Le contexte : Un combat né d’un imprévu
À l’origine, Reinier de Ridder devait affronter Anthony Hernandez dans le combat principal de l’UFC Vancouver. Mais une blessure de dernière minute a propulsé Brendan Allen sur le devant de la scène, offrant au public un duel bien plus explosif que prévu. Pour De Ridder, l’enjeu était clair : confirmer son statut de prétendant sérieux au titre des poids moyens après trois victoires consécutives par arrêt sous la bannière UFC. De son côté, Allen, souvent sous-estimé malgré un palmarès solide (23 victoires, 5 défaites), voyait là une opportunité en or pour s’imposer dans la division.
Les bookmakers donnaient largement favori le Néerlandais, fort de son expérience en ONE Championship (où il a régné en double champion) et de son style de grappling redoutable. Mais comme souvent en MMA, les pronostics ne tiennent pas toujours compte de l’imprévu.
D’ailleurs, ce combat rappelait étrangement celui de Israel Adesanya vs. Sean Strickland à l’UFC 293 – un favori technique face à un outsider résilient, capable de tout renverser en un round. Serait-ce le scénario qui allait se répéter à Vancouver ?
Round 1 : La démonstration de "The Dutch Knight"
Dès les premières secondes, Reinier de Ridder a imposé son tempo. Un teep au corps suivi d’une tentative de projection a immédiatement envoyé un message : ce combat se jouerait au sol. Allen, connu pour sa défense au grappling, a tenté de résister, mais la pression était trop forte. En moins d’une minute, le Néerlandais l’a amené au tapis avec une aisance déconcertante.
Une fois au sol, De Ridder a enchaîné les transitions avec une fluidité digne de son surnom, "The Dutch Knight". Passage en position montée, menace d’arm-triangle, contrôle latéral… Allen, en mode survie, peignait à trouver des solutions. Les coups de coude et les tentatives de soumission se sont multipliés, tandis que le Canadien subissait, sans jamais vraiment menacer.
À la fin du round, les juges n’ont eu aucun doute : 10-8 pour De Ridder, un score qui reflétait parfaitement la domination subie par Allen. Les commentateurs parlaient déjà d’une victoire expéditive, et les fans commençaient à se demander si Allen tiendrait plus de cinq minutes.
Pourtant, comme le dit souvent le vétéran Daniel Cormier : *"En MMA, un round peut tout changer. Et souvent, c’est le round où tu t’y attends le moins."*
Round 2 : L’incroyable renversement
Le deuxième round a commencé avec un Allen transformé. Dos au mur, le Canadien a adopté une stratégie agressive, forçant De Ridder à reculer. Soudain, une tentative de single leg mal exécutée par le Néerlandais a tout changé : Allen a contre-attaqué, renversé la position, et s’est retrouvé en top control.
Le public, stupéfait, a vu un De Ridder désorienté, incapable de retrouver son jeu fluide. Pire : son endurance semblait décliner à vue d’œil. Allen, lui, a saisi l’opportunité. Des coups de poing précis depuis le haut, un contrôle au sol implacable, et une pression constante ont mis De Ridder en difficulté. Les dernières minutes du round ont été un calvaire pour le favori, qui subissait désormais les coups sans parvenir à se dégager.
Quand la cloche a retenti, c’est un 10-9 pour Allen qui s’est affiché sur les tableaux. Le combat, qui semblait plié, venait de reprendre vie. Les réseaux sociaux s’embrasaient : *"Comment De Ridder a-t-il pu s’effondrer aussi vite ?"*, *"Allen est en train de faire un Strickland !"*, *"La préparation physique de De Ridder est-elle à remettre en cause ?"
Ce que ce combat révèle sur les deux hommes
Pour Reinier de Ridder, cette performance soulève des questions. Comment un athlète de son niveau a-t-il pu perdre aussi rapidement en endurance ? Certains pointent du doigt son passage récent en UFC, où le rythme est souvent plus soutenu qu’en ONE Championship. D’autres évoquent un possible problème de cut de poids – De Ridder a toujours combattu en middleweight, mais son physique massif pourrait jouer contre lui sur trois rounds.
À l’inverse, Brendan Allen sort grandi de ce combat. Remplaçant de dernière minute, il a su s’adapter et exploiter les faiblesses de son adversaire. Son intelligence tactique et sa capacité à inverser une situation désespérée rappellent des légendes comme Robbie Lawler ou Chris Weidman, capables de gagner quand tout semblait perdu.
Une chose est sûre : ce combat a prouvé que les poids moyens de l’UFC sont plus imprévisibles que jamais. Avec des prétendants comme Khamzat Chimaev, Robert Whittaker ou Paulo Costa qui guettent, une seule erreur peut coûter cher. De Ridder devra rebondir vite s’il veut rester dans la course. Quant à Allen, il a désormais une légitimité nouvelle – et peut-être un ticket pour un combat encore plus relevé.
La réaction des experts : Entre admiration et scepticisme
Les réactions post-combat n’ont pas tardé. Joe Rogan, commentateur historique de l’UFC, a salué la résilience d’Allen : *"C’est ça, le MMA. Un gars peut te dominer complètement, et en une erreur, tout bascule. Allen a montré un cœur énorme."*
À l’inverse, l’ancien champion Michael Bisping a émis des réserves sur De Ridder : *"Il a l’air d’un monstre au premier round, mais s’il ne peut pas tenir le rythme, il ne battra jamais les tops. Regardez Dricus Du Plessis ou Israel Adesanya – ils savent gérer leur énergie sur 25 minutes."*
Du côté des fans, les avis sont partagés. Certains voient en Allen un futur champion, d’autres estiment que De Ridder a simplement eu un mauvais jour. Une chose est sûre : ce combat a relancé le débat sur l’importance de l’endurance et de l’adaptabilité en MMA moderne.
Si l’UFC Vancouver restera dans les mémoires pour ce duel explosif, c’est surtout parce qu’il a rappelé une vérité fondamentale du MMA : rien n’est jamais acquis. Reinier de Ridder, malgré son talent indéniable, devra travailler ses failles physiques s’il veut prétendre au titre. Brendan Allen, lui, a prouvé qu’il méritait bien plus qu’un rôle de remplaçant – et qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs.
Une question persiste : ce renversement est-il le signe d’une nouvelle ère pour les poids moyens, où la résilience prime sur la technique pure ? Les prochains combats de ces deux hommes apporteront sans doute des éléments de réponse. En attendant, une chose est sûre : l’UFC vient de gagner deux prétendants encore plus dangereux qu’avant.

