"Je n’étais qu’à 40 %… et pourtant, j’ai tenu" : l’aveu qui relance tout
Le 30 mars 2024, lors de l’UFC 303, Alex Pereira perdait aux points face à Magomed Ankalaev dans un combat où le Brésilien semblait lent, moins explosif, presque méconnaissable. Quatre mois plus tard, l’explication tombe – et elle est de taille. Dans l’émission *"The Brian Campbell Experience"*, "Poatan" lâche un aveu inattendu : *"Ce soir-là, j’étais à 40 % de mes capacités. Pas 50, pas 60… 40."* Une révélation qui transforme rétrospectivement ce combat en une performance de résistance bien plus impressionnante qu’il n’y paraissait.
Pourtant, même diminué, Pereira a réalisé l’impensable : repousser les 12 tentatives de projection d’Ankalaev, un spécialiste du grappling réputé pour son samoan slam dévastateur. *"Il n’a pas aimé que je lui prouve qu’il n’est pas invincible au sol"*, confie le Brésilien, non sans une pointe de provocation. Cette résistance a d’ailleurs poussé le Dagestanais à des accusations de tricherie, sous-entendant l’usage de substances glissantes sur le corps de Pereira – une allégation que ce dernier balaye d’un revers : *"Si j’avais triché, croyez-moi, j’aurais gagné."*
Les chiffres, eux, restent sans appel : 110-85 en coups significatifs en faveur d’Ankalaev (source : UFC Stats), avec une précision de 58 % contre seulement 44 % pour Pereira. Pourtant, le Brésilien a tenu les 25 minutes, un fait rare pour un frappeur pur face à un grappler de ce niveau. *"Je ne suis pas content d’avoir perdu, mais la manière dont j’ai résisté… ça me surprend encore"*, admet-il, comme s’il découvrait lui-même l’étendue de sa résilience mentale.
Mais alors, que s’est-il vraiment passé ce soir-là ?
Le mystère des 60 % manquants : blessure, burn-out ou calcul stratégique ?
Pereira reste volontairement évasif sur les raisons de son état lors de l’UFC 303. *"Je ne vais pas tout dévoiler maintenant"*, glisse-t-il, entretenant un flou artistique qui alimente les spéculations. Plusieurs hypothèses circulent parmi les experts et les fans :
- Une blessure non révélée : Une lésion musculaire ou articulaire pourrait expliquer sa mobilité réduite. Certains observateurs ont noté qu’il évitait systématiquement de pivoter sur sa jambe gauche, un détail qui n’a pas échappé aux analystes de ESPN MMA.
- Un problème personnel : Pereira a traversé des périodes sombres par le passé, notamment après sa défaite face à Israel Adesanya en 2022. *"Gérer ça, c’est dur"*, a-t-il confié, laissant planer l’idée d’un burn-out émotionnel.
- Une préparation tronquée : Son entraînement pour ce combat a été moins médiatisé que d’habitude. Certains membres de son équipe, comme son coach Glauco Shield, ont évoqué des "impondérables" sans préciser.
- Une stratégie délibérée : Et si Pereira avait sciemment limité son engagement pour étudier Ankalaev en vue d’un rematch ? Une théorie audacieuse, mais son sourire en coin lors de l’interview post-combat interpellait déjà.
Ce silence calculé n’est pas sans rappeler la stratégie de Conor McGregor avant son second combat contre Nate Diaz – une guerre psychologique où l’incertitude devient une arme. *"Parfois, le moins tu dis, plus tu fais peur"*, avait déclaré McGregor. Pereira semble appliquer la même recette, avec un succès certain : les paris sur un rematch ont bondi de 30 % depuis ses déclarations (source : BetMGM).
"À 50 %, je le démolis" : la promesse d’un Pereira 2.0
Malgré la défaite, le ton de Pereira est loin d’être celui d’un vaincu. *"Même à 50 %, ces 10 % en plus feront une différence énorme"*, assure-t-il, comme pour rappeler à Ankalaev que leur histoire est loin d’être terminée. Avec un palmarès de 23 victoires par KO (dont 19 en muay-thaï), le Brésilien mise sur l’effet d’annonce pour déstabiliser son rival.
Son argument ? L’histoire se répète rarement dans le MMA. *"Regardez Adesanya : je l’ai battu deux fois après ma première défaite contre lui. Ankalaev croit peut-être que c’est fini, mais il se trompe."* Une référence à sa rivalité légendaire avec l’ancien champion des poids moyens, qu’il a dominé à deux reprises (UFC 281 et UFC 287) après un premier revers en 2021.
