À 32 ans, Larissa Pacheco incarne pourtant l’excellence du MMA féminin. Double championne PFL, elle affiche un palmarès étincelant : dix victoires d’affilée, dont sept par KO au premier round. Pourtant, les portes des géants du MMA semblent se fermer devant elle. Après son départ de la PFL et un essai avorté dans l’UFC, la Brésilienne se retrouve dans une impasse stratégique.
Son dernier combat en date, une victoire contre Julia Stasiuk à Karate Combat en 2025, visait à prouver sa capacité à concourir en 135 livres. Une performance qui aurait dû, en théorie, lui ouvrir les portes des grandes organisations. Pourtant, rien n’y fait. Pacheco dénonce un système qui semble privilégier la lente ascension de jeunes talents plutôt que de miser sur des athlètes confirmés. On me demande de patienter, comme si mon expérience était un fardeau plutôt qu’un atout, confie-t-elle.
Un marché du MMA féminin en crise d’opportunités
Le MMA féminin traverse une période paradoxale. D’un côté, les performances spectaculaires de combattantes comme Pacheco ou Ilia Topuria (championne UFC poids plume) prouvent que le public adore les stars féminines. De l’autre, les promotions hésitent à engager des athlètes expérimentées, craignant de bloquer la progression de nouvelles recrues. Pacheco résume cette frustration : On me traite comme une menace pour les futures étoiles, alors que je pourrais être leur mentor.
Cette logique, bien que compréhensible sur le papier, a un goût amer pour les combattantes en fin de carrière. Pacheco, contrainte à l’inactivité, voit son nom s’effacer des radars. Un paradoxe quand on sait que les organisations recherchent désespérément des têtes d’affiche pour dynamiser leurs événements.
L’UFC et la PFL : deux portes qui se ferment
Son passage en PFL lui a valu deux titres, mais le départ de la ligue a laissé un vide difficile à combler. Quant à l’UFC, malgré des rumeurs persistantes, aucun contrat n’a abouti. Pacheco évoque des discussions informelles, mais rien de concret. Les raisons ? Une politique de développement axée sur la jeunesse, et une méfiance envers les profils trop expérimentés, perçus comme des risques financiers.
Pourtant, des exemples comme Holly Holm ou Miesha Tate prouvent que les combattantes vétérans peuvent encore briller. Pacheco, elle, refuse de baisser les bras. Je mérite ma place, pas par pitié, mais parce que je suis une championne, martèle-t-elle. Reste à savoir si les promoteurs entendront ce message avant qu’il ne soit trop tard.

