Las Vegas, 1er novembre 2024 – L’UFC Apex a été le théâtre d’un des moments les plus fous de l’histoire récente du MMA. Lors de l’UFC Fight Night 263, le combat opposant Waldo Cortes-Acosta à Ante Delija dans la catégorie lourde a basculé en l’espace de quelques minutes, offrant aux spectateurs une séquence à couper le souffle. Tout a commencé comme un KO classique… avant de virer au scénario digne d’un film.
Le KO qui n’en était pas un : l’erreur fatale d’Ante Delija
À 3 minutes et 28 secondes du premier round, Ante Delija envoie un crochet du droit qui semble sonner le glas pour son adversaire. Waldo Cortes-Acosta s’effondre, et Delija, convaincu de sa victoire, lève les bras en signe de triomphe, tandis que l’arbitre Mark Smith s’apprête à arrêter le combat. Les caméras captent son sourire, ses cris de joie… avant que tout ne bascule.
Les ralentis révèlent l’impensable : un eye poke – un coup de doigt accidentel dans l’œil gauche de Cortes-Acosta – a précédé le KO. L’arbitre, après consultation avec les juges et le médecin, annule l’arrêt. La foule, d’abord en liesse, murmure son incompréhension. Delija, lui, passe de l’euphorie à la stupeur en quelques secondes. "Je ne l’ai pas fait exprès, mais c’est la règle…", déclarera-t-il plus tard en conférence de presse, visiblement frustré.
"Salsa Boy" se réveille : 42 secondes pour écrire l’Histoire
Après cinq minutes de pause médicale, le combat reprend. Et c’est un Waldo Cortes-Acosta métamorphosé qui entre dans la cage. Dès les premières secondes, il charge, déterminé à ne pas laisser filer cette seconde chance. Un uppercut du gauche suivi d’un crochet du droit en pleine mâchoire… et cette fois, c’est Ante Delija qui s’écroule, KO net.
42 secondes. C’est le temps qu’il aura fallu à "Salsa Boy" pour transformer l’injustice en légende. Les images de sa célébration – un mélange de soulagement et de rage contenue – font le tour du monde. Sur Twitter, le clip du KO devient viral en moins d’une heure, avec des milliers de commentaires saluant sa "résilience de guerrier".
"Je savais que ce n’était pas fini. Quand l’arbitre a dit ‘restart’, j’ai senti une énergie folle monter en moi. Ce KO, c’était pour tous ceux qui doutaient.", confiera Cortes-Acosta, encore essoufflé, après le combat.
Polémique et débat : l’UFC a-t-il bien fait de relancer le combat ?
Si la décision de relancer le combat est conforme au règlement (un eye poke involontaire entraînant une incapacité temporaire justifie un restart), elle divise les experts. Certains, comme l’analyste Daniel Cormier, saluent la rigueur de l’UFC : "C’est la bonne décision. Un eye poke, même accidentel, fausse le combat. Cortes-Acosta méritait sa chance."
D’autres, comme le vétéran Chael Sonnen, critiquent la fragilité des règles : "On ouvre la boîte de Pandore. Et si le prochain combattant simule un eye poke pour avoir un restart ? Où s’arrête-t-on ?" Le débat enfle, d’autant que des précédents existent : en 2019, un combat entre Leon Edwards et Belal Muhammad avait aussi été arrêté pour un eye poke, avant d’être déclaré No Contest.
Une chose est sûre : cette séquence relance la question d’une réforme des règles concernant les fautes involontaires en MMA.
Derrière le KO : l’enjeu psychologique d’un restart
Peu de combattants ont vécu un restart après un KO annulé. Pour Cortes-Acosta, la pression était immense : "Ces cinq minutes de pause ont été les plus longues de ma vie. Je devais me reconcentrer, oublier la douleur, et me dire que c’était encore mon combat."
Son coach, Rafael Cordeiro, révèle une anecdote frappante : "Waldo a murmuré ‘C’est mon nuit’ en espagnol avant la reprise. Je savais qu’il allait tout donner." À l’inverse, Delija a admis avoir été "déstabilisé mentalement" par l’annulation, perdant son élan initial.
Ce duel psychologique, aussi intense que physique, prouve que le MMA est autant un sport de stratégie mentale que de technique pure.
Et maintenant ? Les conséquences pour les deux combattants
Pour Waldo Cortes-Acosta (9-1 en MMA, 4-0 à l’UFC), cette victoire pourrait lui ouvrir les portes du Top 15 des lourds. Dana White, le président de l’UFC, a d’ailleurs salué sa performance : "Ce gars a du cœur. On va le surveiller de près."
Ante Delija (20-5), lui, voit sa série de trois victoires stoppée net. Malgré la déception, il reste philosophe : "C’est le sport. Je reviendrai plus fort." Certains observateurs suggèrent un match revanche, mais rien n’est encore acté.
Une chose est certaine : ce combat restera comme un cas d’école sur la gestion des eye pokes en MMA, et comme un témoignage de la résilience qui fait la beauté de ce sport.

