Un KO en 52 secondes qui change la donne
Quand Carlos Ulberg a envoyé Dominick Reyes au tapis d’un crochet du gauche dévastateur à UFC Perth, le 17 février 2024, il n’a pas seulement signé le KO le plus rapide de sa carrière (52 secondes). Il a aussi attiré l’attention du champion en titre, Magomed Ankalaev. Ce dernier, en pleine préparation pour sa revanche contre Alex Pereira à UFC 320 (18 mai 2024), a immédiatement réagi : *"Ulberg, c’est lui le combat qui a du sens maintenant. Les autres, c’est du réchauffé."*
La performance d’Ulberg n’est pas un hasard. Le Néo-Zélandais, originaire de Samoa, enchaîne les victoires depuis son arrivée en UFC en 2021 (5-0 dans la promotion, 13 combats sans défaite depuis 2019). Son style explosif, mêlant puissance et précision, contraste avec l’approche plus technique d’Ankalaev. *"Il a du talent, c’est sûr"*, reconnaît le Russe, avant d’ajouter, malicieux : *"Mais le talent sans expérience contre les meilleurs, ça ne suffit pas. Je lui montrerai la différence."*
"Prochazka et Rountree ? Leur heure est passée"
Pourtant, les noms de Jiri Prochazka (ancien champion) et Khalil Rountree (n°5 du classement) reviennent souvent dans les discussions pour un futur combat. Ankalaev balaye ces options d’un revers de main : *"Prochazka a été détruit par Pereira en 2022, et Rountree a subi le même sort en 2023. Moi, j’ai dominé Pereira. Alors, où est la logique ?"* Une réponse cinglante qui souligne sa vision stratégique : affronter des adversaires en pleine ascension plutôt que des vétérans en déclin.
Son argument est implacable : *"Ces gars-là ont eu leur chance. Maintenant, c’est à la nouvelle génération de prouver sa valeur. Et si Ulberg est vraiment le futur, alors je serai celui qui le testera."* Une déclaration qui résonne comme un défi lancé à l’UFC, sommée de clarifier ses intentions pour la division des mi-lourds.
Petit détail piquant : Prochazka, connu pour son style spectaculaire, avait lui-même écarté Ankalaev après sa victoire contre Pereira en 2022, le jugeant *"trop défensif"*. Une critique que le Russe n’a jamais oubliée. *"Il m’a sous-estimé, et regarde où il en est aujourd’hui"*, lance-t-il, non sans une pointe d’ironie.
Ulberg : l’ambition d’un prétendant pressé
De son côté, Carlos Ulberg n’a pas caché son envie d’affronter Ankalaev après sa victoire contre Reyes. *"Je veux le titre, et pour ça, il faut passer par le champion"*, avait-il déclaré en conférence de presse. Une ambition qui amuse le Russe : *"Il parle comme si c’était déjà fait. Mais dans l’Octogone, les mots ne comptent pas. Seuls les faits importent."*
Pourtant, Ankalaev reconnaît que l’UFC pourrait bien pousser Ulberg comme prochain challenger. *"S’ils veulent faire de lui une star, ils n’auront pas le choix : il faudra me battre d’abord"*, prévient-il. Une façon de rappeler que, dans la hiérarchie des mi-lourds, il reste l’obstacle ultime. *"Et je ne suis pas du genre à laisser passer les prétendants sans leur donner une leçon."*
À noter : Ulberg a déjà exprimé son admiration pour le jeu de jambes d’Ankalaev, qu’il qualifie de *"presque parfait"*. Un compliment que le champion a accueilli avec un sourire : *"C’est bien de m’étudier… mais étudier ne suffit pas pour gagner."*
La discipline d’un champion hors norme
Ce qui frappe chez Ankalaev, au-delà de ses 13 combats sans défaite, c’est sa philosophie presque stoïcienne. *"Je ne choisis pas mes adversaires. L’UFC décide, et je m’adapte"*, répète-t-il comme un mantra. Une attitude qui tranche avec l’époque des combattants exigeant des matchs "parfaits" pour leur image.
Son entraîneur, Saygid Izagakhmaev, révèle d’ailleurs une anecdote édifiante : *"Quand on lui a annoncé le combat contre Pereira pour UFC 320, il a simplement hoché la tête et dit : ‘Bien. On commence l’entraînement demain.’ Pas de discussion, pas de négociation. Juste du travail."* Cette discipline, couplée à une confiance inébranlable, fait d’Ankalaev un champion à part.
*"Beaucoup parlent de ‘legacy’ ou de ‘rivaux’, moi je pense à performer. Le reste, c’est du bruit"*, confie-t-il. Une approche qui lui vaut le respect de ses pairs, y compris parmi ses rivaux. Même Alex Pereira, son prochain adversaire, a salué son professionnalisme : *"Ankalaev, c’est un vrai pro. Pas de trash-talk, juste des actes."*
UFC 320 d’abord, l’avenir après
Avant de penser à Ulberg, Ankalaev a un autre défi à relever : la revanche contre Alex Pereira, prévu pour UFC 320 le 18 mai 2024. Leur premier affrontement, en juillet 2023, s’était soldé par une victoire controversée du Russe (décision partagée). *"Cette fois, je ne laisserai aucun doute"*, promet-il.
Pourtant, même en pleine préparation pour Pereira, son esprit est déjà tourné vers la suite. *"Ulberg est un combat qui a du sens, mais d’abord, je dois régler mes comptes avec Pereira. Après, on verra ce que Dana White [le président de l’UFC] décidera."* Une façon de rappeler que, malgré ses préférences, il reste soumis aux décisions de la promotion.
Le saviez-vous ? Ankalaev et Pereira ont un passé commun : tous deux ont dominé Volkan Oezdemir (Ankalaev en 2022, Pereira en 2023). Une coïncidence qui ajoute une couche de rivalité à leur revanche.
Un message clair : "Je serai prêt, peu importe l’adversaire"
Que ce soit Ulberg, Prochazka, Rountree ou un autre nom, Ankalaev envoie un signal fort : *"Je ne fuis personne. Mais je ne perds pas mon temps avec des combats qui n’ont pas de sens sportif."* Une position qui reflète sa maturité, lui qui, à 31 ans, est déjà considéré comme l’un des champions les plus techniques de l’histoire des mi-lourds.
*"Les fans veulent du spectacle ? Je leur donnerai du spectacle. Les critiques veulent des défis ? Je relèverai les défis. Mais je ne jouerai pas à leur jeu"*, conclut-il. Avec une telle détermination, une chose est sûre : qu’importe l’issue d’UFC 320, le règne d’Ankalaev promet encore de belles histoires.

