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L'UFC verse 237 millions de dollars aux combattants : pourquoi certains n'ont toujours pas touché leur part

L'UFC verse 237 millions de dollars aux combattants : pourquoi certains n'ont toujours pas touché leur part

Plus de 90 % des combattants éligibles ont reçu leur part du règlement historique de 375 millions de dollars intenté contre l'UFC, mais certains attendent encore en raison de complications juridiques ou de sanctions internationales. Les avocats expliquent les retards et les défis restants pour finaliser les paiements.

L'essentiel

  1. 984 combattants dans 44 pays ont déjà perçu 237 millions de dollars sur les 375 millions du règlement.
  2. 10 combattants bloqués par des litiges familiaux, fiscaux ou successoraux, dont des cas de décès sans testament.
  3. 17 athlètes résidant dans des pays sous sanctions américaines (OFAC) ne peuvent pas recevoir leurs fonds.
  4. L'UFC fait face à d'autres poursuites antitrust couvrant la période 2017 à aujourd'hui.
  5. Les avocats travaillent activement pour résoudre les derniers cas et distribuer les paiements restants.

Un règlement historique, mais des ombres au tableau

En 2025, l'UFC a tourné une page majeure de son histoire en validant un règlement de **375 millions de dollars** pour clore une bataille juridique entamée en **2014**. Portée par des figures comme Cung Le et Nate Quarry, cette plainte antitrust accusait la promotion de pratiques monopolistiques, notamment en limitant les opportunités des combattants et en imposant des contrats déséquilibrés. Si la majorité des athlètes éligibles – ceux ayant combattu entre **2010 et 2017** – ont déjà touché leur dû, les retards persistants révèlent les complexités d'un système où le sport et le droit s'entremêlent.

Le cabinet Berger Montague, chargé de représenter les combattants, a confirmé que **237,3 millions de dollars** avaient été versés à **984 bénéficiaires** répartis dans **44 pays**. Un chiffre impressionnant, mais qui laisse encore **près de 10 % des ayants droit** dans l'attente. Les raisons ? Un mélange de drames humains, de bureaucratie internationale et de querelles juridiques.

Des cas bloqués par des drames familiaux et des sanctions géopolitiques

Parmi les combattants toujours en attente, **10 d'entre eux** sont empêtrés dans des litiges successoraux ou familiaux. Certains sont décédés sans avoir rédigé de testament, laissant leurs proches dans l'incertitude quant à la répartition des fonds. D'autres, en instance de divorce, voient leurs paiements gelés en raison d'obligations légales, comme des pensions alimentaires pour enfants. Ces situations, bien que marginales en nombre, illustrent la fragilité financière de nombreux athlètes, souvent mal préparés à gérer les retombées d'une carrière aussi exigeante que précaire.

Plus préoccupant encore, **17 combattants** résident dans des pays sous le coup de **sanctions américaines**, comme l'Iran, la Syrie ou la Corée du Nord. L'Office of Foreign Assets Control (OFAC) interdit strictement tout transfert financier vers ces territoires, plongeant ces athlètes dans une impasse. "Nous explorons toutes les solutions possibles, y compris des mécanismes de compensation indirecte, mais les contraintes légales sont absolues", a déclaré un porte-parole de Berger Montague. Ces cas soulèvent une question cruciale : comment concilier justice sportive et géopolitique ?

D'autres retards sont imputables à des erreurs administratives, comme des coordonnées bancaires obsolètes ou des identités mal vérifiées. "Certains combattants ont changé de nom, de pays ou simplement disparu des radars après leur retraite", explique un juriste proche du dossier. "Retrouver leur trace relève parfois du travail de détective."

L'UFC face à une nouvelle vague de poursuites

Si ce règlement marque la fin d'un chapitre, il n'éteint pas pour autant les tensions entre l'UFC et ses combattants. Une autre plainte antitrust, couvrant la période **2017 à aujourd'hui**, est toujours en cours. Portée par des stars comme Khamzat Chimaev et Rose Namajunas, elle accuse la promotion de perpétuer des pratiques anticoncurrentielles, notamment via des contrats exclusifs et des clauses de non-concurrence jugées abusives.

