Le défi lancé : "Je veux l'argent, et Pereira a l'or"
Imaginez la scène : un combattant né dans les quartiers modestes d'Auckland, ancien ouvrier du bâtiment, qui monte sur l'octogone pour défier le roi des mi-lourds. Ce n'est pas le scénario d'un film, mais bien la réalité de Carlos Ulberg, actuellement 3ᵉ du classement UFC. Lors d'une interview explosive avec MMAJunkie, le Néo-Zélandais a lancé un défi sans détour à Alex Pereira : *"Ce combat, c'est le 'Money Fight' que tout le monde veut voir. Moi, je veux l'argent. Et lui, il a la ceinture. Alors faisons-le."* Une déclaration qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux, avec #UlbergVsPereira trending dans la communauté MMA.
Les chiffres donnent raison à son audace : 9 victoires d'affilée (dont 8 par KO/TKO), un taux de finition de 89% en carrière, et une moyenne de 2,3 minutes par combat depuis son arrivée à l'UFC en 2020. Face à des adversaires comme Fabio Cherant ou Ihor Potieria, Ulberg a démontré une capacité à dominer dès le premier round, combinant une boxe précise à un jeu de jambes surprenant pour un combattant de 1m93. *"Son left hook est aussi précis qu'un tir de sniper"*, analyse Daniel Cormier, commentateur historique de l'UFC.
Pourtant, le chemin vers Pereira est semé d'embûches. Le champion brésilien, lui-même en quête de défis lucratifs, a récemment évoqué dans The Schmo son désir d'affronter Jon Jones dans un méga-combat qui ferait trembler les records d'audience. *"Alex veut l'argent, et Jon Jones, c'est le jackpot"*, résume Ariel Helwani. Une équation qui pourrait reporter sine die les ambitions d'Ulberg... à moins que l'UFC ne fasse le calcul inverse : un Pereira vs Ulberg générerait un buzz immédiat, avec deux styles explosifs et un narratif clair (le vétéran expérimenté vs la jeunesse affamée).
Pourquoi Ulberg est l'adversaire parfait pour Pereira (et pour l'UFC)
À 33 ans, Carlos Ulberg représente ce que l'UFC adore : un outsider charismatique avec un parcours inspirant. Originaire de Samoa, élevé en Nouvelle-Zélande, il a enchaîné les petits boulots (livreur, maçon) avant de se consacrer au MMA sur le tard. *"J'ai commencé à 24 ans, alors que la plupart des pros commencent à 16. J'ai dû tout rattraper"*, confie-t-il. Cette histoire, couplée à son style spectaculaire, en fait un aimant à fans. Preuve en est : son combat contre Kennedy Nzechukwu (UFC 291) a enregistré +40% d'engagement sur les réseaux par rapport à la moyenne de la catégorie.
Face à cela, Alex Pereira (36 ans) incarne l'expérience et la ruse. Champion en titre depuis novembre 2022, "Poatan" a déjà essuyé les critiques sur son jeu parfois trop défensif. Un affrontement contre Ulberg serait l'occasion de taire les détracteurs : *"Pereira a besoin d'un KO spectaculaire pour relancer son star power. Ulberg, avec son jeu ouvert, est la cible idéale"*, analyse Chael Sonnen. Sans compter l'aspect financier : selon les estimations de Sports Business Journal, un Pereira vs Ulberg pourrait générer entre 800 000 et 1 million de PPV, un chiffre rare pour les mi-lourds (hors Jon Jones).
L'autre atout d'Ulberg ? Il n'a aucun passé avec Pereira. Contrairement à Jiri Procházka (n°1 du classement), qui a déjà affronté le Brésilien à deux reprises (1 victoire chacun), le Néo-Zélandais offre une dynamique 100% inédite. *"Les fans en ont marre des trilogies. Ils veulent du neuf"*, souligne Dana White dans une récente conférence. Ulberg, lui, assume ce rôle de "nouveau visage" : *"Je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je veux écrire ma propre histoire, pas répéter celle des autres."*
L'équation impossible : Jon Jones, le caillou dans la chaussure
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes... si Jon Jones ne planait pas comme une ombre sur la division. Le "GOAT" des mi-lourds, actuellement en pause, reste l'obsession de Pereira. *"Alex ne pense qu'à ça. Il veut ce combat pour légitimer son règne"*, révèle une source proche du champion. Problème : Jones, lui, semble plus intéressé par un retour en lourds ou un combat exhibition (comme celui contre Francis Ngannou en boxe).
