Goliath, et Goliath a des poings en acier", résume un journaliste de MMA Junkie.
Derrière les muscles : la stratégie secrète de l’équipe Makhachev
Pour préparer cette montée en catégorie, Makhachev n’a pas lésiné sur les moyens. Selon des informations exclusives, son camp d’entraînement aurait inclus :
- Des sparrings avec Khamzat Chimaev : Le redoutable mi-moyen (et ami proche) aurait simulé la puissance des 77 kg pour habituer Makhachev aux impacts.
- Un travail spécifique en force explosive : Des exercices de plyométrie et de soulevé de terre pour améliorer sa résistance aux projections et aux clinch.
- Une alimentation hypercalorique : Jusqu’à 4 500 kcal/jour, avec un focus sur les protéines et les glucides complexes pour une prise de masse propre.
- Des séances de grappling avec des lourds : Des partenaires d’entraînement pesant jusqu’à 90 kg pour tester son jeu au sol dans des conditions extrêmes.
Mais le plus surprenant vient peut-être de son approche mentale. Contrairement à son habitude, Makhachev a limité ses interviews, préférant rester concentré. "Il ne veut pas donner d’indices à Della Maddalena. Même nous, on ne sait pas exactement ce qu’il prépare", confie une source proche. Une stratégie qui rappelle celle de Khabib avant ses grands combats : le silence comme arme psychologique.
Un détail intrigue cependant : lors de ses derniers entraînements publics, Makhachev a été vu en train de travailler intensément ses low kicks et ses combinations de poings. Un signe qu’il compte peut-être surprendre en restant debout plus longtemps que d’habitude ? "Si Islam décide de boxer avec Della Maddalena, ça veut dire qu’il se sent ultra-confiant. Et ça, c’est terrifiant pour son adversaire", analyse un coach de l’American Kickboxing Academy.
15 novembre : le jour où les mi-moyens pourraient trembler
Le combat est prévu en main event de l’UFC 308, à Abu Dhabi – un choix symbolique, puisque c’est dans cette même ville que Makhachev avait dominé Alexander Volkanovski pour conserver son titre en 2023. Les bookmakers donnent pour l’instant l’avantage au Dagestanais (cote à 1.65 contre 2.20 pour Della Maddalena), mais les parieurs restent prudents : une montée en catégorie reste un pari risqué.
Trois scénarios possibles :
- Scénario 1 : La domination technique (probabilité : 50%) – Makhachev impose son grappling dès le 1er round, étouffe Della Maddalena au sol et remporte une victoire par soumission ou décision unanime.
- Scénario 2 : Le choc des styles (probabilité : 30%) – L’Australien touche Makhachev early avec un crochet, le met en difficulté, mais le Dagestanais survit et revient en 2e round pour un KO ou une soumission.
- Scénario 3 : L’imprévu (probabilité : 20%) – Della Maddalena surprend tout le monde en résistant au grappling et en remportant une victoire par KO au 3e round, envoyant un message à toute la division.
Une chose est sûre : ce combat pourrait redéfinir l’avenir des mi-moyens. Si Makhachev l’emporte, des duels contre Leon Edwards (champion en titre) ou Khamzat Chimaev deviennent inévitables. Une défaite, en revanche, le ramènerait probablement en 70 kg, avec un ego blessé mais une légende intacte. "Win or lose, Islam reste un monstre. Mais s’il gagne, il devient une légende dans deux catégories. Et ça, c’est rare", conclut un expert de Sherdog.
Dans l’ombre des projecteurs d’Abu Dhabi, une question persiste : cette métamorphose physique suffira-t-elle à faire de Makhachev le premier combattant à dominer deux catégories aussi différentes ? Ou les lois de la physique rappelleront-elles que, parfois, la taille et la puissance ont le dernier mot ?
Une chose est certaine : ce soir-là, le monde du MMA retient son souffle. Et les mi-moyens, eux, serrent déjà les poings.

