Un Début en UFC qui Marque les Esprits
Le 10 août 2024, le monde du MMA découvrait Bia Mesquita sous les projecteurs de l’UFC. À 34 ans, la Brésilienne a offert une performance maîtrisée contre Irina Alekseeva, conclue par un étranglement arrière au deuxième round. Une entrée en matière qui n’a rien laissé au hasard : Mesquita a dominé son adversaire avec une technique de jiu-jitsu brésilien implacable, tout en révélant un striking précis et un ground-and-pound efficace. "Ce combat était crucial pour montrer que je ne suis pas qu’une grappeuse", confie-t-elle après sa victoire.
Pourtant, ce qui frappe chez Mesquita, c’est sa capacité à allier humilité et ambition démesurée. Invaincue en 6 combats (dont 4 victoires par soumission), elle assume son statut de "débutante" en UFC tout en visant déjà les sommets. "Je sais que je dois progresser étape par étape, mais je veux que chaque combat me rapproche du titre", explique-t-elle, lucide. Son objectif ? Devenir une menace à 360°, capable de s’imposer debout comme au sol, à l’image des reines de la division, Kayla Harrison et Amanda Nunes.
Ce qui intrigue aussi, c’est son rêve récurrent : un affrontement contre Ronda Rousey, la pionnière des MMA féminins. "Elle a changé notre sport à jamais. Un combat contre elle serait bien plus qu’un simple match – ce serait un hommage", déclare Mesquita, évoquant un potentiel "duel des armbars", sa spécialité. Pourtant, elle tempère : "Si Dana White me propose ce combat demain, je signe sans hésiter… mais mon focus reste l’UFC et le titre."
"Russian Ronda" : Le Combat qui a Tout Changé
"Je voulais envoyer un message : je ne suis pas qu’une spécialiste du sol." Ces mots résument la stratégie de Mesquita face à Alekseeva, surnommée "Russian Ronda" pour son style agressif. Dès le premier round, la Brésilienne a surpris en enchaînant strikes debout et contrôles au sol, loin de l’image de la combattante unidimensionnelle. "À l’American Top Team, on me pousse à sortir de ma zone de confort", révèle-t-elle.
La clé de cette évolution ? Une préparation "sans faille", comme le souligne son coach : "Bia a un grappling élite, mais on travaille son striking pour qu’elle devienne imprévisible." Résultat : contre Alekseeva, ses coups de poing au sol et sa gestion de la distance ont marqué les esprits. "Je veux que mes adversaires se demandent : 'Dois-je craindre ses soumissions… ou ses coups ?'", lance-t-elle, malicieuse.
Cette polyvalence est un atout majeur dans une division bantamweight dominée par des athlètes complètes comme Harrison (judoka) et Nunes (boxe + jiu-jitsu). "Pour battre les meilleures, il faut maîtriser tous les aspects", insiste Mesquita. Et si son armbar n’a pas encore fait son apparition en UFC, la menace plane : "Je l’ai en réserve… pour les bons moments."
L’American Top Team : L’Usine qui Fabrique des Champions
Derrière chaque grand combattant, il y a souvent un gym légendaire. Pour Mesquita, c’est l’American Top Team (ATT) en Floride, connu pour avoir formé des stars comme Amanda Nunes ou Jorge Masvidal. "Ici, on ne te laisse aucune faiblesse", explique-t-elle. L’approche est simple : "No weak link". Chaque jour, Mesquita travaille son boxing, son muay-thaï, et bien sûr, son grappling, sous l’œil exigeant de coaches qui ont vu défiler les meilleurs.
"L’ATT m’a appris à penser comme une combattante complète", confie-t-elle. Preuve en est : son combat contre Alekseeva a montré une adaptation tactique remarquable. "Je savais qu’elle était dangereuse debout, alors j’ai varié les angles et les transitions", détaille Mesquita. Une stratégie payante, qui lui a permis de dominer une adversaire réputée pour sa résistance.
Mais au-delà de la technique, c’est la mentalité que l’ATT inculque à ses athlètes. "On nous apprend à gagner, mais aussi à gérer la pression et les attentes", révèle-t-elle. Un état d’esprit crucial pour une combattante qui, malgré ses débuts en UFC, est déjà sous les projecteurs. "Je ne veux pas être une étoile filante. Je veux construire quelque chose de durable."
Ronda Rousey : Un Rêve… ou une Réalité ?
Si Mesquita parle de Rousey avec admiration, c’est parce que cette dernière a redéfini les MMA féminins. "Sans elle, je ne serais peut-être pas là aujourd’hui", reconnaît la Brésilienne. Rousey, première championne bantamweight de l’UFC et icône mondiale, a popularisé l’armbar – une soumission que Mesquita maîtrise à la perfection. "Un combat contre elle serait comme un passage de témoin", imagine-t-elle, les yeux brillants.
Pourtant, la réalité est plus complexe. Rousey, retraitée depuis 2016 (avec un bref retour en 2022 pour un combat exhibition), n’a jamais officiellement annoncé son retour. "Je ne me fais pas d’illusions", admet Mesquita. "Mais si l’opportunité se présente, je serai prête. En attendant, je me concentre sur 2026 et le titre."
Certains critiques estiment que ce rêve est "trop ambitieux", voire "distrayant". "Bia a le potentiel, mais elle doit d’abord prouver qu’elle peut battre le top 10", souligne un analyste. Mesquita balaye ces doutes : "Les rêves donnent du sens à l’effort. Et puis, qui sait ? Rousey a déjà surpris tout le monde par le passé."
2026 : L’Année de Toutes les Ambitions
Avec Kayla Harrison et Amanda Nunes en ligne de mire, Mesquita sait que le chemin vers le titre sera semé d’embûches. "Ces deux femmes sont des légendes. Pour les battre, il me faudra une préparation parfaite", analyse-t-elle. Son plan ? Combattre souvent, accumuler de l’expérience, et peaufiner ses faiblesses. "Je veux que Dana White n’ait pas le choix : il devra me donner ma chance."
Son prochain combat, prévu début 2025, sera un test crucial. "Je ne vise pas un adversaire en particulier. Je veux simplement montrer que je mérite d’être dans les discussions pour le titre", déclare-t-elle. Une approche pragmatique, mais qui cache une détermination sans limites. "Le MMA, c’est comme le jiu-jitsu : il faut être patient, mais quand l’opportunité se présente, il faut frapper fort."
Et si Rousey revenait ? Mesquita sourit : "Ce serait la cerise sur le gâteau. Mais d’abord, je dois construire le gâteau." Une métaphore qui résume bien sa philosophie : rêver grand, mais agir méthodiquement. Dans un sport où les carrières peuvent s’éteindre aussi vite qu’elles s’allument, Bia Mesquita semble avoir trouvé l’équilibre parfait entre ambition et réalisme.

