Un début tonitruant en Dirty Boxing
Nashville a été le théâtre d’une entrée fracassante pour Gable Steveson dans l’univers du Dirty Boxing. Lors de DBX 4, l’ancienne star de la lutte olympique a réduit son adversaire, Billy Swanson, à néant en un temps record : 15 secondes. Un chrono qui parle de lui-même, mais qui ne rend pas justice à la violence de l’échange. Dès le gong, Steveson a enchaîné avec une précision chirurgicale : un jab sec pour jauger la distance, suivi d’un uppercut du gauche qui a littéralement soulevé Swanson. Le combat s’est terminé au sol, où une pluie de coups a forcé Dan Miragliotta – arbitre expérimenté s’il en est – à intervenir.
Ce qui frappe, c’est l’aisance apparente de Steveson dans un environnement radicalement différent de la lutte. Le Dirty Boxing, mélange de boxe et de clinch agressif, exige une adaptation rapide. Pourtant, le médaillé d’or olympique a semblé chez lui, comme s’il pratiquait ce sport depuis des années. « On savait qu’il était explosif, mais de là à dominer aussi vite… C’est du jamais vu », a réagi un observateur sur place. Une performance qui pose une question brûlante : jusqu’où peut aller ce phénomène ?
Pourtant, tous les experts ne partagent pas le même enthousiasme. Chael Sonnen, légende du MMA et commentateur avisé, a tempéré les ardeurs sur son podcast : « 15 secondes contre un adversaire limité, c’est impressionnant, mais ça ne fait pas de lui un striker accompli. L’UFC, c’est une autre paire de manches. » Un avis qui rappelle que le parcours de Steveson en sports de frappe en est encore à ses balbutiements.
"Mick, je veux l'UFC !" : L’appel qui fait trembler l’Octogone
La victoire était à peine officialisée que Gable Steveson a pris le micro pour s’adresser à Mick Maynard, le matchmaker de l’UFC présent dans la salle. Avec un sourire en coin et une confiance à toute épreuve, il a lancé :
« Mick, vous avez vu un petit aperçu, mais j’aimerais vous en montrer bien plus. J’espère que vous croyez en moi. Donnez-moi une chance, et je vous promets que vous ne le regretterez pas. »
Un message direct, assumé, qui a électrisé la foule. Maynard, habitué aux déclarations enflammées, n’a pas réagi publiquement, mais les rumeurs suggèrent que des discussions auraient déjà commencé en coulisses. Après tout, un athlète de ce calibre – champion olympique à 21 ans, charismatique et ultra-médiatique – est une aubaine pour l’UFC.
D’autant que Steveson n’est pas seul dans cette aventure. Depuis plusieurs mois, il s’entraîne aux côtés de Jon Jones, considéré comme le GOAT (Greatest Of All Time) du MMA. « Gable a tout pour réussir : la puissance, l’intelligence, et une éthique de travail monstrueuse », a confié Jones dans une interview récente. Un mentorat qui pèse lourd dans la balance.
Mais l’UFC hésite encore. Si Steveson a prouvé son potentiel explosif, son manque d’expérience en jiu-jitsu brésilien et en defense contre les soumissions pourrait être un frein. « Un combat en Dirty Boxing, c’est bien, mais l’Octogone est un tout autre animal », rappelle Daniel Cormier, double champion UFC et analyste pour ESPN. Une prudence compréhensible, mais qui pourrait voler en éclats si Steveson enchaîne les performances.
Derrière le KO : La machine Steveson
Ce que peu de gens savent, c’est que cette victoire éclair est le fruit d’une préparation militaire. Depuis sa médaille d’or aux JO de Tokyo en 2020, Steveson a radicalement transformé son approche. Exit les entraînements 100% lutte : place à la boxe, au muay-thaï, et même à des sessions de sparring avec des vétérans du MMA.
Son équipe, basée à Albuquerque (Nouveau-Mexique), est un mélange explosif : des lutteurs olympiques, des coachs en strike, et des spécialistes en conditionnement mental. « Gable n’est pas seulement un athlète, c’est un student of the game. Il analyse chaque détail, chaque faille », révèle l’un de ses entraîneurs sous couvert d’anonymat. Une rigueur qui explique peut-être sa capacité à s’adapter aussi vite.
Pourtant, des doutes subsistent. Son style, ultra-agressif, pourrait le desservir face à des adversaires plus techniques. « En Dirty Boxing, tu peux te permettre de charger comme un taureau. En MMA, si tu te fais contrer, tu finis KO ou soumis », avertit Henry Cejudo, autre champion olympique passé au MMA. Un risque que Steveson semble prêt à prendre.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour 2024
Plusieurs options s’offrent à lui :
- Un (ou deux) combat(s) supplémentaire(s) en Dirty Boxing pour peaufiner son jeu de frappe et gagner en expérience.
- Une transition directe vers l’UFC, avec un premier combat contre un adversaire mid-tier pour tester son niveau.
- Un passage par le circuit régional (comme le PFL ou Bellator) pour accumuler des victoires avant de viser l’élite.
La option la plus probable ? Un contrat UFC d’ici fin 2024, avec une période d’adaptation pour travailler ses faiblesses (notamment le grappling défensif). « Dana White adore les stars, et Steveson en est une. S’il continue comme ça, il aura son ticket », prédit un insider.
Une chose est sûre : après DBX 4, Gable Steveson n’est plus un simple espoir. C’est une menace. Et l’UFC le sait.
Avec son KO en 15 secondes et son appel vibrant à l’UFC, Gable Steveson a marqué un tournant. Son parcours rappelle celui d’un Brock Lesnar moderne : une force brute couplée à un charisme naturel, le tout porté par une ambition dévorante. Mais contrairement à Lesnar, Steveson a l’avantage de la jeunesse (23 ans) et d’un entourage technique de haut niveau.
Reste à savoir si l’UFC osera lui offrir une scène dès maintenant, ou s’il devra prouver davantage. Une chose est certaine : le compte à rebours est lancé. Et si Steveson maintient cette trajectoire, 2025 pourrait bien être l’année où il bouleverse l’ordre établi.

