L'Irlandais qui fait trembler les grapplers : le style unique d'Ian Garry
Ian Garry n'est pas un combattant comme les autres. Avec un style qui marie mobilité exceptionnelle et polyvalence technique, l'Irlandais de 31 ans s'est imposé comme l'un des welterweights les plus redoutés de l'UFC. Contrairement à la plupart de ses pairs, Garry ne se contente pas d'une spécialité : il excelle aussi bien en striking qu'en grappling, une rareté dans une division où les athlètes ont souvent des lacunes flagrantes dans l'un ou l'autre domaine. Sa défaite face à Shavkat Rakhmonov en janvier 2024 a certes révélé des failles face à un grappler d'élite, mais Carlos Prates, lui-même un prétendant sérieux au titre, estime que ce revers ne reflète pas le véritable potentiel de Garry contre Islam Makhachev.
"Ian Garry sait bouger comme personne. Il peut être compétitif partout, que ce soit au sol ou debout", a déclaré Prates lors d'une interview accordée à Red Corner MMA. Cette capacité à s'adapter en temps réel à son adversaire fait de lui un casse-tête pour Makhachev, dont le jeu repose largement sur la domination au sol. Garry a d'ailleurs prouvé sa résilience en rebondissant immédiatement après sa défaite contre Rakhmonov, en écrasant Belal Muhammad à UFC Qatar en février 2024. Une performance qui a rappelé à tous pourquoi il était considéré comme un futur champion.
Makhachev vs. Garry : un choc des styles aux enjeux historiques
Islam Makhachev, champion welterweight depuis sa victoire contre Jack Della Maddalena à UFC 322 en novembre 2023, incarne l'apogée du grappling moderne en MMA. Disciple de Khabib Nurmagomedov, il a hérité d'un style de combat implacable, où la pression constante et les transitions au sol étouffent littéralement ses adversaires. Pourtant, c'est précisément cette approche qui pourrait jouer en faveur de Garry. Contrairement à Rakhmonov, qui a exploité les faiblesses de Garry en clinch et en contrôle au sol, l'Irlandais possède une mobilité latérale et une capacité à sortir des positions défavorables qui pourraient déstabiliser Makhachev.
Historiquement, les champions issus du grappling ont souvent été vulnérables face à des strikers rapides et imprévisibles. On se souvient de la domination de Conor McGregor sur José Aldo en 2015, où la vitesse et la précision des coups de l'Irlandais avaient submergé un champion pourtant réputé invincible. Garry, bien que moins explosif que McGregor, partage cette capacité à dicter le rythme du combat et à éviter les échanges prolongés au sol. Un atout majeur face à un Makhachev qui, malgré ses 25 victoires en 26 combats, n'a jamais été confronté à un adversaire aussi complet.
Les bookmakers semblent d'ailleurs partager cette analyse. Selon les cotes actuelles, Garry est donné à 3,5 contre 1 pour l'emporter contre Makhachev, des chiffres qui reflètent une certaine confiance dans sa capacité à poser des problèmes au champion russe. À titre de comparaison, Michael Morales, l'autre prétendant sérieux, est coté à 5 contre 1, soulignant le statut de favori de Garry dans la course au titre.
La course au titre welterweight : un paysage en pleine ébullition
La division welterweight de l'UFC n'a jamais été aussi compétitive. Entre les prétentions de Michael Morales, qui a écrasé Sean Brady en décembre 2023, et le retour en forme de Jack Della Maddalena, qui affrontera Carlos Prates à UFC Perth le 2 mai 2024, les candidats au titre se bousculent. Pourtant, c'est bien Garry qui semble tenir la corde, du moins selon Prates. "Morales a fait un grand combat, mais Garry a quelque chose en plus. Il a déjà battu des gars comme Neil Magny et Daniel Rodriguez, des combattants qui ont eux-mêmes battu des champions. Ça compte", a-t-il souligné.
Le parcours de Garry est d'autant plus impressionnant qu'il a dû se reconstruire après sa défaite contre Rakhmonov. Une défaite qui, selon certains analystes, aurait pu briser la confiance d'un combattant moins expérimenté. Pourtant, l'Irlandais a réagi en professionnel, en corrigeant ses erreurs et en revenant plus fort. Son KO contre Belal Muhammad, un combattant réputé pour sa résistance, a envoyé un message clair : Garry est prêt pour le titre.
