Un Remplacement qui Relance les Enjeux
L’annonce est tombée ce lundi : Brendan "All In" Allen (23-6) hérite d’une opportunité en or en remplaçant Anthony Hernandez pour affronter Reinier de Ridder (17-1) en tête d’affiche de l’UFC Vancouver, prévu le 18 octobre. Si les raisons du forfait de Hernandez restent floues, ce changement de programme offre un duel bien plus équilibré qu’il n’y paraît. Allen, actuellement 13e du classement officiel des middleweights, arrive avec le vent en poupe après une victoire par décision unanime contre Marvin Vettori en juillet – une performance qui a rappelé son potentiel malgré des hauts et des bas récents.
Pour de Ridder, ce combat représente une étape clé dans sa quête du titre. L’ancien double champion de l’ONE Championship (middleweight et light heavyweight) a entamé sa carrière à l’UFC avec un sans-faute impressionnant : quatre victoires consécutives, dont un succès en split decision face à l’ex-champion Robert Whittaker lors de son dernier combat, le 26 juillet. Avec des triomphes contre des noms comme Bo Nickal, Kevin Holland ou Gerald Meerschaert, le Néerlandais s’est imposé comme un prétendant crédible dans une division dominée par Khamzat Chimaev et Israel Adesanya.
Mais attention : si Allen n’a pas le pedigree médiatique d’un Hernandez, son palmarès parle pour lui. Depuis son arrivée à l’UFC en 2019, il a compilé un bilan de 13 victoires pour 4 défaites, avec des succès contre des athlètes redoutables comme Chris Curtis, Paul Craig (par soumission) ou encore Kevin Holland. Ses deux défaites récentes – un KO au 2e round contre Hernandez et une décision unanime face à Nassourdine Imavov – ont cependant révélé une vulnérabilité face aux strikeurs explosifs et précis, précisément là où de Ridder excelle.
De Ridder : L’Ascension d’un Champion Sans Limites
Reinier de Ridder n’est pas un inconnu pour les fans de MMA. Avant de rejoindre l’UFC, il a dominé la scène asiatique sous la bannière de l’ONE Championship, où il a remporté deux ceintures simultanées (middleweight et light heavyweight) entre 2020 et 2022. Son passage à l’UFC a été tout aussi convaincant : en seulement quatre combats, il a battu des adversaires de calibre comme Whittaker (par décision serrée), Nickal (par TKO) ou Holland (par soumission).
Ce qui frappe chez de Ridder, c’est sa polyvalence technique. À l’aise aussi bien en striking qu’au sol, il possède un jab précis, des low kicks dévastateurs et une défense au grappling solide, comme l’a prouvé sa victoire face à Holland, un spécialiste des soumissions. Son combat contre Whittaker a également révélé une résilience mentale rare : malgré des moments difficiles, il a su s’adapter pour l’emporter.
Face à Allen, de Ridder aura l’occasion de prouver qu’il mérite une place parmi les top 5 de la division. Une victoire lui permettrait de se rapprocher d’un combat pour le titre, surtout si Chimaev continue de dominer la catégorie. Mais attention : Allen n’est pas un adversaire à sous-estimer. Comme le souligne l’analyste Daniel Cormier : "De Ridder a le niveau pour être champion, mais Allen est le genre de combattant qui peut tout gâcher s’il n’est pas pris au sérieux."
Allen : Le Grappler qui Dérange les Pronostics
Brendan Allen est un combattant qui divise. Certains le voient comme un outsider sous-côté, d’autres comme un spécialiste du grappling capable de surprendre les meilleurs. Avec 6 soumissions en 23 victoires et une moyenne de 2,1 tentatives de soumission par combat en UFC (contre 1,4 pour la moyenne de la division), il possède l’un des jeux au sol les plus actifs du circuit.
Ce qui rend Allen dangereux, c’est sa capacité à s’adapter en cours de combat. Contre Vettori, il a su contrer le striking de l’Italien pour imposer son grappling et l’emporter par décision. Face à Curtis, il a démontré une résistance physique exceptionnelle, enchainant les prises malgré un adversaire plus explosif. Cependant, ses limites ont été exposées contre des strikeurs comme Hernandez (KO) ou Imavov (décision unanime), qui ont su exploiter ses lacunes en défense debout.
