Le choc UFC Rio s’effondre : Fiziev blessé, Oliveira dans l’expectative
La malédiction des blessures frappe encore l’UFC. Rafael Fiziev, prévu pour affronter Charles Oliveira en tête d’affiche de l’UFC Rio le 11 octobre, a déclaré forfait pour raison médicale. L’information, d’abord révélée par Octagon Update, a été confirmée par MMA Fighting, bien que l’UFC n’ait pas encore officialisé l’annonce. Un silence qui en dit long sur l’urgence de la situation : à seulement huit semaines de l’événement, le temps presse pour trouver un remplaçant capable de sauver une carte déjà fragilisée.
Pour Oliveira, ce forfait tombe au pire moment. Le Brésilien, surnommé "Do Bronx", s’apprêtait à faire son retour au Brésil après quatre longues années — son dernier combat local remontant à mars 2020, une victoire face à Kevin Lee dans un gala marqué par les débuts de la pandémie de COVID-19. Depuis, son parcours a été un rollercoaster : champion des poids légers en 2021, destitué par Islam Makhachev, puis écrasé par Ilia Topuria en juin dernier (KO en 1ᵉʳ round), un revers qui a laissé des traces. Ce combat contre Fiziev devait être sa chance de réhabilitation, une opportunité de prouver qu’il restait un prétendant sérieux dans la division la plus compétitive de l’UFC.
Fiziev : l’adversaire idéal qui s’envole
Rafael Fiziev n’était pas un adversaire choisi au hasard. Le Kirghize, âgé de 31 ans, incarnait un défi technique parfait pour Oliveira. Avec un palmarès de 13 victoires (8 par KO, soit 61,5%) et seulement 4 défaites, dont trois contre l’élite (Justin Gaethje à deux reprises, Mateusz Gamrot), Fiziev aurait permis à Oliveira de tester sa résistance mentale après le traumatisme du KO face à Topuria. Son style explosif, mêlant coups de pied dévastateurs et une boxe précise, en faisait un adversaire redoutable, capable de mettre en difficulté même les meilleurs.
Sa dernière performance, une victoire par décision face à Ignacio Bahamondes en juin 2024, avait marqué son retour après une série de défaites. Une dynamique positive que cette blessure vient briser net. Pour Oliveira, c’est un coup dur : il perd non seulement un combat, mais aussi l’occasion de se mesurer à un strikeur d’élite, un profil qu’il affronte rarement. Les spéculations vont bon train : et si cette blessure cachait une stratégie d’évitement ? Certains fans y voient une manœuvre pour éviter un combat risqué, mais aucune preuve ne vient étayer cette théorie.
Qui pour sauver l’UFC Rio ? Les remplaçants possibles
L’UFC se retrouve dos au mur. Trouver un adversaire crédible à si court terme relève du parcours du combattant, surtout dans une division aussi profonde que les poids légers. Plusieurs noms circulent déjà :
1. Beneil Dariush (n°6 mondial, 23-5-1)
Le vétéran iranien-américain serait le choix le plus logique. Avec une série de 7 victoires en 8 combats (dont une contre Tony Ferguson), Dariush représente un top 5 informel et un test sérieux pour Oliveira. Son grappling de haut niveau aurait offert un contraste intéressant avec le style debout de Fiziev. Problème : Dariush sort d’une défaite face à Arman Tsarukyan en décembre 2023 et pourrait hésiter à accepter un combat aussi risqué sur le tard.
2. Jalin Turner (13-7, 7 victoires par KO)
Moins bien classé (autour de la 12ᵉ place), Turner a un atout majeur : son taux de finishes (100% de ses victoires avant la limite). Un style spectaculaire qui plairait aux fans, mais son palmarès moins impressionnant pourrait être perçu comme un "cadeau" pour Oliveira. Son dernier combat, une victoire par KO contre Dan Hooker en avril 2024, joue en sa faveur.
3. Un outsider : Michael Chiesa ou Diego Ferreira
Moins probables, ces deux vétérans pourraient dépanner, mais leur manque d’actualité (Chiesa n’a pas combattu depuis 2022, Ferreira depuis 2021) en fait des options peu excitantes. L’UFC pourrait aussi tenter un combat de revenge contre Michael Chandler, mais ce dernier semble plus intéressé par un affrontement contre Conor McGregor.
