Qatar 2024 : quand deux rivaux deviennent alliés contre un roi déchu
L’UFC Qatar, premier événement de l’organisation dans le pays, s’annonce déjà historique. Non pas seulement pour son cadre luxueux ou son affiche alléchante, mais pour un phénomène rare : deux combattants sur le point de s’affronter, Belal Muhammad et Ian Machado Garry, ont temporairement enterré la hache de guerre pour cibler un ennemi commun. Leur cible ? Kamaru Usman, l’ancien champion des poids mi-moyens, dont le nom circule pour un éventuel *title shot* contre Islam Makhachev.
*« C’est une blague. Usman n’a plus sa place dans le top 5, encore moins pour un titre »*, a tonné Garry lors du *media day*, sous les flashs des caméras. Une sortie qui a fait écho aux déclarations de Muhammad, pourtant son adversaire du soir. *« On parle d’un gars qui a perdu deux fois contre Leon Edwards, qui se fait opérer des genoux tous les six mois… Le UFC veut vraiment nous faire avaler ça ? »*, a-t-il lancé, non sans une pointe de sarcasme. Une unanimité qui interroge : et si cette alliance était bien plus qu’une stratégie médiatique ?
« Les vieux loups ont peur des jeunes dents. » — Proverbe MMA (adapté).
Usman : héritage vs réalité, le débat qui enflamme les réseaux
Kamaru Usman, 37 ans, reste l’un des combattants les plus décorés de l’histoire des poids mi-moyens. Deux règnes de champion (2019-2022, 2023), cinq défenses de titre, et des victoires contre des légendes comme Jorge Masvidal ou Colby Covington. Pourtant, ses deux défaites face à Leon Edwards — dont un KO mémorable en 2022 — ont semé le doute. *« Usman a dominé la division, mais aujourd’hui, il traîne des blessures et un jeu prévisible »*, analyse MMA Junkie, soulignant son classement actuel (8ᵉ-9ᵉ selon les sources).
Ian Machado Garry, 26 ans et invaincu (13-0), incarne cette nouvelle génération impatiente. *« Makhachev veut un combat facile ? Usman est le choix parfait… pour lui. Moi, je veux un vrai défi, pas un gars qui court après ses genoux »*, a-t-il balancé, provoquant les rires (et les likes) sur les réseaux. Belal Muhammad, 35 ans et n°3 mondial, adopte un ton plus mesuré mais tout aussi tranchant : *« Respect à ce qu’Usman a accompli, mais aujourd’hui, il bloque la division. Moi, Garry, Prates… On mérite notre chance. »*
Pourtant, Islam Makhachev semble voir les choses différemment. *« Usman est un guerrier, un champion. C’est le combat que je veux »*, a-t-il déclaré en mai. Un choix qui divise : les puristes y voient un hommage à l’héritage, les jeunes loups une *« peur du changement »*. *« Makhachev a peur de perdre contre un gars comme Garry ou moi, alors il prend la voie facile »*, a même osé Muhammad, alimentant la polémique.
Derrière les projecteurs : les calculs du UFC et les outsiders
Cette guerre médiatique cache une réalité plus complexe : les enjeux financiers et stratégiques du UFC. Un combat Makhachev vs Usman garantirait des ventes de PPV solides, grâce à la notoriété des deux hommes. *« C’est du business. Usman vs Makhachev, c’est du ‘star power’ assurés »*, confie un analyste sous couvert d’anonymat. À l’inverse, un *title shot* pour Garry ou Muhammad, bien que sportivement justifié, représenterait un risque commercial.
Pendant ce temps, deux noms montent en puissance : Carlos Prates (19-1, n°11) et Michael Morales (19-0, n°14). Le Brésilien, vainqueur de 10 combats d’affilée, et l’Équatorien, invaincu et ultra-dynamique, pourraient profiter de ce chaos pour se glisser dans la conversation. *« Si Muhammad et Garry s’éliminent mutuellement samedi, la porte s’ouvre »*, note un observateur. Une hypothèse qui rendrait le scénario encore plus imprévisible.
Autre paramètre : la blessure. Usman, opéré du genou en 2023, n’a combattu qu’une fois depuis (victoire contre Paulo Costa en novembre). *« Un champion ne devrait pas avoir à prouver qu’il mérite un titre. Soit tu es au sommet, soit tu dégages »*, assène Garry, résumant l’état d’esprit d’une génération pressée.
Le Qatar comme terrain de jeu… et de règlements de comptes
Le *co-main event* de samedi opposera donc Muhammad (n°3) à Garry (n°12) dans un combat à cinq rounds. Un format rare pour un duel non-titré, preuve de son importance. *« Le vainqueur sera en pole position, peu importe ce que dit Makhachev »*, estime Dana White. Mais les deux hommes savent que leur performance devra être sans faille.
*« Si je gagne, je veux Makhachev d’ici décembre. Point final »*, avertit Muhammad, tandis que Garry, plus théâtral, promet *« un KO qui fera oublier Usman »*. Reste une question : et si les deux s’infligeaient des dégâts mutuels, laissant la place à un outsider ? *« Dans ce sport, tout peut basculer en une seconde »*, rappelle un vétéran de l’UFC.
Pendant ce temps, Kamaru Usman observe la scène, silencieux. *« Je laisse les gamins parler. Moi, je prépare mon retour »*, a-t-il simplement posté sur X (ex-Twitter), avec une photo de ses gants. Une réponse qui en dit long : le roi déchu n’a pas dit son dernier mot.
L’avis des experts : qui a raison ?
Pour MMA Junkie, *« Garry a le style pour inquiéter Makhachev, mais Muhammad est plus expérimenté. Usman reste un pari sûr pour le UFC »*. ESPN MMA va plus loin : *« Si Garry gagne en dominant, le UFC ne pourra plus ignorer la nouvelle génération »*. À l’inverse, des voix comme celle de Daniel Cormier défendent Usman : *« Il a prouvé qu’il pouvait battre les meilleurs. Un combat contre Makhachev serait un classique instantané. »*
Un point fait consensus : le vainqueur de Muhammad vs Garry devra imposer sa légitimité par les faits, pas seulement par les mots. *« Parler, c’est bien. Gagner, c’est mieux »*, résume un entraîneur du *American Top Team*.
Une certitude, cependant : après l’UFC Qatar, plus rien ne sera comme avant.

