Las Vegas, Nevada – Quand Carlos Ulberg monte dans l'octogone, ce n'est pas seulement son 1m93 et ses 95 kg de muscles qui impressionnent. C'est surtout son audace verbale, presque aussi tranchante que ses coups de pied. Le Néo-Zélandais d'origine samoane a encore frappé fort cette semaine en déclarant sans détour : "Un troisième combat entre Pereira et Procházka ? Sérieusement ? L'UFC doit arrêter de tourner en rond. Mon palmarès parle pour moi : neuf victoires, zéro défaite depuis 2021. C'est MON tour maintenant."
L'argument choc : "Deux défaites, ça devrait suffire"
Ulberg ne mâche pas ses mots quand il analyse la situation actuelle des poids mi-lourds. Pour lui, le double KO infligé par Alex Pereira à Jiří Procházka (à UFC 295 en novembre 2023, puis en juin 2024) devrait clore définitivement ce chapitre. "Que faut-il de plus ? Un troisième round pour que Pereira le finisse une troisième fois ? Où est la logique sportive là-dedans ?", s'interroge-t-il.
Son raisonnement repose sur trois piliers :
1. L'évidence mathématique : "Deux défaites par KO en moins d'un an, c'est une domination sans appel."
2. Le mérite sportif : "Moi, j'ai enchaîné neuf victoires, dont sept avant la limite. Où est la justice ?"
3. L'intérêt des fans : "Les gens veulent du neuf, pas du réchauffé. Regardez les réactions après mon combat contre Reyes !"
Le parcours qui force le respect : de l'ombre à la lumière
Ce que beaucoup ignorent, c'est que la route d'Ulberg vers le sommet a été tout sauf linéaire. Débuts en boxe à 16 ans, transition vers le kickboxing puis le MMA en 2011... Le Kiwi a mis près d'une décennie à percer. Son déclic ? Une série de combats en Asie (notamment au ONE Championship) entre 2018 et 2020, où il a peaufiné son style explosif.
Depuis son arrivée à l'UFC en 2021, c'est une autre histoire :
• 2021 : 3 victoires en 10 mois (dont un KO en 33 secondes contre Kennedy Nzechukwu)
• 2022 : Victoire contre Tafon Nchukwi (décision unanime) et Ihor Potieria (KO au 2e round)
• 2023-2024 : Le grand saut avec des succès contre Jan Błachowicz (légende polonaise) et Dominick Reyes (ancien prétendant au titre)
"Chaque combat était un test. Reyes ? C'était ma consécration. Un gars qui a tenu tête à Jon Jones, et je l'ai dominé de bout en bout. Ça devrait compter, non ?", lance-t-il avec un sourire en coin.
Le style Ulberg : quand la puissance rencontre la précision
Ce qui rend Ulberg si dangereux, c'est son mélange explosif :
• Boxe : Un jab puissant (62% de précision en strikes significatifs) et un crochet du gauche dévastateur
• Kickboxing : Des low kicks qui ont brisé les jambes de plusieurs adversaires (ask Tafon Nchukwi)
• Grappling : Sous-estimé, il a surpris avec des soumissions contre des lutteurs agréés (comme contre Potieria)
Chiffres clés :
• 85% de ses victoires par KO/TKO
• Temps moyen de victoire : 4 minutes et 32 secondes
• 70% de réussite en défense contre les takedowns
"Les gens me voient comme un striker, mais j'ai travaillé mon sol avec Eugene Bareman [son coach à City Kickboxing]. Pereira a un bon jiu-jitsu ? Parfait. Ça me donne l'occasion de montrer cette facette de mon jeu."
Le dilemme de l'UFC : écouter les fans ou le mérite ?
Voici où les choses se compliquent. D'un côté :
• Les fans veulent revoir Procházka vs Pereira (le premier combat était un Fight of the Year candidat)
• Dana White adore les trilogies (ex : Poirier vs McGregor, Figueiredo vs Moreno)
• Procházka reste un aimant à PPV (son style "samouraï" fascine)
De l'autre :
• Ulberg a le parcours le plus méritant (9-0 à l'UFC, #3 mondial)
• Magomed Ankalaev (#2) attend aussi son chance depuis 2022
• Jamahal Hill (ex-champion) pourrait revenir dans la course
"Je comprends l'aspect business, mais à un moment, il faut respecter le sport. Si c'est juste une question d'argent, alors dites-le clairement. Moi, je veux gagner ce titre sur le terrain, pas dans les bureaux.", assène Ulberg.
Et si c'était lui, le prochain "méchant" de la division ?
Avec son franc-parler et son style agressif, Ulberg a tout pour devenir la nouvelle tête à abattre. Pereira lui-même a réagi à ses déclarations : "Ce gars a du cran, je lui accorde ça. Mais parler ne suffit pas dans l'octogone. Qu'il continue à gagner, et on verra."
Une chose est sûre : si l'UFC lui donne sa chance, Ulberg promet un spectacle. "Contre Pereira, ce serait feu contre glace. Lui, c'est la technique froide. Moi, je suis l'explosion. Et devinez quoi ? Dans cette division, c'est l'explosion qui gagne souvent."
Prochaine étape probable : un combat contre Magomed Ankalaev pour désigner le challenger officiel. Ulberg est prêt. "Qu'ils me donnent n'importe qui. Je vais tous les écraser jusqu'à ce que cette ceinture soit à moi."

