UFC 321 : Le "no contest" Aspinall-Gane, ou comment gâcher un retour tant attendu
Samedi 1er juin 2025, l’UFC 321 promettait un choc des titans entre Tom Aspinall et Ciryl Gane, deux colosses de la division des lourds déterminés à s’imposer comme prétendant numéro un. Las, le combat aura duré à peine 4 minutes et 35 secondes avant qu’un coup de doigt accidentel de Gane n’atteigne Aspinall en plein œil, le forçant à abandonner. Résultat : un "no contest" qui a laissé les 15 000 spectateurs du TD Garden de Boston – et des millions de fans à travers le monde – sur un goût d’inachevé.
Pour Aspinall, ce retour après sa défaite face à Sergei Pavlovich en juillet 2024 était crucial. Le Britannique, connu pour son style agressif et son charisme, voyait en ce combat une chance de se relancer. "J’étais prêt à tout donner, mais bon… c’est le MMA. Parfois, ça se termine comme ça"*, a-t-il déclaré en conférence de presse, visiblement frustré. Ciryl Gane, de son côté, a présenté ses excuses : "Ce n’était pas intentionnel, mais je comprends la déception. Moi aussi, je voulais en découdre."
La question qui brûle les lèvres : et maintenant ? Dana White, le président de l’UFC, a déjà annoncé qu’un rematch était en discussion, mais sans date précise. Une décision qui enrage certains fans, comme en témoignent les réseaux sociaux : "On attend depuis des mois, et on se retrouve avec ça ? L’UFC doit faire mieux !" s’indigne un utilisateur sur X (ex-Twitter).
Ce "no contest" relance aussi un débat récurrent : faut-il modifier les règles pour éviter ce genre de situations ? Certains proposent d’autoriser un temps de récupération plus long, d’autres suggèrent de déclarer le combat nul seulement après un certain nombre de rounds. Une chose est sûre : cette fin abrupte a volé la vedette à un card qui comptait pourtant d’autres combats explosifs, comme la victoire de Magomed Ankalaev face à Anthony Smith.
"Poatan" entre en scène : Pereira moque le chaos et vise les lourds
Si les fans étaient déçus, Alex Pereira a su tirer parti de la situation. Le champion des mi-lourds, surnommé "Poatan" en référence au film Avatar, a partagé une vidéo sur ses réseaux où on le voit éclater de rire devant l’issue du combat, avant de lancer un message clair : "Les gars, il faut rendre sa grandeur à la division des lourds. Moi, je suis prêt à monter pour affronter les meilleurs."
Une déclaration qui ne passe pas inaperçue. Pereira, connu pour son style dévastateur (14 victoires par KO en 20 combats) et son palmarès en kickboxing (double champion du monde Glory), a toujours flirté avec l’idée de passer chez les lourds. Mais cette fois, son ton est plus sérieux. "Je pèse déjà 93 kg en walk-around [poids hors compétition], alors pourquoi pas ?", a-t-il confié à ESPN MMA. Une montée en catégorie qui ferait de lui un cauchemar pour des adversaires comme Jon Jones ou Stipe Miocic.
Son manager, Ed Soares, a confirmé les ambitions du Brésilien : "Alex veut des défis, et la division des lourds en manque cruellement. Si l’UFC lui propose un combat intéressant, il foncera." Reste à savoir si Dana White validera cette transition, lui qui a déjà exprimé des réserves sur les combats entre poids différents.
Mais Pereira ne s’arrête pas là. Dans une interview accordée à MMA Fighting, il a directement provoqué Jon Jones : "Jon, tu dis que tu veux les meilleurs ? Alors prouve-le. Moi, je suis prêt à te montrer ce que c’est, un vrai combat." Une pique qui a fait réagir toute la communauté MMA, divisée entre ceux qui y voient un rêve de fan et ceux qui craignent un désastre physique (Jones pèse près de 20 kg de plus que Pereira).
Jon Jones répond à "Poatan" : "Rendez-vous à la Maison-Blanche ?"
Jon Jones n’a pas mis longtemps à réagir. Sur X, l’ancien champion des lourds a posté un message qui a fait vibrer la toile : "Alex, j’apprécie le respect. Je serais partant pour apporter le plus haut niveau de compétence à la Maison-Blanche. Allons-y, mon frère."