Les enjeux sont colossaux. Selon une étude du Sports Business Journal, l'UFC a généré **plus de 1 milliard de dollars de revenus en 2023**, un chiffre en hausse de **20 %** par rapport à l'année précédente. Pourtant, les combattants ne toucheraient qu'entre **10 et 20 %** de ces recettes, un déséquilibre que les plaignants qualifient de "spoliation systémique". "L'UFC a transformé le MMA en un empire, mais au détriment de ceux qui en sont les piliers", dénonce un ancien cadre de la promotion sous couvert d'anonymat.

Dana White, le président de l'UFC, a toujours rejeté ces accusations, arguant que la promotion offre des "opportunités sans précédent" à ses athlètes. Pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon une analyse du New York Times, le salaire médian d'un combattant UFC s'élève à **environ 50 000 dollars par an**, bien en deçà des revenus des stars des sports traditionnels comme la NFL ou la NBA.

Les leçons d'une bataille juridique sans précédent

Ce règlement historique pourrait bien redéfinir les rapports de force dans le MMA. Pour la première fois, une organisation sportive est contrainte de reconnaître – indirectement – que ses pratiques contractuelles étaient contestables. "C'est une victoire symbolique, mais aussi concrète", estime John Nash, expert en droit du sport à l'Université de Harvard. "Les combattants ont désormais un précédent pour négocier de meilleures conditions."

Cependant, les défis restent immenses. Le MMA, contrairement à d'autres sports, manque cruellement de syndicats ou d'organisations capables de défendre collectivement les athlètes. "Les combattants sont des indépendants, souvent isolés, et l'UFC a toujours su exploiter cette fragmentation", souligne Loretta Hunt, journaliste spécialisée dans les arts martiaux mixtes. "Sans une mobilisation plus large, les avancées resteront limitées."

Par ailleurs, les retards dans les paiements rappellent une réalité souvent occultée : derrière les projecteurs, la vie des combattants est marquée par l'instabilité. "Beaucoup d'entre eux vivent au jour le jour, sans filet de sécurité", confie un ancien champion UFC sous le sceau de l'anonymat. "Un règlement comme celui-ci, c'est une bouffée d'oxygène, mais ça ne résout pas les problèmes structurels du sport."

Et maintenant ? Les prochaines étapes du combat

Alors que les derniers paiements devraient être finalisés d'ici la fin de l'année, les regards se tournent déjà vers la prochaine bataille juridique. La plainte couvrant la période **2017-2024** pourrait, si elle aboutit, contraindre l'UFC à revoir en profondeur son modèle économique. Certains experts évoquent même la possibilité d'une **classification des combattants en tant qu'employés**, et non plus en tant qu'indépendants, ce qui leur ouvrirait droit à des protections sociales et à des négociations collectives.

Pour l'heure, les avocats de Berger Montague multiplient les appels aux combattants encore en attente. "Nous faisons tout pour accélérer les processus, mais certains cas nécessitent des démarches complexes", indique le cabinet dans un communiqué. "Nous encourageons tous les ayants droit à se manifester pour régulariser leur situation."

Une chose est sûre : cette affaire a mis en lumière les failles d'un système où le spectacle prime souvent sur le bien-être des athlètes. Comme le résume un ancien combattant : "On nous vend comme des gladiateurs modernes, mais personne ne parle des cicatrices, physiques et financières, qui restent une fois la foule partie."

Le règlement de **375 millions de dollars** marque un tournant dans l'histoire du MMA, mais il ne suffit pas à effacer des années de déséquilibres contractuels. Si la majorité des combattants ont enfin touché leur dû, les retards persistants rappellent les défis logistiques et humains d'une telle opération.

Au-delà des chiffres, cette affaire pose une question fondamentale : jusqu'où une organisation peut-elle aller dans l'exploitation de ses talents avant que la justice ne s'en mêle ? Les prochaines poursuites, déjà en cours, pourraient bien apporter une réponse définitive – et peut-être changer à jamais le visage du MMA.

Une chose est certaine : les combattants, longtemps considérés comme des pions interchangeables, ont désormais prouvé qu'ils pouvaient se battre – et gagner – en dehors de l'Octogone.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

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