Le scénario catastrophe ? Si aucun top 15 n’accepte le combat, Oliveira pourrait se retrouver face à un adversaire classé au-delà de la 20ᵉ place — une situation qui dénaturerait l’événement et frustrerait les fans brésiliens. Dana White a déjà annoncé que la carte aurait lieu "coûte que coûte", mais à quel prix ?
Oliveira : entre pression et opportunité manquée
Pour Charles Oliveira, ce forfait est un double coup dur. Non seulement il perd un combat crucial pour son retour, mais en plus, il se retrouve dans une position délicate : accepter un remplaçant moins coté risquerait de lui valoir des critiques ("il cherche les combats faciles"), tandis que refuser le ferait passer pour un combattant peureux. Un dilemme classique dans le MMA, où chaque décision est scrutée à la loupe.
Son manager, Diego Lima, a déjà laissé entendre qu’Oliveira était ouvert à affronter "n’importe qui dans le top 15". Une déclaration qui montre sa volonté de combattre, mais qui pourrait aussi être interprétée comme un aveu de désespoir. Les réseaux sociaux s’embrasent : certains fans accusent Fiziev de "fuir" le combat, d’autres reprochent à Oliveira de ne pas avoir assez insisté pour un titre shot après sa défaite face à Topuria.
Et si c’était une bénédiction déguisée ? Certains analystes, comme Chael Sonnen, estiment que Fiziev n’était pas le bon adversaire pour Oliveira à ce stade. "Do Bronx a besoin de reconstruire sa confiance, pas d’affronter un tueur comme Fiziev dès son retour", a-t-il déclaré sur son podcast. Une thèse qui divise, mais qui soulève une question : et si l’UFC profitait de cette situation pour organiser un combat plus stratégique, contre un adversaire moins dangereux mais tout aussi légitime ?
Rio sous tension : une carte à sauver absolument
Au-delà du combat Oliveira vs [Remplaçant], c’est toute la crédibilité de l’UFC Rio qui est en jeu. L’événement, prévu au Jeunesse Arena, devait marquer le grand retour du MMA d’élite au Brésil après plusieurs années de disette. Avec des stars locales comme Gilbert Burns ou Thiago Santos également à l’affiche, l’annulation du main event serait un désastre commercial et symbolique.
Les ventes de billets et les abonnements PPV pourraient en pâtir. Selon des sources proches de l’UFC, les préventes étaient déjà 30% inférieures aux attentes avant l’annonce du forfait. Un signe que les fans brésiliens, malgré leur amour pour Oliveira, doutent de sa capacité à rebondir. L’organisation a tout intérêt à annoncer rapidement un remplaçant marquant — quitte à surpayer un combattant pour accepter le combat, comme ce fut le cas pour Nate Diaz vs Tony Ferguson en 2023.
Le compte à rebours est lancé : si aucun nom n’est officialisé d’ici fin août, les rumeurs d’annulation pure et simple pourraient gagner du terrain. Une situation que ni l’UFC ni Oliveira ne peuvent se permettre.
Derrière les coulisses : les négociations secrètes et les enjeux cachés
Ce que le public ignore, c’est que les discussions pour ce combat ont été beaucoup plus tendues qu’il n’y paraît. Selon une source proche des négociations, Fiziev aurait demandé une prime de signature exceptionnelle pour accepter le combat au Brésil, arguant que combattre Oliveira dans son pays représentait un "risque supplémentaire" en termes de pression des juges. Une requête que l’UFC aurait partiellement acceptée, avant que la blessure ne vienne tout bouleverser.
Du côté d’Oliveira, les tensions avec l’UFC persistent depuis sa défaite face à Topuria. Le Brésilien aurait exigé une clause de revenge immédiate en cas de victoire contre Fiziev, une demande jugée "irréaliste" par Dana White. "Charles veut trop, trop vite", aurait confié un cadre de l’UFC sous couvert d’anonymat. Ces frictions expliquent peut-être pourquoi l’organisation tarde à officialiser le forfait : et si Oliveira lui-même hésitait à accepter un remplaçant ?
Autre détail révélateur : l’équipe de Fiziev aurait informé l’UFC de la blessure dès le 20 juillet, mais l’organisation aurait retardé l’annonce pour tenter de trouver une solution en interne. Une stratégie risquée, qui a finalement éclaté au grand jour. "Ils espéraient que la blessure guérirait à temps, mais les examens ont confirmé qu’il était impossible pour Rafael de s’entraîner à 100%", révèle un proche du combattant.

