UFC 322 : Makhachev Écrase Della Maddalena et Entre dans l’Histoire
Le 29 juin 2024, l’UFC 322 a marqué un tournant dans la carrière d’Islam Makhachev. Face à Jack Della Maddalena, un adversaire redoutable en pleine ascension, le Russe a livré une masterclass tactique, remportant une victoire par décision unanime (50-45, 50-45, 49-46). Une performance qui, sans être explosive, a confirmé son statut de stratège hors pair. Avec ce 16ᵉ succès consécutif, Makhachev s’est emparé de la ceinture des poids mi-moyens, devenant seulement le 7ᵉ double champion de l’histoire de l’UFC, aux côtés de noms comme Conor McGregor, Daniel Cormier ou Amanda Nunes.
Pourtant, c’est moins la manière que le résultat qui a marqué les esprits. Contrairement à ses combats précédents, où il avait souvent soumis ses adversaires (10 victoires par soumission en carrière), Makhachev a cette fois-ci privilégié un jeu de contrôle au sol et des frappes précises en clinch. Une approche qui a laissé certains fans sur leur faim, mais qui a une nouvelle fois démontré son intelligence combat. Comme l’a souligné le commentateur Joe Rogan pendant le direct : "Islam ne prend aucun risque. Il calcule chaque mouvement comme un joueur d’échecs, et ça, c’est ce qui le rend si dangereux."
"Il a Déjà Dépassé Anderson Silva" : La Déclaration Choc d’Ali Abdelaziz
Si la performance de Makhachev a été saluée, c’est une déclaration de son manager, Ali Abdelaziz, qui a vraiment enflammé les réseaux sociaux. Dans une interview accordée à ESPN, ce dernier a affirmé sans détour : "Islam a déjà dépassé Anderson Silva. Pas besoin d’attendre qu’il prenne sa retraite pour le dire. Anderson a eu une carrière incroyable, mais Islam est plus dominant, plus propre, et il n’a jamais triché."
Une comparaison qui fait grincer des dents. Anderson Silva, surnommé "The Spider", reste pour beaucoup le plus grand strikeur de l’histoire du MMA, avec un règne de 2 457 jours comme champion des poids moyens et des victoires légendaires (comme son KO contre Rich Franklin ou Vitor Belfort). Pourtant, son héritage a été entaché par deux contrôles positifs (en 2015 et 2017), tandis que Makhachev, lui, n’a jamais été impliqué dans le moindre scandale.
Abdelaziz a enfoncé le clou en rappelant que Makhachev avait dominé trois générations de combattants : "Il a battu des vétérans comme Dustin Poirier, des champions en pleine force comme Charles Oliveira, et maintenant des jeunes loups comme Della Maddalena. Silva n’a jamais fait ça." Un argument qui a ses partisans, mais qui laisse aussi dubitatifs ceux qui estiment que le Brésilien a marqué son époque d’une manière inégalée.
Dana White : "Il est Dans la Conversation GOAT, Point Final"
Le patron de l’UFC, Dana White, a lui aussi pesé dans le débat lors de la conférence de presse post-UFC 322. Bien qu’il ait reconnu que le combat contre Della Maddalena n’avait pas été "le plus excitant de l’histoire", il a insisté sur l’aspect historique de la performance : "Islam est en train d’écrire quelque chose de spécial. Double champion, 16 victoires d’affilée, une domination sans faille… Bien sûr qu’il est dans la discussion pour le GOAT !"
White a également souligné un détail souvent oublié : Makhachev n’a jamais perdu un round depuis 2019. Une statistique qui, selon lui, parle d’elle-même. Pourtant, le dirigeant a nuancé ses propos en admettant que le style du Russe pouvait diviser : "Certains aiment les KO spectaculaires, d’autres préfèrent la technique pure. Islam, c’est la technique pure. Et ça, c’est aussi une forme de génie."
Une analyse partagée par d’anciens champions comme Georges St-Pierre, qui a déclaré sur RDS : "Makhachev est peut-être le combattant le plus complet que j’aie jamais vu. Mais le GOAT, c’est une question de préférence. Pour moi, c’est comme comparer un sniper à un soldat au corps-à-corps : les deux sont mortels, mais pas de la même façon."
Le Débat GOAT : Makhachev vs. Silva, Deux Légendes aux Styles Opposés
La comparaison entre Islam Makhachev et Anderson Silva illustre deux visions radicalement différentes de ce que doit être un "GOAT". D’un côté, Silva incarne l’artiste : un strikeur flamboyant, capable de KO spectaculaires et de mouvements improbables (son front kick contre Vitor Belfort reste gravé dans les mémoires). De l’autre, Makhachev représente l’efficacité froide : un grappler méthodique, dont chaque combat ressemble à une démonstration scientifique.
