"Ne tombe pas dans son piège" : Les avertissements de Volkanovski, forgés dans la douleur
Quand Alexander Volkanovski parle, les combattants écoutent. Surtout quand il s’agit d’affronter Islam Makhachev, l’homme qui lui a ravi son titre des poids légers en 2023 avant de le confirmer lors de leur revanche. Le champion poids plume australien, connu pour son analyse chirurgicale des combats, n’a pas hésité à partager ses conseils stratégiques avec son compatriote Jack Della Maddalena, tête d’affiche de l’UFC 322 ce samedi 15 juin à New York. Son message ? "Ne le laisse pas t’emmener au sol. Jamais."
Pour Volkanovski, qui a subi deux défaites contre Makhachev (dont une par KO technique), la recette est simple sur le papier, mais diablement complexe à appliquer : "Jack doit user Islam. Il faut qu’il reste debout, qu’il le frappe en mouvement, et qu’il exploite chaque seconde où Makhachev tente un takedown pour le fatiguer." Une approche qui repose sur l’endurance et l’agressivité contrôlée, deux qualités que Della Maddalena a démontrées à maintes reprises, avec 18 victoires en MMA (dont 11 par KO ou soumission).
Mais pourquoi cette obsession du sol ? Parce que Makhachev, formé au sambo et à la lutte daghestanaise, y est tout simplement inarrêtable. Ses statistiques le prouvent : 50% de réussite en takedowns en carrière, et une capacité à enchaîner les soumissions une fois l’adversaire au tapis (10 victoires par soumission, dont 6 en UFC). Volkanovski le sait mieux que quiconque : "Une fois qu’il t’a attrapé, c’est presque fini. Jack doit absolument éviter ça."
Pourtant, Della Maddalena n’est pas un novice en matière de défense au sol. Son record impeccable à l’UFC (7-0) inclut des victoires contre des grapplers respectés comme Randy Brown ou Kevin Holland. Mais Makhachev représente un niveau supérieur. La question est donc : peut-il appliquer les conseils de Volkanovski sous la pression d’un combat pour le titre, face à un adversaire qui n’a jamais été aussi proche de devenir double champion simultané ?
Makhachev vs. Della Maddalena : Quand l’expérience affronte l’audace
À 32 ans, Islam Makhachev est au sommet de son art. Champion des poids légers jusqu’en 2023, il a dominé la division avec une maîtrise technique rare, mélangeant lutte agressive, sambo dévastateur et une boxe précise. Son palmarès parle pour lui : 27 victoires, une seule défaite (en 2015, par KO contre Adriano Martins), et des succès contre des légendes comme Charles Oliveira ou Dustin Poirier. Face à lui, Jack Della Maddalena, 27 ans, incarne la nouvelle génération de combattants explosifs et polyvalents, mais avec un défi de taille : aucune expérience en combat de 5 rounds pour un titre.
Le contraste entre les deux hommes est frappant :
- Makhachev : 1,78 m, allonge de 1,80 m, spécialiste du contrôle au sol et des soumissions (6 victoires par étranglement).
- Della Maddalena : 1,83 m, allonge de 1,85 m, connu pour son striking agressif (7 KOs en carrière) et sa capacité à enchaîner les combinaisons.
Un détail intrigue cependant : Makhachev n’a jamais combattu en poids mi-moyens en UFC. Bien qu’il ait déjà fait ce poids par le passé (notamment en 2019 contre Davi Ramos), son corps est naturellement plus adapté aux -70 kg. Della Maddalena, lui, est un vrai mi-moyen, avec une puissance et une endurance taillées pour cette catégorie. "Islam va-t-il sentir la différence de poids après 3 rounds ?", s’interroge Chael Sonnen, toujours prompt à semer le doute.
Derrière les projecteurs : La préparation secrète de Della Maddalena
Pour ce combat, Jack Della Maddalena s’est entouré d’une équipe renforcée, incluant des spécialistes du grappling défensif et des anciens partenaires d’entraînement de… Khabib Nurmagomedov. Une décision stratégique, puisque Makhachev a été formé par le même mentor : Abdulmanap Nurmagomedov, père de Khabib. "On a étudié chaque combat d’Islam, surtout ses transitions au sol. On sait comment il respire, comment il change de position. Jack est prêt", confie Tyron Woodley, ancien champion UFC et membre de son équipe.
Parmi les ajustements clés :
- Un travail spécifique sur les "scramble" (mêlées au sol) pour éviter les soumissions en chaîne, signature de Makhachev.
- Des séances de sparring avec des lutteurs olympiques pour simuler la pression physique de Makhachev.
- Une préparation mentale avec un psychologue sportif pour gérer le stress d’un premier combat en 5 rounds.
Côté Makhachev, l’approche est plus sereine. "Je ne change rien. Je vais faire ce que je fais toujours : dominer, contrôler, et soumettre si l’occasion se présente", déclare-t-il avec son calme habituel. Pourtant, une ombre plane : son dernier combat, une victoire laborieuse contre Dustin Poirier en 2023, a révélé une légère vulnérabilité en striking. Della Maddalena, avec son style offensif, pourrait-il en profiter ?
Le scénario du pire… et celui du rêve
Scénario catastrophe pour Della Maddalena : Makhachev l’emmène au sol dès le 1er round, le domine en contrôle, et le soumet avant la 3ème reprise. Un scénario trop familier pour les adversaires du Russe, comme Charles Oliveira (soumis en 2022) ou Alexander Volkanovski (KO technique en 2023). "Si Jack panique et se laisse enfermer, ce sera rapide", prédit Joe Rogan.
Scénario idéal pour l’Australien : Il évite les takedowns, use Makhachev avec des coups de pied et des jabs, et le surprend avec un KO en contre aux 4ème ou 5ème rounds. Un pari audacieux, mais pas impossible. "Regardez ce qu’a fait Leon Edwards contre Kamaru Usman [KO au 5ème round en 2022]. En MMA, tout peut basculer en une seconde", rappelle Michael Bisping.
Entre ces deux extrêmes, une troisième voie : un combat serré, où Della Maddalena résiste aux assauts de Makhachev, mais où le Russe l’emporte aux points grâce à son contrôle au sol. "Les juges adorent le grappling dominant. Même si Jack fait mal debout, s’il passe trop de temps sur le dos, il perdra", analyse Dana White.
Une certitude : ce combat à l’UFC 322 ne ressemblera à aucun autre. D’un côté, un maître tacticien habitué à écraser ses adversaires. De l’autre, un guerrier invaincu prêt à tout pour garder sa ceinture. Et entre les deux, les conseils d’un homme qui connaît Makhachev mieux que quiconque : Alexander Volkanovski. "Jack a tout pour gagner. Mais contre Islam, tout peut basculer en un instant. C’est ça, le MMA."