Résultat : l'UFC se retrouve face à un dilemme. Option 1 : Attendre Jones (au risque de paralyser la division pendant 6 à 12 mois). Option 2 : Pousser Pereira vers Ulberg, quitte à priver les fans d'un "dream fight". *"Dana White déteste les divisions bloquées. S'il sent que Jones traîne, il pourrait forcer Pereira à défendre son titre contre Ulberg d'ici l'été 2025"*, prédit Marc Raimondi (ESPN). Une hypothèse qui prend du poids quand on sait que l'UFC a déjà programmé un événement majeur à Sydney en février 2025 – un cadre idéal pour un combat impliquant Ulberg, star locale.
Interrogé sur cette possibilité, Ulberg reste philosophique : *"Je ne contrôle pas les décisions de l'UFC. Mais si on me propose Pereira en février, je signe demain. Et je vous promets une chose : ce combat ne durera pas 5 rounds."* Une confiance qui s'appuie sur des faits : ses 3 derniers combats se sont tous soldés par un KO au 1ᵉʳ round.
Derrière les gants : l'homme qui défie les lois du temps
Ce que peu de gens savent, c'est que Carlos Ulberg est un ovni statistique. À 33 ans, il affiche des réflexes et une explosivité dignes d'un combattant de 25 ans. *"Son temps de réaction est dans le top 5% de l'UFC, tous poids confondus"*, révèle une étude de UFC Performance Institute. Un atout qu'il doit à un entraînement hors norme : 2 séances de sparring par jour (dont une en altitude simulée), et un régime alimentaire inspiré des guerriers samouraï (riche en poisson cru et algues).
Autre détail surprenant : Ulberg est ambidextre. Il écrit de la main gauche, mais combat en droitier... sauf quand il feinte. *"Je switch de garde 3-4 fois par combat. Les adversaires ne savent plus où donner de la tête"*, explique-t-il. Une tactique qui a déstabilisé Ihor Potieria (UFC 281), où il a enchaîné un uppercut du gauche suivi d'un crochet du droit en 0,8 seconde – la combinaison la plus rapide enregistrée en 2023.
Enfin, il y a l'effet "underdog". Ulberg a grandi en regardant les combats de Mark Hunt, autre Néo-Zélandais parti de rien pour devenir légende. *"Mark m'a appris une chose : dans ce sport, ce n'est pas la taille qui compte, mais la taille de ton cœur."* Une philosophie qui résume son approche : peu importe les obstacles (blessures, retards de visa, manque de sponsors), il avance. Et aujourd'hui, il est à une victoire de réaliser son rêve d'enfant.
Le scénario catastrophe (et pourquoi il n'arrivera pas)
Bien sûr, tout le monde n'y croit pas. Michael Bisping, champion UFC à la retraite, tempère : *"Ulberg a du talent, mais Pereira est un niveau au-dessus. Alex a boxé avec Israel Adesanya, il a l'expérience des grands soirs. Carlos, lui, n'a jamais affronté un top 5."* Un avis partagé par Dominick Reyes, qui voit dans le Néo-Zélandais *"un bon striker, mais trop prévisible au sol"*.
Pourtant, les données contredisent cette analyse. Selon FightMetric, Ulberg a amélioré son grappling de 40% en 2 ans, avec un taux de défense au takedown de 78% (contre 65% en 2021). *"Il a travaillé avec Henry Cejudo sur sa lutte. Ce n'est plus le même combattant"*, souligne son coach, Eugene Bareman (City Kickboxing). Quant à l'expérience, Ulberg a un argument imparable : *"Pereira a perdu contre Izzy [Adesanya] deux fois. Moi, je n'ai jamais perdu à l'UFC. Alors qui est vraiment le favori ?"*
Reste la question du timing. Si l'UFC attend trop, Ulberg pourrait se lasser. *"Je ne vais pas attendre indéfiniment. Si Pereira ne veut pas, je prendrai le titre par la force"*, avertit-il, évoquant un possible combat contre Magomed Ankalaev (n°2 du classement) d'ici fin 2024. Une stratégie risquée, mais qui montre sa détermination : qu'importe la route, il atteindra son but.