Pourtant, les défis sont réels :
- Le strike : Ankalaev a prouvé qu’il pouvait dominer Pereira debout, avec une précision supérieure (58 % contre 44 %). *"Il faut que je travaille mes combinaisons et ma défense de tête"*, reconnaît le Brésilien.
- L’endurance : À 36 ans, Pereira n’est plus le jeune loup du muay-thaï. Son cardio a montré des signes de faiblesse en fin de combat, un point critique pour un éventuel rematch en cinq rounds.
- La pression médiatique : Un second échec contre Ankalaev pourrait sceller la fin de son règne chez les light heavyweights, une catégorie où il peine encore à s’imposer.
Mais Pereira a un atout maître : son mental. *"Les gens oublient que j’ai déjà été compté out. Contre Adesanya, contre Izzy… Et regardez ce qui s’est passé."* Une résilience qui, couplée à son pouvoir de frappe, en fait un adversaire toujours dangereux, même affaibli.
Ankalaev-Pereira 2 : le combat que tout le monde veut (sauf peut-être Dana White)
La question n’est plus si un rematch aura lieu, mais quand. Les fans réclament à corps et à cris cette revanche, et les statistiques d’audience de l’UFC 303 (plus de 1,2 million de PPV, selon MMA Junkie) prouvent que le public est au rendez-vous. Pourtant, un obstacle persiste : Dana White.
Le président de l’UFC a toujours été réticent à organiser des rematches immédiats, surtout après une victoire claire comme celle d’Ankalaev. *"On verra. Pereira a d’autres défis devant lui"*, a-t-il déclaré en conférence de presse. Mais les réseaux sociaux ont déjà tranché : le hashtag #PereiraAnkalaev2 a été utilisé plus de 50 000 fois en 48 heures après les déclarations du Brésilien.
Du côté d’Ankalaev, la réaction est froide et calculée : *"S’il veut une revanche, qu’il la mérite. Qu’il batte d’abord un top 5."* Une réponse qui ressemble à s’y méprendre à celle d’Israel Adesanya après sa première victoire contre Pereira – un scénario qui s’est retourné contre lui. *"La roue tourne, Magomed. Demande à Izzy"*, a rétorqué Pereira sur X (ex-Twitter), prouvant une fois de plus son maîtrise des médias.
Alors, quand pourrait avoir lieu ce rematch explosif ? Plusieurs dates sont évoquées :
- UFC 306 (octobre 2024) : Un timing idéal pour Pereira, qui aurait eu 6 mois pour se préparer.
- UFC 307 (décembre 2024) : Une carte souvent réservée aux gros combats de fin d’année.
- UFC 308 (mars 2025) : Un an après leur premier affrontement, pour un symbole fort.
Une chose est sûre : si ce combat a bien lieu, il ne ressemblera en rien au premier. Pereira, lui, l’a promis : *"La prochaine fois, vous verrez le vrai Poatan. Et Ankalaev le sait."*
Derrière les gants : le Pereira que personne ne connaît
Au-delà des statistiques et des déclarations choc, il y a l’homme. Alex Pereira n’est pas seulement un double champion UFC ou un monstre du muay-thaï – c’est aussi un père de famille, un ancien ouvrier du bâtiment qui a connu la précarité, et un combattant qui porte sur ses épaules le poids des attentes d’un pays entier, le Brésil.
Peu de gens savent que, avant de devenir une star, Pereira travaillait 12 heures par jour sur des chantiers pour financer ses débuts en muay-thaï. *"J’ai construit des maisons avec mes mains avant de les utiliser pour détruire des adversaires"*, confie-t-il dans un rare moment d’intimité. Cette résilience, il la puise dans ces années difficiles, où chaque combat était une question de survie bien plus que de gloire.
Son surnom, "Poatan", lui a été donné par ses coéquipiers en référence au guerrier amérindien du film *Le Nouveau Monde* – un clin d’œil à sa force brute et à son esprit indomptable. *"Quand je monte en cage, je ne pense pas à gagner ou à perdre. Je pense à survivre"*, avoue-t-il. Une philosophie qui explique peut-être pourquoi, même à 40 %, il n’a jamais abandonné contre Ankalaev.
Et puis, il y a sa famille. Pereira est père de deux enfants, et c’est pour eux qu’il combat aujourd’hui. *"Je veux qu’ils sachent que leur père n’a jamais reculé, même dans les moments les plus durs."* Une motivation profonde qui, selon son entourage, explique sa capacité à encaisser les défaites sans jamais perdre espoir.
Alors, quand il dit avoir combattu à 40 %, certains y voient une excuse. Mais ceux qui le connaissent vraiment savent une chose : même à 40 %, Alex Pereira reste un guerrier. Et ça, Ankalaev l’a compris à ses dépens.

