UFC Rio : Pereira s’impose, l’UFC tremble
Rio de Janeiro a encore vibré sous les coups de Alex Pereira. À l’UFC 320, le Brésilien a offert une masterclass de strike, écrasant son adversaire avec une précision chirurgicale et une puissance rare. Le KO au 2ᵉ round a scellé son destin : Pereira n’est plus un simple champion, il est le prétendant à surveiller dans la catégorie reine. Avec un palmarès déjà chargé en kickboxing (double champion du monde Glory) et des victoires marquantes en MMA (dont deux contre Israel Adesanya), "Poatã" prouve qu’il a les épaules pour porter le poids des attentes.
Mais c’est hors de l’octogone que les discussions s’embrasent. Dana White, président de l’UFC, a laissé échapper un sourire en conférence de presse : *"Jon [Jones] a un défi devant lui… et il s’appelle Alex."* Une phrase qui a électrisé les réseaux sociaux.
Pereira vs. Jones : le combat que personne n’osait imaginer
Sur le papier, Jon Jones (27-1, 1 NC) contre Alex Pereira (10-2) ressemble à un mismatch. L’Américain, invaincu depuis 2015, domine les poids lourds avec une aisance déconcertante, mélangeant allonge, technique et intelligence de combat. Pereira, lui, incarne la menace ultime : un style de kickboxing ultra-agressif, des coups de pied tournants capables de briser les gardes les plus solides, et une confiance à toute épreuve.
Pourtant, les experts sont divisés. Daniel Cormier, ancien double champion UFC, tempère : *"Jones n’a jamais affronté un frappeur comme Pereira. Son chin [résistance aux coups] sera testé comme jamais."* À l’inverse, Michael Bisping mise sur l’expérience : *"Jon a vu tous les styles. Il va étouffer Pereira avec son grappling et son contrôle au sol."*
Les cotes des bookmakers reflètent cette incertitude : 1,75 pour Jones contre 2,10 pour Pereira, des valeurs serrées pour un combat aussi asymétrique sur le papier. Preuve que les parieurs sentent le piège. Et si l’UFC parvient à finaliser l’affrontement, les estimations parlent d’un pay-per-view dépassant les 2 millions d’achats – un chiffre réservé aux légendes comme Conor McGregor ou Khabib Nurmagomedov.
"The Machine" face à son cauchemar : Yan 2, la revanche qui fait peur
Pendant que Pereira fait trembler les poids lourds, Merab Dvalishvili (17-4) doit gérer ses propres démons. Son premier combat contre Petr Yan (17-5), en mars 2022, s’était soldé par une décision partagée controversée – une victoire pour le Géorgien, mais un goût amer pour les fans. Yan, alors champion intouchable, avait dominé les échanges debout avant de s’épuiser face au rythme infernal de Dvalishvili.
Deux ans plus tard, les données ont changé. Dvalishvili, désormais champion, impose un rythme monstrueux : 12,3 frappes significatives par minute (le double de la moyenne en UFC), un taux de pression qui étouffe ses adversaires, et une endurance à toute épreuve. Yan, lui, a peaufiné sa défense (62% de frappes évitées) et son timing. Coaché par John Kavanagh (l’homme derrière Conor McGregor), il promet un *"plan B, C, et D"* pour contrer The Machine.
L’enjeu ? La légitimité du règne de Dvalishvili. Une défaite et les critiques diront qu’il n’est qu’un *"pressure fighter"* incapable de finir les combats. Une victoire, et il entrera dans la légende des poids coqs. Dana White a déjà confirmé : *"Le gagnant affronte le vainqueur de O’Malley-Vera. Point final."*
Dans les coulisses : quand Pereira rencontre Jones
Saviez-vous que Alex Pereira et Jon Jones se sont déjà croisés… en 2019, lors d’un événement Glory aux États-Unis ? À l’époque, Pereira, alors star montante du kickboxing, avait été présenté à Jones par Glory’s CEO. *"Il m’a serré la main et m’a dit : ‘Un jour, on se retrouvera dans la cage’"*, raconte Pereira dans une interview pour MMA Fighting. *"J’ai ri, parce que je ne faisais même pas de MMA à l’époque."*
Quatre ans plus tard, la prophétie pourrait se réaliser. Mais les tensions sont palpables. Jones, connu pour son mind game (jeu psychologique), a lancé sur Twitter : *"Alex a du talent, mais il n’a jamais affronté un vrai poids lourd. Moi, je pèse 250 lbs [113 kg] le jour du combat. Lui, il pèse à peine 220 lbs [100 kg] trempé."* Pereira a répondu par une vidéo d’entraînement… en soulevant des pneus de 150 kg.
Autre détail croustillant : les deux hommes sont représentés par la même agence, Paradigm Sports. Une situation rare qui complique les négociations, mais qui pourrait accélérer la signature du contrat. *"On veut ce combat avant fin 2024"*, confie une source proche des discussions.
McGregor suspendu, l’UFC en ébullition
Alors que Pereira et Dvalishvili préparent leurs prochains défis, l’UFC doit gérer une autre crise : la suspension de Conor McGregor. L’Irlandais, star incontestée du MMA, a été exclu temporairement après son comportement lors de l’UFC 303 (bagarre en conférence de presse, insultes envers les officiels). Dana White a été clair : *"Conor a franchi une ligne. Il doit comprendre qu’il n’est pas au-dessus des règles."*
Une suspension qui tombe mal pour l’UFC. McGregor, malgré ses défaites récentes, reste un aimant à pay-per-view (son combat contre Michael Chandler a généré 1,5M d’achats). Sans lui, la promotion doit compter sur de nouveaux visages – comme Pereira ou Islam Makhachev – pour porter les événements.
Ironie du sort : cette suspension pourrait accélérer les négociations pour Pereira vs. Jones. *"L’UFC a besoin d’un blockbuster"*, analyse Ariel Helwani. *"Et ce combat, c’est l’équivalent d’un Avengers du MMA."*
Avec Conor McGregor sur la touche, l’UFC a une opportunité en or : transformer ces affrontements en phénomènes mondiaux. Les fans l’ont compris : 2024 pourrait bien être l’année où les légendes tombent… et où de nouvelles naissent.