De son côté, Makhachev n'a pas caché son intérêt pour un combat contre Garry. Lors d'une récente conférence de presse, le champion russe a déclaré : "J'ai vu ses combats. Il est dangereux, mais je suis prêt. Je veux un adversaire qui me pousse à donner le meilleur de moi-même, et Garry en fait partie." Ces déclarations contrastent avec l'attitude parfois méprisante de certains champions envers leurs challengers, et montrent une volonté de relever un défi technique plutôt que de chercher une victoire facile.
Les coulisses d'une rivalité annoncée : quand la stratégie rencontre l'ego
Derrière les déclarations officielles et les analyses techniques se cache une rivalité naissante entre Makhachev et Garry, alimentée par des échanges verbaux et des regards en coin lors des événements UFC. Garry, connu pour son charisme provocateur, n'a pas hésité à tacler Makhachev lors d'une interview en mars 2024 : "Il a battu Della Maddalena, mais Della Maddalena n'est pas un vrai test. Moi, j'ai battu des gars qui ont battu des champions. La ceinture, je la veux, et je la prendrai."
Ces provocations ne sont pas anodines. Dans le monde du MMA, les trash-talkings et les déclarations chocs font partie intégrante de la stratégie marketing. Elles permettent de créer du buzz autour d'un combat et d'attirer l'attention des médias et des fans. Makhachev, habituellement plus réservé, a répondu avec une pointe d'ironie : "Il parle beaucoup, mais sur le ring, on verra qui a raison. Je respecte son parcours, mais le titre, c'est moi qui le détiens."
Cette dynamique rappelle celle qui avait opposé Conor McGregor et Nate Diaz en 2016, où les échanges verbaux avaient atteint des sommets, culminant avec le célèbre "Stockton slaps" de Diaz. Si Makhachev et Garry parviennent à reproduire cette alchimie, leur affrontement pourrait devenir l'un des plus médiatisés de l'histoire récente de l'UFC.
Et si le vrai danger venait d'ailleurs ? Les outsiders à ne pas sous-estimer
Si Garry et Morales dominent actuellement les débats, d'autres combattants pourraient bien jouer les trouble-fêtes. Jack Della Maddalena, par exemple, reste un prétendant crédible malgré sa défaite contre Makhachev. Avec un style agressif et une capacité à finir ses combats par KO, l'Australien pourrait rebondir rapidement, surtout s'il parvient à vaincre Prates à UFC Perth. Une victoire qui lui redonnerait instantanément une place dans la course au titre.
Autre nom à surveiller : Shavkat Rakhmonov. Bien qu'il ait battu Garry, le Kazakh n'a pas encore convaincu tous les observateurs. Son combat contre Geoff Neal en 2023 avait révélé des lacunes en cardio et en gestion du rythme, des faiblesses que Makhachev pourrait exploiter. Pourtant, Rakhmonov reste un danger, notamment grâce à sa puissance de frappe et son expérience en sambo, un art martial russe qui a forgé certains des meilleurs grapplers de l'UFC.
Enfin, Carlos Prates lui-même pourrait jouer un rôle clé dans cette course au titre. Avec un bilan de 23 victoires pour 7 défaites, le Brésilien a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs. Son combat contre Della Maddalena sera un véritable test : une victoire le propulserait immédiatement dans le top 5 des welterweights, tandis qu'une défaite le reléguerait aux oubliettes. Quoi qu'il en soit, Prates a déjà marqué les esprits en désignant Garry comme le principal danger pour Makhachev, une prise de position qui pourrait bien influencer les décisions de la direction de l'UFC.
La division welterweight de l'UFC est à un tournant. Avec Islam Makhachev au sommet, mais des challengers comme Ian Garry, Michael Morales et Jack Della Maddalena qui se bousculent pour le défier, les prochains mois s'annoncent riches en rebondissements. Garry, en particulier, incarne l'espoir d'un combat spectaculaire, où mobilité et polyvalence pourraient venir à bout du grappling dominant de Makhachev.
Pourtant, rien n'est joué. Les outsiders comme Shavkat Rakhmonov ou Carlos Prates pourraient bien jouer les trouble-fêtes, tandis que Makhachev, fort de son expérience et de son palmarès, reste le favori des bookmakers. Une chose est sûre : le prochain combat pour le titre welterweight promet d'être l'un des plus excitants de l'année, avec des enjeux techniques et sportifs qui dépassent largement le cadre de l'octogone.
En attendant, les fans peuvent se réjouir : l'UFC a rarement offert une division aussi compétitive, où chaque combat peut rebattre les cartes. Et si le vrai danger pour Makhachev venait finalement d'un combattant que personne n'attend ? L'histoire du MMA nous a appris à ne jamais sous-estimer les outsiders.

