De l’Or Olympique aux Gants de Dirty Boxing : Le Pari Fou de Gable Steveson
Imaginez un athlète capable de soulever un adversaire comme un fétu de paille, de le projeter avec une précision chirurgicale, et de le dominer au sol avec une autorité écrasante. Maintenant, imaginez ce même athlète, Gable Steveson, médaillé d’or aux JO de Tokyo 2020, en train d’enfiler des gants de boxe hybrides pour affronter un adversaire dans une cage où les coups de coude et les enchaînements au sol sont rois. C’est pourtant bien la réalité : le 30 octobre, lors de DBX 4, Steveson fera ses débuts en Dirty Boxing, un sport qui pourrait bien devenir son nouveau terrain de jeu.
À 24 ans, l’Américain a déjà tout connu : la gloire olympique, une brève aventure à la WWE, et même un essai avorté en NFL. Pourtant, c’est dans ce format hybride, à mi-chemin entre la boxe et le MMA, qu’il voit une opportunité de réinventer sa carrière. "Je veux que le monde voie que je peux boxer", a-t-il confié à MMA Junkie, une déclaration qui en dit long sur ses ambitions. Mais pourquoi ce choix ? Et surtout, pourquoi maintenant ?
Dirty Boxing : Le Format Qui Pourrait Tout Changer pour Steveson
Le Dirty Boxing n’est pas un simple mélange de boxe et de MMA. C’est une discipline à part entière, où les règles autorisent des techniques rarement vues ailleurs : coups de coude en clinch, enchaînements au sol sans soumission, et une liberté tactique qui rappelle le ground-and-pound de l’UFC. Pour un lutteur comme Steveson, habitué à dominer ses adversaires grâce à sa force et son explosivité, ce format pourrait s’avérer sur mesure.
Son dernier combat en MMA, lors de LFA 217, a été révélateur : un KO en 1 minute et 23 secondes contre Braden Peterson, une démonstration de puissance brute. Pourtant, le Dirty Boxing exige bien plus que de la force. Il demande une adaptation tactique rapide, une capacité à enchaîner les frappes debout et au sol, et une résistance aux coups de coude qui peuvent faire basculer un combat en un instant. Avec seulement 4 semaines pour préparer DBX 4, Steveson et son équipe misent sur sa capacité à assimiler ces subtilités, à l’image de ce qu’a fait Francis Ngannou en boxe face à Tyson Fury.
"C’est un test, mais je suis fait pour ça", aurait-il déclaré à ses proches. Reste à voir si son entraînement aux côtés de Jon Jones, double champion de l’UFC et maître des transitions entre frappes et lutte, portera ses fruits. Jones, connu pour son intelligence de combat et sa polyvalence, pourrait bien être la clé pour déverrouiller le potentiel de Steveson dans cette nouvelle discipline.
"Je Veux Qu’on Me Craigne Debout" : La Stratégie Derrière le Choix de Steveson
Après des tentatives mitigées en WWE (où il n’a pas réussi à s’imposer malgré son charisme) et en NFL (un essai avec les Buffalo Bills qui n’a pas abouti), Steveson avait besoin d’un nouveau défi. Mais pourquoi le Dirty Boxing plutôt qu’un retour au MMA ou à la lutte ? La réponse tient peut-être dans les limites qu’il a rencontrées ailleurs.
En WWE, son manque d’expérience en catch a été un frein. En NFL, son gabarit (1,80 m pour 120 kg) et son profil explosif ne correspondaient pas aux attentes des recruteurs. Le Dirty Boxing, en revanche, lui offre une liberté qu’il n’a jamais eue : celle de combiner sa puissance de lutteur avec des techniques de frappe, le tout dans un cadre moins rigide que le MMA traditionnel. "Je ne veux pas être enfermé dans une seule discipline. Je veux montrer que je peux tout faire", aurait-il confié.
Son adversaire, Billy Swanson, n’est pas un inconnu. Vétéran des sports de combat, Swanson a l’expérience des rings et des cages. Pour Steveson, ce combat est une occasion de prouver qu’il peut tenir debout, là où beaucoup le voient encore comme un "simple" lutteur. Un pari risqué, mais qui, s’il est réussi, pourrait lui ouvrir les portes de nouvelles opportunités, peut-être même en UFC ou dans d’autres organisations majeures.
Derrière les Coulisses : Comment Jon Jones Prépare Steveson pour DBX 4
Si Steveson a choisi le Dirty Boxing, c’est aussi parce qu’il a Jon Jones dans son coin. Le double champion de l’UFC, connu pour son style imprévisible et sa maîtrise des distances, travaille avec lui depuis plusieurs semaines. "Gable a une puissance folle, mais il doit apprendre à la canaliser. En Dirty Boxing, tu ne peux pas te permettre de gaspiller ton énergie", aurait déclaré Jones lors d’un entraînement à Albuquerque.
Les séances se concentrent sur trois axes :
- La gestion des coups de coude : une arme redoutable en clinch, mais qui demande une précision chirurgicale pour éviter les contre-attaques.
- Les enchaînements sol-frappes : Steveson excelle au sol, mais il doit apprendre à enchaîner rapidement pour éviter de se faire surprendre.
- La résistance mentale : contrairement à la lutte, où il domine souvent physiquement, il devra ici gérer l’incertitude des échanges debout.
Jones, qui a lui-même expérimenté des formats hybrides, insiste sur un point : "Le Dirty Boxing, c’est comme un échiquier. Tu dois anticiper trois coups à l’avance". Pour Steveson, habitué à imposer son rythme en lutte, c’est une toute nouvelle façon de penser le combat.
Et Si Tout Cela N’était Qu’un Tremplin Vers l’UFC ?
Certains y voient déjà une stratégie à long terme. Steveson a toujours rêvé de combiner lutte et frappes, et le Dirty Boxing pourrait n’être qu’une étape avant une carrière en MMA. Son KO en septembre a montré qu’il avait le niveau pour tenir dans une cage, mais le Dirty Boxing lui offre une visibilité immédiate et un format moins exigeant en termes de préparation globale.
"Si Gable réussit en Dirty Boxing, l’UFC ne pourra pas l’ignorer", estime un analyste de ESPN. Dana White, le président de l’UFC, a déjà exprimé son intérêt pour les athlètes olympiques, et un Steveson dominant en frappes serait un atout majeur pour l’organisation. Mais attention : un échec contre Swanson pourrait remettre en cause cette trajectoire.
Pour l’instant, Steveson reste concentré sur le 30 octobre. "Je ne pense pas à l’UFC ou à autre chose. Je pense à Billy Swanson et à la façon dont je vais le battre", a-t-il déclaré. Une approche pragmatique, mais qui cache peut-être une ambition bien plus grande.