Pour battre de Ridder, Allen devra neutraliser son striking dès les premières minutes. Une stratégie possible ? Le faire travailler contre la cage, où son grappling pourrait faire la différence. Comme il l’a expliqué en conférence de presse : "Je ne suis pas là pour faire un combat spectaculaire. Je suis là pour gagner. Si ça signifie étouffer de Ridder contre la cage pendant trois rounds, alors c’est ce que je ferai." Une approche pragmatique qui pourrait payer… ou frustrer les fans.
Derrière les Coulisses : Un Combat qui se Joue aussi dans les Têtes
Ce qui rend ce duel encore plus fascinant, c’est le contraste de personnalités entre les deux hommes. De Ridder, calme et méthodique, aborde chaque combat avec une confiance froide. Allen, lui, est connu pour son tempérament de guerrier, prêt à tout pour l’emporter, même si cela signifie adopter un style peu esthétique.
Une anecdote révèle bien cette différence : lors de la pesée de son combat contre Vettori, Allen a refusé de regarder son adversaire dans les yeux, une tactique psychologique pour éviter toute intimidation. De Ridder, lui, a déjà déclaré : "Je ne joue pas à ces jeux-là. Je me concentre sur ce que je dois faire dans la cage." Deux philosophies qui s’affronteront le 18 octobre.
Autre élément clé : l’expérience des main events. Allen a déjà été tête d’affiche à trois reprises, une habitude qui pourrait lui donner un avantage mental. De Ridder, lui, n’a encore jamais combattu en main event d’un événement UFC. Une première qui ajoute une pression supplémentaire.
Scénarios Possibles : Qui a l’Avantage ?
Scénario 1 : Allen étouffe de Ridder au sol
Si Allen parvient à amener le combat au tapis dès le 1er round, il pourrait imposer un rythme épuisant à de Ridder. Avec sa résistance cardio (il a enchaîné 15 combats en 5 ans) et son expérience en top control, il a les outils pour dominer les rounds et l’emporter par décision.
Scénario 2 : De Ridder frappe fort dès le début
Le Néerlandais a prouvé qu’il pouvait terminer ses adversaires rapidement (TKO contre Nickal en 1er round). Si ses low kicks et son boxing précis trouvent leur cible tôt, Allen pourrait se retrouver en difficulté, surtout s’il est incapable de contrer le striking de son adversaire.
Scénario 3 : Un combat serré qui va en décision
Les deux hommes ont une endurance remarquable. Si aucun ne parvient à imposer son jeu, on pourrait assister à un duel tactique où chaque round comptera. Dans ce cas, l’expérience des juges d’Allen (il a souvent gagné par décision) pourrait faire la différence.
Comme le note l’entraîneur Firas Zahabi : "Ce combat est un vrai casse-tête pour les bookmakers. Allen a les compétences pour gagner, mais de Ridder a la dynamique et la puissance pour tout balayer. Tout dépendra de qui imposera son rythme dès les premières minutes."
Ce que ce Combat Signifie pour la Division des Middleweights
Au-delà de l’enjeu individuel, ce combat a des répercussions majeures sur la division des 185 lbs. Voici pourquoi :
Pour Allen : Une victoire lui permettrait de se repositionner dans le top 10 et d’envisager un combat contre un prénom comme Sean Strickland ou Jared Cannonier. Une défaite, en revanche, le reléguerait au rôle d’outsider, avec un chemin plus long vers les ceintures.
Pour de Ridder : Un succès confirmerait son statut de prétendant numéro 1 derrière Chimaev. Avec Adesanya en pause et Dricus Du Plessis en attente, une performance convaincante pourrait lui valoir un combat pour le titre d’ici 2025.
Pour l’UFC : La division des middleweights a besoin de nouveaux visages. Avec Chimaev en position dominante et Adesanya en fin de règne, des athlètes comme de Ridder ou Allen pourraient rajeunir la catégorie et attirer un nouveau public.
Le 18 octobre, l’UFC Vancouver nous offre bien plus qu’un simple combat de remplacement. Brendan Allen vs Reinier de Ridder, c’est l’affrontement entre l’expérience tactique et la puissance montante, entre un grappler rusé et un striker implacable. Les enjeux sont clairs : pour Allen, c’est une question de survie dans l’élite ; pour de Ridder, une chance de s’imposer comme le futur visage de la division.
Un détail pourrait tout changer : si Allen parvient à amener le combat au sol, il a les outils pour surprendre. Mais si de Ridder impose son striking dès le début, le combat pourrait tourner court. Une chose est sûre : dans une division où Khamzat Chimaev règne en maître, ce duel pourrait bien révéler le prochain prétendant sérieux au trône. À ne pas manquer.

