Las Vegas tremble : le KO qui a propulsé Cortes-Acosta dans la course au titre
1ᵉʳ novembre 2024, UFC Apex, Las Vegas. Le public retient son souffle quand Waldo Cortes-Acosta, surnommé « Salsa Boy » pour son énergie endiablée, entre dans la cage face à Ante Delija, un Croate réputé pour sa résistance. Le combat ne durera que 3 minutes et 29 secondes. Un crochet du gauche, un uppercut dévastateur, et Delija s’effondre, KO. La salle explose. Cortes-Acosta, les bras levés, hurle vers les caméras : « Je vous avais dit que j’allais le finir ! »
Cette victoire, sa 15ᵉ en carrière (dont 8 avant la limite), lui vaut un bonus « Performance de la soirée » de 50 000 $. Mais au-delà des chiffres, c’est la manière qui marque. Delija, partenaire d’entraînement de Tom Aspinall, était présenté comme un test sérieux pour le Dominico-Canadien. Raté. « Salsa Boy » a dominé de bout en bout, prouvant qu’il n’était plus un simple espoir, mais un prétendant crédible au titre.
Pourtant, le combat aurait pu basculer. Au milieu du premier round, Cortes-Acosta reçoit un coup de doigt dans l’œil – le même type de blessure qui a coûté le titre à Aspinall en septembre 2024. Mais là où le Britannique a abandonné, lui serre les dents. « J’ai vu des étoiles, mais j’ai continué. Un vrai champion ne recule pas. » Une résilience qui force le respect.
« Aspinall a abandonné pour un doigt… Moi, je frappe jusqu’au bout ! »
Dès la conférence de presse post-combat, Cortes-Acosta vise haut : « Tom, je te parle ! Tu as perdu ton titre à cause d’un doigt dans l’œil. Moi, j’ai encaissé la même chose contre Delija, et regarde ce que j’ai fait de lui. Alors, que vas-tu faire face à mes poings ? » La provocation est claire, calculée. Et elle fait mouche.
Le contexte est cruel pour Aspinall. En septembre 2024, lors de l’UFC 306, un coup de doigt accidentel de Curtis Blaydes l’a forcé à abandonner, lui faisant perdre sa ceinture. Une blessure bénigne, mais un arrêt qui a divisé les fans. Cortes-Acosta, lui, a transformé sa faiblesse en force : non seulement il a survécu à un incident similaire, mais il a finis le combat avec panache.
Statiquement, le matchup est intrigant. Aspinall, technicien et spécialiste du grappling, contre Cortes-Acosta, puissance pure et explosivité. Le Dominico-Canadien a d’ailleurs un argument choc : « Delija s’entraînait avec Aspinall tous les jours. Il connaissait ses techniques… et ça ne l’a pas sauvé. » Une façon de dire : « Ton jeu, je le connais déjà. »
De la République dominicaine à l’UFC : l’ascension fulgurante de « Salsa Boy »
Né à Saint-Domingue, Waldo Cortes-Acosta a découvert les arts martiaux mixtes (MMA) presque par hasard, en regardant des vidéos de Fedor Emelianenko à l’adolescence. « Chez nous, on faisait surtout du baseball. Mais moi, je voulais cogner ! » s’amuse-t-il. À 19 ans, il émigre au Canada, où il se forme au Tristar Gym de Montréal, le temple de Georges St-Pierre.
Son parcours à l’UFC est celui d’un outsider qui défie les pronostics :
- 2020 : Victoire par KO contre Juan Adams (un autre espoir des lourds).
- 2021 : Succès contre la légende Andrei Arlovski, prouvant qu’il peut rivaliser avec l’élite.
- 2022 : Blessure au genou qui le tient éloigné des cages pendant 10 mois. « J’ai cru que c’était fini. Mais j’ai travaillé deux fois plus dur. »
- 2023-2024 : Quatre victoires en cinq combats, dont trois par KO.
Aujourd’hui 6ᵉ du classement UFC, il n’a plus rien à prouver… sauf qu’il peut battre un champion. Son palmarès (15-7) peut sembler irrégulier, mais ses défaites datent de ses débuts. Depuis qu’il a rejoint l’UFC, il a mûri, affûté son jeu, et surtout, appris à finir les combats. « Avant, je gagnais aux points. Maintenant, je veux des KOs. Le public adore ça, et moi aussi. »
Pourquoi l’UFC ne peut plus ignorer Cortes-Acosta
Avec cinq victoires en six combats sous la bannière UFC, dont quatre avant la limite, « Salsa Boy » a tous les arguments pour réclamer un combat pour le titre. Mais l’organisation, prudente, pourrait lui opposer un autre top 5 avant – peut-être Sergei Pavlovich ou Curtis Blaydes.
Pourtant, son style spectaculaire et son charisme en font un atout pour l’UFC. Dans une division des poids lourds souvent critiquée pour son manque de dynamisme, Cortes-Acosta apporte du spectacle. « Les fans veulent voir des KOs, des combats fous. Moi, je leur donne ça. » Et les chiffres lui donnent raison : ses trois derniers combats ont tous été élus « Performance de la soirée ».
Reste une question : Tom Aspinall acceptera-t-il le défi ? Le Britannique, en convalescence après sa défaite contre Blaydes, n’a pas encore réagi. Mais Cortes-Acosta, lui, est déjà dans la tête de son adversaire. « Il sait que je suis dangereux. Il sait que je peux le battre. Et ça, ça le fait réfléchir. »
Une chose est sûre : si le combat a lieu, ce sera l’affrontement entre l’homme qui a abandonné pour un doigt… et celui qui a continué malgré la douleur. Un récit parfait pour l’UFC. Et peut-être, le début d’une nouvelle ère chez les poids lourds.
Derrière le guerrier : le « Salsa Boy » qui danse avec la pression
Peu de gens le savent, mais Waldo Cortes-Acosta a un rituel d’avant-combat pour le moins original : il danse la salsa dans les coulisses. « Ça me détend. Quand je monte en cage, je suis sérieux. Mais avant, je dois lâcher prise. » Une façon de gérer la pression qui tranche avec l’image du colosse intimidant.
Père de deux enfants, il avoue puiser sa motivation dans sa famille. « Mes filles me regardent combattre. Je veux leur montrer qu’avec du travail, on peut tout accomplir. » Une philosophie qui explique peut-être sa résilience : en 2022, après sa blessure au genou, les médecins lui avaient conseillé six mois de repos. Il est revenu en quatre.
Autre détail marquant : son tatouage sur l’épaule gauche, représentant un coq de combat, symbole de la République dominicaine. « Chez nous, le coq, c’est le guerrier. Il se bat jusqu’à la mort. C’est comme ça que je veux être vu. » Une métaphore qui colle parfaitement à son état d’esprit.
Une chose est sûre : si l’UFC lui donne sa chance, « Salsa Boy » ne la gaspillera pas. Et les fans, eux, en redemanderont.

