New York sous le choc : quand Prates transforme l’octogone en terrain de jeu
Le Madison Square Garden a vibré ce samedi 15 juin 2024 sous les coups de Carlos Prates, un combattant qui semble avoir trouvé la formule magique pour allier spectacle et efficacité. Dès les premières secondes de son combat en poids mi-moyens (77 kg), le Brésilien a imposé un rythme infernal, mélangeant frappes précises, transitions au sol fluides et une stratégie imprévisible qui a laissé son adversaire sans réponse. Le KO ou la soumission semblaient inévitables – et c’est finalement par un étranglement en guillotine au deuxième round que Prates a scellé son triomphe.
Ce qui frappe chez Prates, au-delà de ses victoires, c’est sa capacité à rendre chaque combat unique. Contrairement à certains athlètes qui répètent les mêmes schémas, lui joue avec les attentes : feintes théâtrales, changements de garde soudains, et même des sourires en plein échange qui désarçonnent ses opposants. "Il ne combat pas, il performe"*, résumait un commentateur de l’UFC pendant la diffusion. Une approche qui lui vaut non seulement des victoires, mais aussi une base de fans en constante croissance – et des bonus à la clé.
Le bonus de Performance de la Soirée (50 000 dollars, soit environ 265 000 réaux brésiliens) est venu couronner cette prestation. Une somme qui, pour la plupart des combattants, représente un tournant financier. Mais Prates, avec son sixième bonus en carrière, a réagi avec un détachement presque provocateur sur les réseaux sociaux : "Quel bonus ? Ah, d’accord. Ça devient habituel, les gars. C’est le sixième, hein !". Une phrase qui en dit long sur sa confiance inébranlable – et qui laisse présager qu’il vise désormais bien plus qu’un simple chèque.
"Une habitude" : quand les bonus deviennent la norme pour le prodige brésilien
Derrière cette désinvolture affichée se cache une stratégie méticuleuse. Carlos Prates n’est pas du genre à laisser le hasard décider de son destin. Originaire de Taubaté, une ville de l’État de São Paulo connue pour son vivier de talents en MMA, il a été formé dès son plus jeune âge dans le jiu-jitsu brésilien avant de se tourner vers le combat complet. Son parcours est jalonné de victoires par soumission (7 sur ses 14 combats professionnels), preuve d’une maîtrise technique rare.
Pourtant, ce qui distingue vraiment Prates, c’est sa capacité à s’adapter. Lors de l’UFC 322, il a ainsi surpris en alternant entre un jeu debout agressif et des phases de grappling dominatrices, comme s’il voulait montrer qu’il maîtrisait tous les aspects du MMA. "Il a un QI de combat exceptionnel"*, analysait son entraîneur après la victoire. Un atout qui, combiné à son charisme naturel, en fait un candidat idéal pour les gros événements – et les gros contrats.
Mais attention : derrière les sourires et les déclarations enjouées se cache un combattant ultra-compétitif. Interrogé sur ses objectifs après l’UFC 322, Prates a été clair : "Les bonus, c’est bien, mais ce que je veux, c’est la ceinture. Et je vais la prendre, peu importe qui se trouve en face de moi." Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait bien faire de lui le premier champion brésilien des poids mi-moyens depuis 2019.
UFC 322 : une soirée de rewards où Prates a volé la vedette
Si Carlos Prates a été le grand gagnant de la soirée, il n’a pas été le seul à repartir avec un bonus de 50 000 dollars. L’UFC 322 a en effet été marqué par des performances exceptionnelles, récompensées à leur juste valeur :
- Michael Morales : Le jeune espoir des poids mi-moyens a impressionné avec une victoire par KO au premier round, confirmant son potentiel explosif.
- Benoit Saint Denis : Le Français a dominé son adversaire avec une stratégie de grappling implacable, s’imposant comme un prétendant sérieux dans sa catégorie.
- Bo Nickal : L’ancien lutteur olympique a une fois de plus prouvé qu’il était une machine à finitions, avec un KO spectaculaire qui a électrisé le public.
Une telle concentration de talents récompensés en une seule soirée est rare, même pour l’UFC. Cela témoigne du niveau exceptionnel de cette édition, mais aussi de la volonté de l’organisation de mettre en avant les combats les plus spectaculaires. Pour Dana White, le président de l’UFC, ces bonus sont un moyen de "récompenser ceux qui font vibrer les fans – et Prates, lui, il les fait vibrer à chaque fois."
Derrière le sourire : la machine de guerre qui se prépare pour l’or
Ce qui fascine avec Carlos Prates, c’est ce mélange de détachement apparent et de préparation obsessionnelle. Ceux qui le côtoient au quotidien décrivent un athlète qui passe des heures à analyser ses adversaires, à peaufiner sa condition physique, et à travailler des techniques rares – comme cette guillotine modifiée qui a scellé sa victoire à l’UFC 322. "Il rit, il plaisante, mais dès qu’il entre dans la cage, c’est un autre homme"*, confie un membre de son équipe.
Son prochain objectif ? Un combat contre un top 5 des poids mi-moyens, une étape obligatoire pour prétendre au titre. Les noms de Shavkat Rakhmonov ou Jack Della Maddalena circulent déjà, mais Prates, lui, refuse de se prononcer : "Je laisse l’UFC décider. Moi, je serai prêt, peu importe l’adversaire." Une attitude qui tranche avec l’arrogance de certains combattants, mais qui cache une détermination sans faille.
Reste une question : jusqu’où peut aller ce Brésilien qui semble tout réussir ? Avec un style aussi efficace qu’entertaining, une personnalité qui plaît aux fans, et une équipe technique solide, tous les voyants sont au vert. Mais dans un sport aussi imprévisible que le MMA, une seule erreur peut tout changer. Prates le sait – et c’est peut-être pour ça qu’il continue de travailler comme si chaque combat était le dernier.
Le phénomène Prates : entre culture du MMA brésilien et ambition mondiale
Carlos Prates incarne à lui seul une nouvelle génération de combattants brésiliens : technique, spectaculaire, et dotée d’un sens innée du spectacle. Là où certains se contentent de gagner, lui veut marquer l’histoire. Son approche rappelle celle d’un Anderson Silva en son temps – un mélange de génie technique et de showmanship qui transcende le sport.
Au Brésil, il est déjà une star. Les médias locaux le présentent comme "l’héritier de la saga des poids mi-moyens brésiliens", après des légendes comme Demian Maia ou Thiago Alves. Mais Prates a une ambition plus large : devenir le premier Brésilien champion du monde depuis Jorge Masvidal en 2019. Un défi de taille, surtout dans une catégorie aussi compétitive que les 77 kg, où des monstres comme Leon Edwards ou Kamaru Usman (même en déclin) rôdent encore.
Pour y parvenir, il devra cependant gérer la pression. Car plus on monte, plus les attentes sont grandes – et les chutes, brutales. Mais si son parcours jusqu’ici est un indicateur, Carlos Prates a toutes les cartes en main pour devenir la prochaine grande histoire du MMA.

