Le défi lancé : Pereira veut Jones, et vite
Alex Pereira ne fait pas dans la demi-mesure. Après avoir écrasé Magomed Ankalaev en moins de quatre minutes à l’UFC 320, le Brésilien a immédiatement tourné son regard vers un adversaire de taille : Jon Jones. Contrairement à d’autres prétendants, comme Tom Aspinall, qui ont attendu en vain, Pereira mise sur une réaction rapide de "Bones". À 36 ans, les deux hommes n’ont plus de temps à perdre. "On n’a plus l’âge de tergiverser", a-t-il déclaré, suggérant que Jones, récemment sorti d’une retraite éphémère, pourrait bien accepter le défi. Un combat qui, sur le papier, opposerait le GOAT autoproclamé à l’un des frappeurs les plus redoutables de l’UFC.
Mais pourquoi cette urgence ? Pereira, avec trois défenses réussies de son titre en 2024 (toutes par KO ou TKO), semble déterminé à prouver qu’il peut dominer une légende là où d’autres ont échoué. Son dernier exploit contre Ankalaev, un KO en 3 minutes et 52 secondes, a encore renforcé sa réputation de finisseur impitoyable. "Je prépare chaque combat pour gagner, peu importe l’adversaire", rappelle-t-il, évitant soigneusement de sous-estimer Jones, malgré ses récents tergiversements.
La stratégie de Pereira est claire : il ne veut pas attendre. Alors que Jones a longtemps été critiqué pour ses choix de combats (évitant souvent des adversaires redoutables comme Francis Ngannou), Pereira force la main. Une approche qui contraste avec celle d’Aspinall, resté dans l’expectative pendant des mois. Le Brésilien, lui, agit. Et si Jones accepte, ce serait un choc historique, un affrontement entre deux générations et deux philosophies de combat.
Deux légendes, deux styles : l’explosivité contre la stratégie
Sur le papier, Alex Pereira et Jon Jones représentent deux visions opposées du MMA. Pereira, ancien champion de kickboxing Glory, mise sur une frappe explosive et une efficacité brutale. Avec 11 KO en 13 victoires en MMA (soit 85 %), il incarne une génération de combattants pour qui le spectacle passe après la victoire. Jones, lui, est un maître des victoires par décision (10 sur 27 combats) et un stratège hors pair, capable de dominer ses adversaires au sol (6 soumissions) ou en contrôle.
Pourtant, c’est cette opposition de styles qui rend leur potentiel affrontement si captivant. Pereira, qui a terrassé Israel Adesanya en middleweight avant de dominer les mi-lourds, pourrait bien forcer Jones à sortir de sa zone de confort. "Je ne contrôle pas les records, mais je contrôle ma préparation", rappelle Pereira, soulignant que son objectif reste inchangé : "entrer, frapper fort, et repartir avec la ceinture." Une philosophie qui contraste avec la prudence calculée de Jones, dont le dernier KO remonte à 2019 face à Daniel Cormier.
Jones, malgré ses 36 ans, reste un combattant redoutable. Son palmarès (27 victoires, 1 défaite controversée par disqualification) parle pour lui. Mais face à Pereira, il devrait adapter son jeu. Le Brésilien, avec sa puissance et sa précision, pourrait bien exploiter les faiblesses de Jones en striking, un domaine où "Bones" a parfois été vulnérable (notamment face à Santos et Reyes). Un duel qui, s’il se concrétise, opposerait deux légendes aux trajectoires radicalement différentes : l’un, un finisseur né, l’autre, un tacticien hors pair.
Derrière les projecteurs : les coulisses d’un combat qui se dessine
Les rumeurs vont bon train. Selon plusieurs sources, les négociations pour un combat entre Pereira et Jones pourraient s’accélérer après l’annonce surprise du retour de Jones pour un événement UFC à la Maison-Blanche en juin 2025. Un cadre prestigieux pour un choc historique. Mais les obstacles sont nombreux : Jones, connu pour ses exigences (salaire, adversaire, timing), pourrait-il enfin accepter un défi aussi risqué ?
Pereira, lui, semble prêt. Son équipe travaille déjà sur des scénarios pour contrer le jeu de Jones, notamment son redoutable clinch et ses prises de lutte. "On étudie tout, même ses vieux combats", confie un membre de son staff. Une préparation minutieuse, car Pereira sait que Jones n’est pas un adversaire comme les autres. Il a dominé la division pendant des années, et même s’il a montré des signes de vulnérabilité (notamment face aux frappeurs puissants), il reste un combattant d’exception.
Un détail intrigue : Pereira, contrairement à d’autres, ne cherche pas à provoquer Jones. Pas de déclarations tapageuses, pas de défis publics humiliants. Juste une confiance tranquille, presque arrogante. "Si il veut la ceinture, il sait où me trouver", a-t-il simplement déclaré. Une approche qui pourrait bien jouer en sa faveur, Jones ayant souvent réagi aux provocations (comme face à DC ou Stipe Miocic).
Et si Jones refusait ? Les alternatives pour Pereira
Bien sûr, rien n’est encore signé. Jones pourrait très bien choisir un autre adversaire, ou reporter le combat. Dans ce cas, qui reste-t-il pour Pereira ? Jamahal Hill, l’ancien champion, pourrait être une option, tout comme Jiri Prochazka, toujours dangereux malgré ses blessures. Mais aucun de ces noms n’a le prestige de Jones.
Pereira, lui, semble s’en moquer. "Je me bats contre qui on me met devant", déclare-t-il. Pourtant, on sent que ce combat contre Jones est celui qu’il veut vraiment. Un duel qui pourrait non seulement consolider son statut de meilleur mi-lourd de l’histoire, mais aussi lui offrir une revanche symbolique : après avoir dominé Adesanya (qui a lui-même été dominé par Jones en training), Pereira pourrait bien devenir le premier homme à avoir battu les deux légendes.
Reste une question : Jones, qui a déjà parlé de retraite, est-il vraiment prêt à affronter un adversaire aussi dangereux ? Certains analystes pensent que non. "Jon a toujours évité les frappeurs puissants comme Ngannou ou Stipe", rappelle un journaliste spécialisé. "Pereira est encore plus dangereux que ces deux-là. Est-ce qu’il va vraiment prendre ce risque ?" Une incertitude qui ajoute encore plus de piquant à cette potentielle confrontation.
L’héritage en jeu : qui sortira vainqueur de ce choc des générations ?
Si le combat a lieu, les enjeux seront immenses. Pour Pereira, une victoire contre Jones serait la cerise sur le gâteau d’une carrière déjà exceptionnelle. Il deviendrait sans conteste le roi des mi-lourds, avec des victoires contre Adesanya, Ankalaev, et maintenant Jones. Pour ce dernier, un succès prouverait qu’il est toujours le meilleur, malgré l’âge et les critiques.
Mais au-delà des ceintures, c’est l’héritage qui est en jeu. Pereira représente l’avenir : un striking explosif, une confiance inébranlable, et une volonté de dominer sans compromis. Jones, lui, incarne le passé (ou du moins une certaine époque) : un combattant complet, capable de s’adapter à tous les styles, mais peut-être moins redoutable qu’avant.
Alors, qui l’emporterait ? Les bookmakers penchent légèrement pour Jones, grâce à son expérience et sa polyvalence. Mais Pereira a un argument de taille : sa puissance. Dans un sport où un seul coup peut tout changer, le Brésilien a déjà prouvé qu’il pouvait renverser des légendes. Et si Jones sous-estime cette menace, il pourrait bien le payer cher.

