189 livres : le chiffre qui fait trembler les mi-moyens
Quand Islam Makhachev est monté sur la balance lors des pesées de l’UFC 322, le 1er juin 2024 à Riyad, les 77,1 kg (170 livres) affichés ont confirmé son entrée officielle chez les poids mi-moyens. Mais ce que les chiffres ne disaient pas, c’est que 24 heures plus tard, il pesait 85,9 kg (189,4 livres) – un gain de masse vertigineux de 8,8 kg, révélé par des images exclusives de la série documentaire Anatomy of a Fighter. Une transformation qui en dit long sur sa préparation et son approche scientifique du combat.
Pour les non-initiés, une telle prise de masse peut sembler extrême. Pourtant, dans l’univers du MMA, c’est une stratégie éprouvée – mais rarement exécutée avec autant de précision. La plupart des combattants regagnent entre 5 et 7 kg après la pesée. Makhachev, lui, pulvérise ces standards. "C’est un équilibre délicat : il faut réhydrater sans alourdir les muscles, retrouver l’explosivité sans perdre en souplesse"*, explique un nutritionniste travaillant avec des athlètes de l’UFC. Le Dagestanais, connu pour son régime draconien et ses séances de sauna avant les pesées, aurait ici poussé les limites de la récupération post-pesée.
Ce qui frappe, c’est l’absence de compromis dans sa performance. Contrairement à d’autres combattants qui peinent à retrouver leur niveau après une coupe de poids agressive, Makhachev a dominé Della Maddalena comme s’il évoluait encore en poids légers. Quatre rounds de contrôle au sol, des transitions fluides, et une victoire unanime (49-46, 49-46, 50-45) qui n’a laissé aucun doute : le roi des légers est bien parti pour régner aussi chez les mi-moyens.
"Il m’a écrasé comme un poids léger" : le témoignage sans appel de Della Maddalena
Jack Della Maddalena, pourtant réputé pour sa résistance et son striking précis, n’a rien pu faire. "Je me suis entraîné pour affronter un mi-moyen, mais il m’a écrasé comme un poids léger. Sa pression, ses enchaînements… C’était comme se battre contre une version plus lourde de lui-même, mais avec la même vitesse"*, a-t-il confié en conférence de presse. Un aveu qui résume à lui seul l’efficacité de la stratégie de Makhachev.
Les statistiques du combat sont implacables :
- 12 minutes de contrôle au sol sur 20 (soit 60% du temps total).
- 3 tentatives de soumission, dont une clé de bras menaçante en 3e round.
- 44 frappes significatives contre 29 pour Della Maddalena, malgré un écart de taille (180 cm contre 175 cm).
Ce qui intrigue les experts, c’est sa capacité à maintenir son cardio malgré ce gain de masse. Traditionnellement, les combattants qui prennent autant de poids après la pesée voient leur endurance diminuer. Pas Makhachev. "Son entraînement en altitude au Dagestan et son travail avec des partenaires plus lourds lui donnent un avantage physiologique unique"*, révèle une source proche de son camp.
Le Dagestanais qui défie les lois de la physique
Pour comprendre comment Makhachev parvient à un tel exploit, il faut remonter à ses racines. Au Dagestan, les lutteurs sont formés dès l’enfance à combattre dans des catégories supérieures pour développer force et adaptabilité. "Chez nous, on apprend à dominer un adversaire plus grand, plus lourd. Le poids, c’est juste un nombre"*, confie Sharaputdin Magomedov, son entraîneur en lutte, dans une interview rare.
Cette philosophie se retrouve dans sa préparation pour l’UFC 322 :
- Entraînement avec des mi-moyens et des moyens (comme Khamzat Chimaev) pour simuler des adversaires plus lourds.
- Régime hyperprotéiné post-pesée, avec des apports en électrolytes calculés pour éviter les crampes.
- Séances de sparring en altitude (à 2 000 m) pour améliorer sa capacité pulmonaire.
"Beaucoup de gens pensaient que je serais trop petit pour les mi-moyens. Mais la taille, ça ne se mesure pas en centimètres – ça se mesure en pression, en contrôle, en intelligence de combat"*, a déclaré Makhachev après sa victoire. Une réponse ciblée aux critiques, comme celles de Michael Bisping, qui doutait de sa capacité à rivaliser avec des athlètes comme Leon Edwards ou Colby Covington.
UFC 322 : le début d’une nouvelle ère pour les mi-moyens ?
Avec cette performance, Makhachev envoie un message clair : il n’est pas là pour faire de la figuration. Dès son premier combat chez les mi-moyens, il s’impose comme un prétendant sérieux au titre, actuellement détenu par Leon Edwards. "Je veux ce combat. Je veux montrer au monde que je suis le meilleur, peu importe la catégorie"*, a-t-il lancé en octogone, sous les ovations du public saoudien.
Les réactions n’ont pas tardé :
- Dana White : "Islam est un problème pour tout le monde. Même Edwards va devoir sérieusement réfléchir à comment le battre."*
- Colby Covington : "Il a eu de la chance contre un adversaire limité. Moi, je vais l’écraser."* (Une déclaration qui a fait sourire Makhachev en conférence de presse.)
- Khabib Nurmagomedov : "Je lui ai toujours dit : ‘Ton style est fait pour les mi-moyens.’ Aujourd’hui, tout le monde le voit."*
Les bookmakers ont rapidement réagi : Makhachev est désormais favoris n°2 pour le titre des mi-moyens, derrière Edwards mais devant Covington. Une ascension fulgurante qui prouve que sa transition n’est pas un simple caprice, mais une stratégie calculée pour dominer une nouvelle division.
Reste une question : jusqu’où peut-il aller ? Avec un style adapté aux catégories supérieures et une capacité à gérer son poids comme peu de combattants, certains évoquent déjà un possible passage chez les poids moyens (84 kg). "Pour l’instant, je me concentre sur les mi-moyens. Mais en MMA, tout est possible"*, a-t-il glissé, mystérieux.
Derrière les chiffres : le sacrifice d’un champion
Ce que les données ne montrent pas, c’est l’envers du décor. Pour atteindre ces 189 livres le jour J, Makhachev a dû :
- Perdre 10 kg en 10 jours avant la pesée, avec un régime sans sel et des séances de sauna extrêmes.
- Subir des crampes atroces lors de la réhydratation, un risque majeur pour les reins.
- Dormir avec des couvertures chauffantes pour transpirer jusqu’à la dernière once d’eau.
Un sacrifice qui paie : avec cette victoire, il devient le premier combattant à dominer deux divisions de l’UFC (légers et mi-moyens) avec un tel écart de poids entre pesée et combat. Un record qui pourrait bien inspirer une nouvelle génération de fighters – ou les dissuader de l’affronter.
La question n’est plus de savoir si il affrontera Leon Edwards, mais quand – et surtout, qui osera se mettre en travers de son chemin d’ici là ? Une chose est sûre : dans l’ombre de Khabib, un nouveau monstre est né. Et celui-ci pèse 189 livres de pure domination.

