Le choc qui a fait trembler l’Octogone : 3 minutes pour effacer 10 ans de frustration
Le samedi 20 juillet 2024, l’UFC a vécu l’un de ces moments rares où une victoire dépasse le simple cadre sportif. Quand Ante Delija a envoyé Marcin Tybura au tapis d’un crochet du gauche précis, suivi d’une volée de coups au sol, ce n’était pas qu’un KO de plus. C’était la fin d’une attente de dix ans, une revanche mûrie dans l’ombre, et le couronnement d’un parcours aussi chaotique qu’inspirant. Le public du UFC Fight Night a explosé, les réseaux sociaux se sont embrassés, et Delija, les bras levés, a enfin pu souffler : “Cette fois, c’est moi qui ai eu le dernier mot.”
Tout avait commencé en 2015, lors d’un combat en Pologne où Tybura l’avait emporté… par blessure de Delija (une entorse au genou). Une défaite amère, qui avait laissé le Croate avec un goût d’inachevé. Neuf ans plus tard, après des hauts (le titre PFL en 2022) et des bas (une suspension, des blessures, trois ans sans combat), il revenait plus fort, plus technique, et surtout, plus déterminé que jamais. Le KO contre Tybura ? Un message clair : Ante Delija n’est plus le jeune espoir fragile de 2015, mais un prétendant sérieux aux ceintures.
La cerise sur le gâteau ? Un bonus de 50 000 dollars pour *Performance of the Night*, une reconnaissance officielle de l’UFC pour ce retour en grande pompe. *“Je savais que ce serait rapide, mais pas à ce point”*, a-t-il avoué en conférence de presse, un sourire en coin. Rapidité, puissance, précision : Delija a coché toutes les cases, prouvant qu’il mérite sa place parmi les géants de la division.
Tom Aspinall, l’homme invisible derrière la victoire : “Plus dur que le combat lui-même”
Si un nom doit rester associé à ce triomphe, c’est bien celui de Tom Aspinall. Pas sur le contrat, pas dans les statistiques, mais dans chaque coup de poing, chaque mouvement de Delija. Depuis dix-huit mois, le Croate s’entraîne au Aspinall BJJ à Wigan, en Angleterre, sous la houlette du champion UFC des poids lourds. Et les séances ? *“Beaucoup plus dures que le combat contre Tybura”*, assume-t-il sans détour.
*“Tom me casse tous les jours. Littéralement. Je rentre chez moi en me demandant comment je vais tenir demain.”* Ces mots, prononcés en amont du fight, prennent tout leur sens aujourd’hui. Aspinall, connu pour son style agressif et son jiu-jitsu dévastateur, a poussé Delija dans ses retranchements, forgeant une résistance mentale et physique à toute épreuve. Résultat ? Un combat où le Croate a dominé de bout en bout, sans jamais sembler en difficulté.
Et puis, il y a eu cette phrase, lancée avec un mélange de provocation et de reconnaissance : *“Désolé, les Français”*. Une référence à Ciryl Gane, que Delija a croisé en sparring, et une façon d’avouer que rien ne pouvait être plus difficile que ses entraînements avec Aspinall. *“Quand tu t’entraînes avec le meilleur, les combats deviennent… faciles”*, a-t-il résumé, comme pour minimiser l’exploit. Pourtant, terrasser Tybura en trois minutes, ça n’a rien d’anodin.
“La PFL m’a tout appris, mais l’UFC, c’est l’aboutissement” : l’ascension d’un outsider
Avant de fouler les tapis de l’Octogone, Ante Delija était déjà un nom respecté dans le monde du MMA. Notamment grâce à son parcours en PFL, où il a remporté le tournoi millionnaire en 2022 dans la catégorie poids lourds. Une performance qui lui a ouvert des portes, mais aussi des dilemmes : rester dans une ligue où il était roi, ou tenter sa chance à l’UFC, où l’élite est impitoyable.
Son choix ? Rompre son contrat avec la PFL début 2024, après mûre réflexion. *“Je voulais me tester contre les meilleurs. Pas juste gagner de l’argent, mais construire un héritage”*, explique-t-il. Un pari risqué, mais qui paie aujourd’hui. Car si la PFL lui a offert une stabilité financière et une visibilité, l’UFC représente le Graal : *“C’est ici que les légendes se font. Regardez Francis Ngannou : il est venu de rien, comme moi. Et aujourd’hui, il est une icône.”*
La comparaison avec Ngannou n’est pas anodine. Comme le “Predator”, Delija a dû quitter son pays (la Croatie), s’adapter à de nouvelles cultures (l’Angleterre, les États-Unis), et surmonter des épreuves qui auraient brisé bien des carrières. *“Francis a prouvé que tout est possible. Moi, je veux prouver que je peux aller aussi loin.”* Avec ce KO contre Tybura, il a franchi la première marche. La prochaine ? Peut-être un top 10, peut-être un titre. Une chose est sûre : Ante Delija n’est plus un outsider. C’est un chasseur de ceintures.
Derrière le KO : la méthode Delija, entre sacrifice et obsession
Ce que peu de gens savent, c’est que la préparation de ce combat a failli ne jamais avoir lieu. En décembre 2023, Delija a subi une blessure au dos qui l’a cloué au lit pendant des semaines. *“J’ai cru que c’était fini. Que je ne remettrais plus jamais les gants.”* Mais plutôt que de baisser les bras, il a revu toute sa stratégie : moins de force pure, plus de technique ; moins de risques inutiles, plus de précision. *“J’ai appris à combattre malin, pas juste fort.”*
Autre détail révélateur : son régime alimentaire. Pour ce fight, il a travaillé avec un nutritionniste spécialisé dans les sports de combat extrêmes, adoptant un menu riche en protéines végétales et acides gras pour optimiser sa récupération. *“Je pesais 120 kg il y a deux ans. Aujourd’hui, je suis à 110, mais je suis plus explosif que jamais”*, confirme-t-il. Une métamorphose physique qui s’est accompagnée d’une métamorphose mentale : *“Je ne combats plus pour gagner. Je combats pour dominer.”*
Enfin, il y a l’aspect psychologique. Delija a travaillé avec un préparateur mental (ancien militaire) pour gérer le stress et la pression. *“Dans l’Octogone, tu es seul. Mais dans ta tête, tu peux avoir une armée.”* Une philosophie qui lui a permis de rester froid comme la glace face à Tybura, malgré l’enjeu émotionnel. *“Jeais attendu ce moment trop longtemps pour le gâcher.”*
Et maintenant ? Les défis qui attendent le “Croatian Hammer”
Avec cette victoire, Ante Delija entre officiellement dans la course aux ceintures. Mais le chemin est encore long. Dans le top 15 des poids lourds, des noms comme Sergei Pavlovich, Curtis Blaydes ou Jailton Almeida attendent de pied ferme. *“Je ne choisis pas mes adversaires. Je les prends tous”*, déclare-t-il, confiant.
Son prochain objectif ? Un combat avant la fin de l’année, idéalement contre un top 10. *“Je veux monter vite. Pas pour l’argent, mais pour prouver que je mérite d’être là”*. Et si on lui parle d’un éventuel affrontement contre Tom Aspinall (son mentor et ami), il sourit : *“On verra. Mais aujourd’hui, Tom est mon frère. Demain… qui sait ?”*
Une chose est sûre : après ce KO, personne ne sous-estimera plus Ante Delija. Ni ses adversaires, ni les fans, ni Dana White. *“J’ai attendu dix ans pour ça. Maintenant, je ne vais plus attendre personne.”* Le message est passé.

