"Je me suis trompé pendant des années" : l’aveu surprenant de Makhachev sur ses régimes extrêmes
Islam Makhachev, l’homme qui a terrifié la division des poids légers de l’UFC entre 2022 et 2024, a franchi un cap symbolique en juin 2024. Lors de l’UFC 302, il a foulé l’octogone en tant que welterweight (poids mi-moyens, -77 kg) pour la première fois de sa carrière, face à l’Australien Jack Della Maddalena. Victoire par décision unanime – et surtout, une révélation : *"J’aurais dû faire ça il y a cinq ans"*, a-t-il confessé en conférence de presse. Un mea culpa rare pour un athlète au sommet de son art.
Pendant des années, Makhachev a enduré des régimes draconiens pour rester sous la limite des 70 kg (poids légers), avec des méthodes qui, selon ses propres mots, *"ont failli briser [son] corps"*. Des coupes de poids à répétition, des déshydratations extrêmes, et une fatigue accumulée qui, aujourd’hui, lui semblent inutiles. *"Je me battais contre des gars plus petits que moi, mais je perdais en énergie et en explosivité à cause de ces régimes"*, explique-t-il. Pourtant, avec un palmarès de 28 victoires (dont 11 par soumission) pour une seule défaite, difficile d’imaginer que ces sacrifices étaient superflus.
La question se pose : pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? La réponse tient en partie à la culture du MMA, où les combattants préfèrent souvent dominer une catégorie inférieure plutôt que de prendre le risque de monter en poids. Makhachev, lui, a brisé ce tabou. Et les résultats parlent : contre Della Maddalena, il a montré une aisance technique et une résistance cardio qu’il n’avait plus eues depuis ses débuts.
UFC 302 : le combat qui a tout changé (et prouvé que la taille n’est pas tout)
Le 1er juin 2024, à l’UFC 302, Islam Makhachev est entré dans l’octogone avec 7 kg de plus que d’habitude. Face à lui, Jack Della Maddalena, un welterweight pur, plus grand et plus lourd. Les observateurs s’attendaient à un test difficile. Pourtant, Makhachev a dominé les trois rounds, avec une maîtrise au sol caractéristique et des frappes précises. *"Je me sentais libre"*, a-t-il déclaré après le combat. *"Pas de stress pour la balance, pas de faiblesse dans les jambes… Juste du MMA."*
Ce qui frappe, c’est la facilité apparente avec laquelle il a neutralisé Della Maddalena. Pourtant, sur le papier, l’Australien avait l’avantage physique : 10 cm de plus en allonge, une carrure naturellement adaptée aux welterweights. Mais Makhachev a prouvé que la technique et l’intelligence de combat primaient sur la taille. *"Les gens pensent que monter de catégorie, c’est se handicaper. Moi, je dirais que c’est l’inverse"*, a-t-il lancé, provocateur.
Les chiffres donnent raison au Daghanais :
- 110 frappes significatives landed (contre 85 pour Della Maddalena).
- 3 tentatives de soumission en trois rounds.
- 80% de contrôle au sol, un record pour un premier combat en welterweight.
Derrière les coulisses : quand le corps dit "stop"
Ce que peu de gens savent, c’est que Makhachev a failli abandonner avant l’UFC 302. Pas par manque de motivation, mais parce que son corps refusait de coopérer. *"Deux semaines avant le combat, je pesais encore 85 kg. D’habitude, à ce stade, j’étais déjà à 78 kg après des semaines de régime"*, révèle-t-il. Les problèmes rénaux et les crampes à répétition ont été les signaux d’alerte.
Son équipe, dirigée par Javier Mendez (American Kickboxing Academy), a alors pris une décision radicale : arrêter les coupes de poids extrêmes. *"On a vu des combattants mourir à cause de ça. Islam est un champion, pas un martyr"*, confie Mendez. Le plan ? Laisser Makhachev manger normalement jusqu’au jour J, puis ajuster le poids avec un déficit calorique raisonnable. Résultat : un combat sans souffrance inutiles – et une performance plus complète que jamais.
*"Les gens ne réalisent pas à quel point ces régimes vous volent votre potentiel"*, insiste Makhachev. *"Pendant des années, j’ai cru que souffrir faisait partie du jeu. Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai gaspillé de l’énergie."* Une prise de conscience qui pourrait inspirer toute une génération de combattants à repenser leur rapport au poids.
Et maintenant ? Les 3 scénarios possibles pour la suite de sa carrière
Avec ce succès en welterweight, Makhachev a désormais trois options sur la table :
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Rester en welterweight et viser le titre.
- Avantage : un physique plus naturel, moins de risques pour la santé.
- Défis : affronter des monstres comme Leon Edwards ou Shavkat Rakhmonov, bien plus grands que lui.
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Faire l’aller-retour entre les deux catégories.
- Stratégie : profiter de sa célébrité pour organiser des "super fights" (ex : un combat contre Alex Pereira en welterweight, puis un retour en légers face à Arman Tsarukyan).
- Risque : les changements de poids fréquents pourraient user son corps à long terme.
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Prendre sa retraite sur un dernier défi.
- Makhachev, 32 ans, pourrait viser un combat d’adieu contre un légers (pour clore son règne) ou un welterweight (pour prouver son adaptabilité).
- Son contrat avec l’UFC court jusqu’en 2025 – une fenêtre idéale pour un dernier feu d’artifice.
Interrogé sur ses préférences, Makhachev reste évasif : *"Je veux des combats qui ont du sens. Pas juste pour l’argent ou les stats."* Une phrase qui résume sa philosophie : l’héritage avant tout. Qu’il choisisse de rester en welterweight ou de revenir en légers, une chose est sûre : son prochain combat sera historique.
Leçon pour le MMA : et si tout le monde se trompait sur les catégories de poids ?
L’histoire de Makhachev soulève une question plus large : le MMA a-t-il tort d’obséder sur les coupes de poids ? Des études montrent que 68% des combattants de l’UFC utilisent des méthodes extrêmes (diurétiques, jeûnes prolongés) pour atteindre leur catégorie. Pourtant, des exemples comme Jon Jones (passé des mi-lourds aux lourds) ou Amanda Nunes (double championne en bantamweight et poids coqs) prouvent que monter de catégorie peut prolonger une carrière.
*"Les promotions devraient encourager les combattants à choisir leur poids naturel"*, estime Dr. Duncan French, spécialiste de la performance chez l’UFC. *"On gagne en spectacle et en sécurité."* Makhachev, lui, est devenu l’étendard de ce changement. *"Si un gars comme moi, champion du monde, peut admettre s’être trompé, alors les autres peuvent aussi réévaluer leurs choix"*, lance-t-il.
Une révolution est en marche. Et elle pourrait bien commencer par un Daghanais de 1,78 m qui a osé dire : *"Assez."*

