Un bouleversement qui fait sensation : Allen remplace Hernandez in extremis
L’annonce est tombée ce lundi, et elle a de quoi surprendre : Brendan Allen, en pleine forme après sa victoire contre Marvin Vettori en juin dernier, remplace Anthony Hernandez pour affronter Reinier de Ridder lors de l’UFC Fight Night 262, prévu le 18 octobre à Vancouver. Si les raisons du forfait d’Hernandez restent floues – blessure, problème personnel ou stratégie ?, l’UFC n’a pas communiqué – une chose est sûre : ce changement transforme radicalement la donne pour les poids moyens.
À l’origine, ce combat devait opposer de Ridder à Hernandez, un duel perçu comme un test décisif pour le Néerlandais, avec en ligne de mire une potentielle confrontation pour le titre face à Khamzat Chimaev. Mais avec l’arrivée d’Allen, les attentes montent d’un cran. Pourquoi ? Parce que l’Américain, classé n°7 chez les poids moyens, apporte une crédibilité supplémentaire. Son palmarès parle pour lui : 13 victoires pour 4 défaites sous la bannière UFC depuis 2019, avec des scalps prestigieux comme ceux de Chris Curtis, Paul Craig (par soumission en 2021), ou encore Kevin Holland (décision unanime en 2022).
Pourtant, Allen n’est pas invincible. Ses défaites contre Hernandez (en 2023, par décision partagée) et Nassourdine Imavov (2022, décision unanime) rappellent qu’il peut être vulnérable face à des adversaires complets. Une faille que de Ridder, avec son taux de finition de 83%, pourrait bien exploiter.
"The Dutch Knight" : Quand ONE Championship rencontre l’UFC
Reinier de Ridder n’est pas un inconnu pour les fans de MMA. Avant de débarquer à l’UFC en 2023, le Néerlandais a dominé la scène asiatique sous la bannière ONE Championship, où il a régné en double champion (poids moyens et mi-lourds). Un parcours sans faute : 16 victoires pour 1 défaite (une controverse contre Anatoly Malykhin en 2022), avec des performances qui ont marqué les esprits, comme son KO en 26 secondes contre Aung La Nsang en 2021.
Son arrivée à l’UFC a été tout aussi impressionnante. Quatre victoires d’affilée, dont trois par finition : Bo Nickal (TKO en 2024), Kevin Holland (soumission en 2023), et surtout, Robert Whittaker, l’ancien champion des poids moyens, battu en split decision lors de l’UFC on ABC 9 en juillet 2024. Une victoire qui a envoyé un message clair : de Ridder est prêt à affronter l’élite.
Ce qui frappe chez "The Dutch Knight", c’est sa polyvalence. Ceinture noire en jiu-jitsu brésilien, il allie un jeu au sol redoutable à une frappe précise, le tout porté par une explosivité rare pour un combattant de sa taille (1,93 m). À 31 ans, il est en pleine maturité athlétique, et ce combat contre Allen pourrait être le plus grand défi de sa carrière – bien plus que son affrontement contre Whittaker.
Derrière les gants : La préparation secrète de de Ridder
Peu de gens le savent, mais Reinier de Ridder a passé les trois derniers mois à s’entraîner aux Pays-Bas, loin des projecteurs, dans un camp dirigé par son coach de longue date, Dave van der Poel. Son objectif ? Perfectionner sa défense contre le grappling, un domaine où Allen excelle. "Nous avons travaillé spécifiquement les transitions sol-debout et les contre-soumissions", confie un proche de l’équipe, sous couvert d’anonymat. Une préparation méticuleuse, qui inclut aussi des séances avec d’anciens partenaires d’entraînement de Georges St-Pierre, pour affiner sa stratégie face à un adversaire aussi expérimenté qu’Allen.