Les statistiques penchent en faveur du Russe :
- Taux de victoire : 94% (25-1) pour Makhachev contre 84% (34-11, 1 NC) pour Silva.
- Titres UFC : 2 ceintures pour Makhachev (poids légers et mi-moyens), 1 pour Silva (poids moyens).
- Durée de règne : Silva a dominé pendant près de 7 ans, mais Makhachev est encore en activité et pourrait battre ce record.
- Propreté de carrière : Aucun échec de dopage pour Makhachev, contre deux pour Silva.
Khabib Nurmagomedov, mentor et compatriote de Makhachev, a apporté une réponse cinglante aux critiques : "Les gens veulent du spectacle ? Très bien. Mais un vrai champion, c’est celui qui gagne, peu importe comment. Islam gagne, et il écrase ses adversaires. C’est tout ce qui compte." Une philosophie qui résume bien l’état d’esprit du clan daghestanais.
Derrière les Projecteurs : Le Secret de la Domination de Makhachev
Ce que beaucoup ignorent, c’est que la carrière d’Islam Makhachev est le fruit d’un travail acharné et d’une préparation méticuleuse. Contrairement à l’image du "génie naturel" souvent associée à Silva, Makhachev est un obsédé du détail. Son entraîneur en jiu-jitsu brésilien, Javier Mendez (de l’AKA), a révélé que le Russe passait jusqu’à 5 heures par jour à travailler ses enchaînements au sol, même pour des combats où il savait qu’il dominerait debout.
Un autre aspect clé : son mental d’acier. Lors de l’UFC 280, face à Charles Oliveira, Makhachev a encaisse un uppercut monstrueux en plein visage au 1ᵉʳ round. Plutôt que de reculer, il a souri, puis a soumis Oliveira au 2ᵉ round. Une réaction qui a marqué les esprits et prouvé sa résilience psychologique. Comme il l’a expliqué plus tard : "Dans ma tête, je sais que personne ne peut me battre. Même si je prends un coup, je sais que je vais gagner. C’est ça, la différence entre un champion et un bon combattant."
Enfin, il y a l’aspect culturel. Makhachev vient du Daghestan, une région russe connue pour son école de lutte et de sambo ultra-compétitive. Dès l’âge de 10 ans, il s’entraînait avec des adversaires bien plus âgés, dans des conditions spartiates. Une discipline qui a forgé son style implacable et son mépris du risque. Comme le résume son coéquipier Usman Nurmagomedov : "Chez nous, perdre, c’est pire que mourir. Islam a ça dans le sang."
Et Maintenant ? Vers un Super-Combat contre Leon Edwards ?
Avec cette nouvelle ceinture, la question qui brûle les lèvres de tous les fans est : qui peut encore défier Makhachev ? Plusieurs noms circulent, mais un seul fait vraiment sens : Leon Edwards, l’actuel champion des poids mi-moyens… ou du moins, celui qui l’était avant que Makhachev ne monte en poids.
Edwards, qui a dominé la catégorie avec des victoires contre Kamaru Usman (x2) et Colby Covington, représente le dernier vrai défi pour Makhachev. Un combat entre les deux hommes serait bien plus qu’un simple titre : ce serait un choc de philosophies. D’un côté, le strikeur explosif et imprévisible qu’est Edwards ; de l’autre, le grappler calculateur qu’est Makhachev.
Interrogé sur cette éventualité, Edwards a répondu avec un sourire : "Je respecte Islam, mais il est dans mon octogone maintenant. S’il veut la ceinture, il devra me la prendre." Une déclaration qui a immédiatement fait réagir Makhachev, sobre comme à son habitude : "Je suis prêt. Quand l’UFC voudra, je serai là."
Dana White a déjà laissé entendre que ce combat pourrait avoir lieu d’ici fin 2024, peut-être lors de l’UFC 326 à Abou Dhabi, un lieu symbolique pour Makhachev, où il a déjà combattu à deux reprises. Une affiche qui, si elle se concrétise, pourrait bien battre tous les records d’audience et sceller définitivement le statut de GOAT du Russe… ou au contraire, relancer le débat pour des années.
Une chose est certaine : son prochain combat, qu’il soit contre Leon Edwards ou un autre prétendant, sera l’un des plus attendus de l’année. Et cette fois, les attentes seront immenses. Car on ne devient pas le plus grand de tous les temps sans faire taire les derniers douteurs.

