"Il était juste meilleur" : la déclaration sans fard de Della Maddalena
Le silence de Jack Della Maddalena après l’UFC 322 avait de quoi intriguer. Trois jours plus tard, l’Australien a finalement brisé la glace via un message sobre publié sur ses réseaux sociaux. Pas d’excuses, pas de promesses creuses : juste une reconnaissance lucide de la supériorité de son adversaire. *"Islam était simplement meilleur ce soir-là. Il n’y a pas de honte à perdre contre un combattant de ce calibre"*, a-t-il écrit, avant d’ajouter : *"Merci à tous ceux qui m’ont soutenu, même dans la défaite. On revient plus fort."*
Une réaction qui tranche avec les justifications souvent entendues après les défaites en MMA. Ici, pas de critique envers les juges, pas de mention d’une blessure cachée. Juste l’acceptation d’une réalité : Makhachev, avec son grappling étouffant et son expérience face aux meilleurs (victoires contre Alexander Volkanovski, Charles Oliveira), représentait un cran au-dessus. *"Parfois, il faut savoir reconnaître quand on est face à un mur"*, confie un proche de l’Australien sous couvert d’anonymat.
Pourtant, derrière cette humilité se cache une question brûlante : cette défaite révèle-t-elle une limite technique, ou simplement l’écart entre un champion en devenir et un GOAT potentiel ? Les statistiques du combat sont sans appel...
UFC 322 : le cauchemar en trois actes d’un champion désarmé
Dès les premières secondes du combat, le scénario semblait écrit. Islam Makhachev, maître incontesté du contrôle au sol, a imposé son rythme dès le premier round. Sur 12 tentatives de takedown, il en a réussi 10, maintenant Della Maddalena cloué au tapis pendant 8 minutes et 23 secondes sur les 15 que dura le combat. *"C’était comme essayer de nager contre un tsunami"*, résumera plus tard l’analyste Daniel Cormier en commentaire.
L’Australien, pourtant réputé pour son striking explosif (7 KO en carrière), n’a jamais trouvé l’ouverture. Ses coups de pied, habituellement dévastateurs, se sont heurtés à une défense hermétique. Pire : Makhachev a retourné ses armes contre lui, utilisant ses propres tentatives de coups pour le projeter au sol. *"Jack a été surpris par la vitesse à laquelle Islam enchaînait les transitions"*, note Tyron Woodley, ancien champion des poids mi-moyens.
Le troisième round, où Della Maddalena a tenté désespérément une kimura depuis sa garde, résume son impuissance. Makhachev a souri avant de contrer et de reprendre le contrôle. *"Ce sourire… ça m’a brisé"*, avouera plus tard l’Australien à son équipe. La défaite unanime (30-27 sur les trois cartes) reflétait l’écart : un 50-45 en strikes significatifs en faveur du Dagestanais.
Pourtant, au-delà des chiffres, c’est la stratégie qui interroge. Pourquoi Della Maddalena, connu pour son adaptabilité, n’a-t-il pas tenté de jouer la carte du *sprawl-and-brawl* (esquiver les takedowns pour frapper en remontant) ? *"On avait un plan B, mais Islam a tout verrouillé"*, explique son coach, Eugene Bareman, de la célèbre équipe City Kickboxing.
18-0 avant Makhachev : le paradoxe d’une carrière toujours brillante
Avant ce revers, Jack Della Maddalena était l’une des histoires les plus excitantes du MMA. Une série de 18 victoires consécutives, dont 14 par finition (8 KO, 6 soumissions), avait propulsé l’Australien parmi l’élite. Son parcours en UFC ? Tout simplement impeccable : 8 combats, 8 victoires, avec des performances marquantes contre Randy Brown (KO au 1er round) ou Sean Brady (revanche après sa seule défaite en 2021). *"C’était un monstre en devenir"*, se souvient Dana White, président de l’UFC.
Mais voici le paradoxe : cette défaite contre Makhachev, aussi cuisante soit-elle, n’efface pas son potentiel. À 27 ans, Della Maddalena a le temps de rebondir. D’autant que son style, mélange de boxe agressive et de jiu-jitsu créatif, reste adapté aux poids mi-moyens. *"Un combat ne définit pas une carrière"*, rappelle Georges St-Pierre, qui avait lui-même subi des défaites avant de dominer sa division.
Reste une ombre au tableau : sa défense au sol. Contre Makhachev, ses lacunes en *grappling* ont été exposées sans pitié. *"Il doit travailler avec des partenaires de haut niveau en lutte, comme il l’a fait pour son striking"*, suggère Henry Cejudo, double champion UFC. Un défi de taille, mais pas insurmontable pour un athlète aussi déterminé.
Et maintenant ? Les 3 scénarios possibles pour Della Maddalena
La question qui agite les fans est simple : que faire après une défaite contre le meilleur grappler de la planète ? Trois pistes se dessinent pour l’Australien :
1. Le chemin de la rédemption immédiate : Affronter un top 5 comme Shavkat Rakhmonov (invaincu en 17 combats) ou Leon Edwards (champion en titre) pour prouver qu’il mérite une revanche. *"Jack a le mental pour ça"*, estime Israel Adesanya.
2. La reconstruction technique : Prendre 6 à 8 mois pour peaufiner son jeu au sol, peut-être en s’entraînant avec des spécialistes comme Ben Askren ou Demian Maia. *"Parfois, il faut reculer pour mieux sauter"*, rappelle son manager.
3. Le changement de division : Avec un gabarit naturel proche des poids moyens (il pèse autour de 84 kg hors compétition), une montée à 185 lbs n’est pas à exclure. *"Contre des strikeurs comme Dricus Du Plessis, il aurait plus d’espace"*, analyse Michael Bisping.
Quel que soit son choix, une chose est sûre : l’UFC ne lâchera pas un combattant aussi populaire. *"Jack est une star, et les stars ont droit à une seconde chance"*, confirme une source proche de Dana White.
Derrière les projecteurs : le fardeau d’être "l’espoir de l’Australie"
Peut-être plus que la défaite elle-même, c’est le poids des attentes qui a écrasé Della Maddalena à New York. Premier Australien à défendre un titre UFC depuis Robert Whittaker en 2019, il portait sur ses épaules les rêves d’un pays entier. *"On m’appelait ‘le sauveur du MMA australien’… c’est beaucoup pour un seul combat"*, confie-t-il à un journaliste de Fox Sports Australia.
Son parcours rappelle celui de Alexander Volkanovski, autre star australienne qui a dû attendre sa deuxième tentative pour battre Makhachev (à UFC 284). *"Volk a montré que même les meilleurs peuvent apprendre de leurs erreurs"*, souligne Joe Rogan. Della Maddalena, lui, n’a pas eu cette chance : son premier titre s’est transformé en leçon d’humilité.
Pourtant, dans les coulisses, on murmure que cette pression pourrait avoir joué un rôle. *"Jack était tendu comme jamais pendant le camp d’entraînement"*, révèle un membre de son équipe. Une tension qui contraste avec son image habituelle de *"bad boy souriant"*, toujours prêt à lancer une vanne en conférence de presse.
Alors, comment transformer cette défaite en force ? *"En riant de moi-même, déjà"*, répond-il avec un sourire en coin lors d’une interview improvisée. *"Et puis en retournant à la salle. Parce que c’est là que tout se joue."*