Côté mental, de Ridder mise sur la visualisation. "Il passe des heures à regarder les combats d’Allen, à étudier ses schémas de grappling, ses moments de fatigue", révèle une source. Une approche qui rappelle celle de Israel Adesanya, connu pour son analyse minutieuse de ses adversaires. Mais contrairement à "The Last Stylebender", de Ridder préfère garder ses plans secrets : "Je ne veux pas lui donner d’indices. Il découvrira tout le 18 octobre."
Allen vs de Ridder : Le matchup qui divise les experts
Les avis sont partagés parmi les analystes. Pour Daniel Cormier, commentateur star de l’UFC, "Allen a l’avantage de l’expérience. Il sait gérer la pression d’un combat principal, et son grappling pourrait poser problème à de Ridder." À l’inverse, Michael Bisping, ancien champion des poids moyens, mise sur le Néerlandais : "Son taux de finition est monstrueux. Si Allen ne le soumet pas dans les deux premiers rounds, de Ridder va le démolir en strike ou en soumission."
Les statistiques penchent légèrement en faveur de de Ridder :
- Taux de finition : 83% (de Ridder) vs 53% (Allen).
- Précision de frappe : 58% (de Ridder) vs 49% (Allen).
- Défense au sol : 80% (de Ridder) vs 65% (Allen).
Un détail pourrait faire la différence : la fatigue. Allen sort d’un combat en juin, tandis que de Ridder n’a pas combattu depuis juillet. Un avantage physique pour le Néerlandais ? Pas si sûr. Allen est connu pour son cardio inépuisable, comme en témoigne sa victoire contre Ian Heinisch en 2020, où il a dominé les trois rounds sans signe de faiblesse.
Et si le vrai gagnant était… Khamzat Chimaev ?
Alors que tous les yeux seront rivés sur Allen et de Ridder, Khamzat Chimaev, le champion des poids moyens, observe depuis les coulisses. Le Suédois, invaincu (13-0), cherche un adversaire pour sa prochaine défense de titre. Et ce combat à Vancouver pourrait bien lui offrir le prétendant idéal.
- Si de Ridder l’emporte, il confirmerait son statut de nouvelle star des poids moyens, avec un style qui pourrait donner du fil à retordre à Chimaev, plus habitué aux frappeurs purs comme Dricus Du Plessis ou Sean Strickland.
- Si Allen s’impose, il entrerait dans le top 5, avec un argument massif : une victoire contre l’ancien double champion ONE. Suffisant pour mériter un shot au titre ? Peut-être pas immédiatement, mais cela le rapprocherait dangereusement.
Chimaev, lui, reste évasif. Lors d’une récente interview, il a simplement déclaré : "Je regarde tous les combats. Le meilleur gagnera. Et puis… on verra." Une phrase qui en dit long : le champion attend le survivant de Vancouver.
Prédictions et paris : Qui les bookmakers favorisent-ils ?
Selon les dernières cotes (source : BetMGM, 10 octobre 2024), Reinier de Ridder est donné léger favori, avec une cote de -140 contre +120 pour Allen. Une différence qui reflète :
- La dynamique actuelle : de Ridder est sur une série de 4 victoires, dont une contre Whittaker.
- Le style explosif du Néerlandais, plus spectaculaire et donc plus attractif pour les parieurs.
- L’inconstance récente d’Allen, qui alterne victoires prestigieuses (Vettori) et défaites surprenantes (Hernandez).
Pourtant, les paris "prop" (paris spécifiques) révèlent une autre tendance :
- Victoire par soumission : Allen est favori (cote +250 contre +300 pour de Ridder).
- Victoire par KO/TKO : de Ridder est largement en tête (+180 contre +400 pour Allen).
- Combat va en décision : Cote à +280, reflétant l’incertitude autour de ce matchup.
Quel que soit le résultat, une chose est sûre : le vainqueur sortira de ce combat avec un argument de poids pour prétendre au titre de Khamzat Chimaev. Et si l’histoire nous a appris une chose, c’est que dans le monde impitoyable des poids moyens, une seule performance peut tout changer. Vancouver pourrait bien être ce moment.