Une réponse qui confirme les rumeurs d’un événement UFC historique prévu le 14 juin 2025… à la Maison-Blanche. Selon TMZ Sports, Donald Trump, grand fan de MMA, aurait donné son accord pour organiser un gala dans le jardin de la résidence présidentielle. Un cadre inoubliable pour un combat qui le serait tout autant.
Jones, qui a dominé la division des lourds avant de laisser son titre vacant en 2024, semble motivé comme jamais. "Pereira est un guerrier, et moi aussi. Si les fans veulent voir ça, alors faisons-le. Mais qu’il ne s’attende pas à ce que ce soit facile"*, a-t-il ajouté lors d’un live sur YouTube. Une déclaration qui a fait bondir les bookmakers : les cotes pour un Pereira vs Jones sont déjà affichées, avec Jones favori à 1.65 contre 2.20 pour le Brésilien.
Mais tout le monde n’est pas convaincu. Daniel Cormier, commentateur pour ESPN, tempère : "Alex est un monstre, mais Jon est une autre paire de manches. La taille, le poids, l’expérience… C’est un combat dangereux pour Pereira." À l’inverse, Israel Adesanya, ancien rival de Pereira, soutient son compatriote : "Si quelqu’un peut surprendre Jon, c’est bien Poatan. Ce gars a des coups de pied qui brisent les os."
Derrière les projecteurs : Quand la politique rencontre le MMA
L’idée d’un combat à la Maison-Blanche n’est pas anodine. Donald Trump, qui a entretenu des liens étroits avec l’UFC depuis des années (il a même été introduit au UFC Hall of Fame en 2013), voit dans cet événement une occasion de marquer l’histoire. Selon des sources proches de l’administration, le 45e président des États-Unis aurait personnellement contacté Dana White pour proposer le lieu.
Mais l’organisation d’un tel gala n’est pas sans défis. La sécurité, déjà ultra-stricte à la Maison-Blanche, devra être renforcée pour accueillir des milliers de fans. Sans compter les controverses politiques : certains démocrates ont déjà critiqué l’utilisation de la résidence présidentielle pour un événement sportif. "La Maison-Blanche n’est pas un ring de catch"*, a déclaré un sénateur anonyme à Politico.
Côté logistique, l’UFC aurait déjà prévu un octogone spécial, plus petit que d’habitude pour s’adapter à l’espace, ainsi qu’un système de sonorisation dernier cri. Joe Rogan, commentateur emblématique, serait même en pourparlers pour animer la soirée. Un détail qui en dit long sur l’ampleur de l’événement : si le combat a bien lieu, ce sera le premier gala de MMA organisé dans une résidence présidentielle.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour Pereira et Jones
Si le combat Pereira vs Jones se concrétise, plusieurs questions se posent. D’abord, à quel poids se déroulera-t-il ? Pereira devra-t-il monter jusqu’aux lourds (max 120 kg), ou Jones accepterait-il un catchweight (poids intermédiaire) ? Dana White a laissé entendre qu’il préférerait éviter les compromis : "Soit Alex monte, soit Jon descend. Pas de demi-mesure."
Autre enjeu : le titre. Jones ayant laissé son ceinture vacante, un combat entre les deux hommes pourrait couronner un nouveau champion. Mais Magomed Ankalaev, actuel numéro 1 des mi-lourds, n’a pas dit son dernier mot. Le Russe a d’ailleurs réagi sur Instagram : "Pereira, concentre-toi sur ta division. Tu as déjà un adversaire ici."
Enfin, il y a la question du timing. Si le combat a lieu le 14 juin, Pereira n’aura que deux semaines pour se préparer après l’UFC 321. Un délai extrêmement court, surtout pour une montée en catégorie. Jones, lui, n’a pas combattu depuis novembre 2024. Sera-t-il rouillé ? Ou au contraire, plus dangereux que jamais ?
Une chose est sûre : si ce combat se fait, ce sera l’un des plus gros événements de l’histoire du MMA. Entre le cadre exceptionnel, les enjeux sportifs et les personnalités impliquées, l’UFC a tous les ingrédients pour écrire une nouvelle page de sa légende.

